Archives pour février 2009

09-02-2009

Mémoire et identité dans le braséro

Les larmes de la mémoire   ou quand l’identité prend feu
A la lumière de ce qui se déroule actuellement dans le monde arabo -musulman ,une relecture de l’ensemble des luttes anticoloniales du passé s’impose car un séisme sémantique est en train de nous secouer. On ne sait sur quel pied danser! La spirale de violence et de bêtise qui ravage cette terre est trop dense pour nous offrir un quelconque répit afin de démêler l’écheveau des sens.
En Irak , par exemple ,une folie meurtrière au nom d’un idéal politico-religieux qui est beaucoup plus une obsession qu’une utopie. Une  étrange « résistance » à l’occupant. Avant que ce dernier ne quitte le pays, il faut que les deux tiers de ce peuple irakien soient trépassés. Entre les chiites et les sunnites, il existe dorénavant des fleuves sacrés de sang. Les convoitises politiques d’Al Qaida dépassent actuellement toutes les limites de la raison, de la foi, de la géographie et de l’histoire.
Les grandes idéologies  et leur enchantement ont cédé le pas aux thèses politiques empreintes de chauvinisme et de fanatisme. Les atrocités changent de couleurs au gré des circonstances
. Une utopie, aussi imperceptible soit-elle, est indispensable pour que le monde  garde l’espoir et la raison.

Ennuyées et languissantes, les démocraties occidentales ont   fini par verser dans l’irrationnel et l’obscurantisme en badinant avec les flammes identitaires. Car une identité se repliant sur elle-même finit le plus souvent par éclater et emporter tout sur son chemin. L’identité est l’arme la plus puissante qui ne ménage rien ni personne. L’identité est une arme folle qui, le plus souvent se retourne contre son détenteur. Par sa force destructrice, elle est semblable à l’énergie nucléaire.
L’interdiction de facto de l’usage de cette arme par l’Occident lui a permis de faire des pas géants dans le processus de l’unification politique et de la construction économique.
L’ampleur des tragédies identitaires    avait pris des proportions exterminatrices  en Serbie et en Rwanda  mais elle est toujours en ouvre en Palestine par la pratique systématique des processus de mystification et de mythification.
Il importe ainsi de rappeler que la  première folie de l’Humanité moderne, qui ne serait pas la dernière malheureusement, était le recours dissuasif  abusif à la bombe atomique  larguée sur Hiroshima. Puis il y a eu  la naissance contre toutes les lois de la nature de l’état hébreu,  son baptême désapprouvé, son adoption  totale, sa sponsorisation  inconditionnelle, sa consolidation ininterrompue. Et l’Occident de contredire les lois de l’Histoire  qui n’admet ni marches arrière  ni mythe ni rêves rétrogrades.

Le  Grand  pays  qui est la France  est allé même jusqu’à munir le nouvel état   des secrets nucléaires  pour se venger de Nasser qui ,en sa qualité d’arabe  et d’africain  ,  s’est montré solidaire du peuple algérien  en pleine guerre de libération. Le sionisme s’est frayé son chemin au cours du vingtième siècle contre vent et marée, à l’encontre de tout ce que l’humanité entreprenait pour éviter des catastrophes du passé.
Dans ce même ordre d’idées et pour régler ou régulariser un problème géopolitique, ce même Occident, a été très mal inspiré lorsqu’il a eu le projet de manipuler les musulmans zélés en revitalisant la notion du » DJIHAD ».
Des  croyants ont été mobilisés pour aller combattre les troupes soviétiques soutenant le régime de Kaboul en Afghanistan. On ignorait ce que représente le Livre Saint chez les musulmans: sa lecture et son interprétation  avaient   déterminé complètement l’Histoire de cette partie de l’humanité. Une autre fois, l’Histoire et la Culture n’ont servi à rien.   Une notion inflammable mais aussi un grave manquement aux devoirs rudimentaires de la raison et de l’Histoire.
Il en découle ce que nous constatons actuellement :un retour au bercail des maux de l’homme, l’hypocrisie, le désordre, le pillage, le viol, le tout  cultivé et élevé dans les pourtours de l’impérialisme. Les vengeances et les passions qu’il anime sont cette fois-ci peintes aux couleurs de religion mythique, juive, chrétienne  ou musulmane, attisée et couvée par les soins de certains leaders débiles prônant l’apocalypse. Le monde est en passe de brûler.
Bien sur, lors des catastrophes, ce sont les plus démunis ou les plus naïfs qui payent le plus.
La mémoire du commun des mortels  subit un subtil réaménagement.  De l’Occident,  on ne veut garder que les mauvais souvenirs. Sa civilisation est considérée comme étant l’œuvre de toute l’humanité. Ou plus  franchement  un butin de guerre qui a eu lieu dans les cerveaux. L’apport des arabes au progrès humain est évoqué  mais en dehors de tout contexte historique. L’accent est mis  beaucoup plus particulièrement sur une essence religieuse complètement anhistorique.  Toutes les nuances et les réserves sont battues en brèche. Une mémoire dépeinte et verrouillée est mise en place  chez nos compatriotes les plus vulnérables.
L’Occident et surtout son élite politique est largement responsable de ce sabotage prémédité de la mémoire de l’humanité en général , des arabes et des musulmans en particulier.
L’intégrisme ne fait, en effet, qu’achever une œuvre déjà en chantier.
Les intérêts et les principes cohabitent difficilement. Le strabisme est de taille:qui pourrait accepter une justice à deux poids, une vie à double vitesse?  Le politique perd de sa consistance au profit du sacré et de la violence.
Mais c’est quoi au juste la politique? Quel est le statut sémiotique de la justice au sein de la politique? Comment distinguer les intérêts des principes? Y a-t-il encore des patries à aimer  à la folie?

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09-02-2009

Nass El Giwane :mémoire à explorer et enseignement à tirer

LES NASS EL GHIWANE : MEMOIRE A EXPLORER ET ENSEIGNEMENT A TIRER
Plomb et Utopie
L’euphorie issue de l’Indépendance du pays n’était plus qu’une réminiscence. Libertés publiques en péril, ascenseur social  réservé pour une minorité, lassitudes et désespoir généralisés.
Une décennie et demi s’était alors écoulée, le marocain sidéré et stoïque mais point résigné voyait défiler devant ses yeux une spirale d’événements  mystérieux et désagréables. Contraint d’avaler les flots de l’amertume, les rêves d’un Maroc prospère, libre et équitable  faillaient voler en éclat.
Le traumatisme politique provoqué par le crime perpétré à l’égard de Mahdi Ben Barka , par la débâcle fracassante des armées arabes ainsi  que par la scandaleuse profanation sioniste de la Mosquée Al Aqsa secouait incessamment une mémoire marocaine saignante  des suites des événements de 1965 . L’enjeu politique des autorités de l’époque consistait à cajoler une nouvelle élite minoritaire  au détriment d’une majorité  cible d’une paupérisation accélérée, les voies de  la bénédiction et de l’opulence  étaient ouvertes pour les uns  celles de la malédiction et de l’enfer pour les autres porteurs de germes de la contestation, de l’opposition et de la révolte. Deux coups d’état sanguinaires et spectaculaires  risquèrent de faire basculer le pays dans  l’inconnu. La fougue juvénile outrepassait les structures partisanes  et brandissait le drapeau de la résistance  politique face aux positions réactionnaires et conformistes tout en faisant fi de l’équilibre des forces  et surtout de l’expérience des leaders  des mouvements nationalistes. Le mouvement ittihadie subissait le calvaire des prisons et des tortures Des courants politiques radicaux avaient vu le jour et le pouvoir les avait matés impitoyablement. Les rêves se métamorphosaient en  de véritables cauchemars à un moment  où la guerre froide légitimait tous les abus  et les arbitraires. Les années où toutes les aspirations légitimes du peuple étaient considérées  comme de folles utopies, des mirages  à chasser de la terre et des cerveaux.
Un monde  déchiré et  agressif
Le monde était en effervescence, la guerre au Vietnam faisait rage. L’Amérique du Sud traversait une longue et horrible nuit déchirée sporadiquement par des voix rebelles telle celle  de Victor Jara qui, au milieu même du stade National  de Santiago ou le sang coulait à flots, n’hésitait pas à dénoncer la tyrannie. Pour avoir chanter  la vie et la liberté de son peuple, Pinochet l’a mutilé, torturé  avant de l’assassiner. L’Afrique se berçait d’illusions à l’image d’une Algérie encore fascinée par sa libération. Mao remodelait son peuple à sa guise. L’URSS et les USA menaient une course frénétique sur la terre et sur la lune.  Le   mai parisien semblait être très lointain vu la dimension inaccessible où il s’inscrivait. Léo Ferré avec  sa c’est extra et la the nana exprimait son anticonformisme et son anarchie et devenait ainsi l’idéal des jeunes contestataires. Avec lui ainsi qu’avec Barbara, ce qui se passait dans la société avait eu droit de cité dans l’art musical. Le monde arabe était constamment secoué par des putchs, des pseudo révolutions, des trahisons et des compromissions. Ses artistes continuaient de composer des complaintes  qui s’étalaient sur des heures sans  fournir aucun effort pour lier cet art aux véritables problèmes de leurs sociétés. Les créations géniales et engagées de Cheikh Imam et de Fouad A. Najm  demeuraient censurées voire même interdites, diffusées dans des milieux restreints
Ces années soixante connaissaient également les dernières musiques classiques sauvées provisoirement par l’explosion des superproductions .En témoignaient  West Side Story ,une version de la classique histoire de Roméo et Juliette mise en musique par Léonard Barnstein  , qui rafla alors plus de dix Oscars. Depuis lors, le musical classique devenait  un lointain écho faute de nouvelles idées et de moyens de superproduction. Le pop musique se portait bien,  E. Presley était déjà consacré roi du rock .Les Beatles ,  le groupe le plus célèbre du rock britannique , représentaient un phénomène tout à fait nouveau dans l’histoire du pop. Ils n’ont pas uniquement contenté des millions de jeunes  à travers le monde entier mais ils leurs avaient communiqué la manière de se vêtir, de penser et de se comporter. Avec eux , la musique cessait d’être  un simple divertissement faisant partie de la culture des masses et des échanges commerciaux mais devenait une nouvelle relation au monde duquel  il fallait se moquer ou du moins prendre la distance nécessaire pour  comprendre. Dans le même esprit, il y avait eu les Rolling Stones qui s’étaient distingués notamment par l’insolence, la violence, des sonorités stridentes, une mise en scène d’une joie jamais vue jusqu’alors.
Le monde connaissait des changements profonds,la musique , qui  « est à la fois une manifestation de l’instinct et l’instance qui adoucit cet instinct » selon Adorno, en était partie prenante sur plusieurs registres.
Art et culture au Maroc: limites et dérive
Au niveau de la production culturelle marocaine, il serait pertinent  de rappeler  que   la morosité  et  la médiocrité sculptaient et érodaient déjà  un champ qui venait à peine d’être défriché et mis en valeur. « Anfass » : Souffles  fut asphyxiée. Mohammed Khayre Dine, Jilali Gharbaoui, et même Taher Ben  Jelloun,entre autres,  étaient déjà condamnés à l’exil réel  ou éventuel.
L’Union des écrivains du Maroc  peinait pour  s’éloigner du l’hégémonique carcan maghzenien  sans subir de grands dégâts. Aucune œuvre n’égalait jusqu’alors le passé simple d’un Driss Chraibi ayant scellé indélébilement l’imaginaire marocain en esquissant une trame de fond  qui serait par la suite constamment présente dans les créations postérieures.
Le débat  relatif à l’arabisation  prenait beaucoup d’ampleur. Effet d’un panarabisme à son apogée. Une pétition fut signée par presque tous les lettrés du pays  réclamant l’arabisation .Pour ce faire, les aspects véritablement problématiques de l’école marocaine qui façonnerait bientôt tout le pays étaient réduits à une question plus ou moins idéologique.   Indigente mais laborieuse, cette même école représentait  cependant le brasier des idées avant-gardistes, voire subversives aux yeux de l’autorité et de la doxa.
Sur un autre plan, la constellation des productions musicales  ayant pu esquisser l’essence marocaine emboîtaient le pas aux orientaux au niveau des formes et surtout des contenus faits de lamentations et de gémissements .Déracinées de la réalité, leur impact était minime .et pourtant une chanson aussi élégante qu’« Al Kamar al Ahmar » brillait  dans les cieux gris d’un Maroc  mal à l’aise. L’accueil fabuleux réservé par les hauts autorités du pays aux stars égyptiens a complexé davantage  les notres. Les arts populaires continuaient de fasciner mais  sans retenir l’attention des promoteurs artistiques. Il serait important de signaler qu’une première thèse universitaire marocaine ayant pour thème la qseda marocaine fut soutenue au Caire par Abbas AlJirari. C’est dire que des tentatives audacieuses pour dépoussiérer notre identité ont toujours existé. Qui ne se rappellerait pas du fameux ouvrage du doyen des oulémas du Maroc ,Sidi Abdallah Guennoun :LE GENIE MAROCAIN DANS LA LITTERATURE ARABE ??????
Au théatre, A. Samad  Kanfaoui, dévoré par la maladie, ne pouvait plus réaménager les planches bien qu’il en soit   le vétéran incontestable. Ce théâtre professionnel qui devait se cantonner dans des limites strictes sous peine de subir les affres d’une autorité décidée  de faire prévaloir ses options politiques, sociales et économiques par le sang et le feu. Ce père des arts qui devrait éclater car  en son sein  s’interagissaient plusieurs  autres formes d’expression : la poésie, la rhétorique,le récit, la musique , l’art plastique…
Une couvaison qui  ne tarderait pas d’éclore d’une flamme  brûlante, éclairante, chauffante…Et c’étaient les Nass El Ghiwane
Spontanéité, nouveauté, originalité : le génie marocain  est né : une vraie symbiose entre l’authenticité et l’universalité.
Nass El Ghiwane : passion et esthétique
Une naissance spontanée, une conviction teintée du religieux, du politique et du social, une intention esthétique porteuse et génératrice  d’une nouvelle sensibilité. Une nouvelle forme artistique se nourrissant entièrement de la splendeur marocaine et répondant honnêtement aux attentes du peuple venait alors de naître.   Libre dans ses choix, indifférent à  tous les conformismes et les règles pré-établies, singulier et individualiste  quoique collectif. Un style qui a vite fini  par s’ériger en exemple à imiter : une preuve supplémentaire du caractère génial de l’entreprise. Un génie original qui  ne disposait ni de règle ni de modèle mais qui allait par la suite devenir un exemple à suivre ;il sera même à l’origine d’une  école à laquelle  il transmettrait sa manière , c’est-à-dire l’ensemble des procédés et des règles de son art
Au départ ,ils étaient cinq jeunes hommes : quatre bidaouis et un marrakchi.
: Omar Sayed, Larbi Batma, Boujmaa, Alal Yaala, Moulay  Abdelaziz Tahiri, des comédiens qui faisaient partie de la troupe de Tayeb Sadiki du théâtre municipal de Casablanca. Leur franc succès  était dû à la volonté de remettre à l’honneur tout un patrimoine artistique longtemps refoulé. Ils l’avaient revivifié en utilisant des mots simples mais  très connotatifs, des rythmes sommaires  mais congrus et magiques, des instruments archaïques mais toujours énergiques :les  tamtams  aux relents africains .le  hajhouj  aux cordes faites d’ intestins de chameau ou du bouc assurant une cadence de fond et un air nostalgique,une contre basse marocaine puisée dans le genre gnaoui . le   binjou  ,enfant de la « snitra » traditionelle,   susceptible de produire une vraie musicalité caractérisant chaque morceau . le   bendir , un instrument rudimentaires mais qui reste incontestablement le symbole de la joie populaire à côté du   daedoue  tant chéri par feu Boujmie. L’arrangement  de ces instruments avait donné lieu à l’harmonie la plus  prodigieuse et la plus émouvante qui puisse exister. D’ailleurs, ils avaient permis  de fonder et d’aménager l’espace de la transe laquelle est une composante prépondérante de la culture marocaine.
Telle une ruche d’abeilles, les jeunes hommes s’activaient  et ne décevaient jamais un public complètement dévoué à la nouvelle forme.
Omar  oeuvrait  en vue d’assurer une cohérence et une cohésion au groupe dont l’action collective exigeait beaucoup de concentration, de sérénité  et d’un minimum de conditions propices  pour mener à bien les explorations et les créations. Cet homme modeste et volontariste a présidé tout au début une association musicale qui comprenait tous les membres du groupe :Omar président,Moulay Abdelaziz Tahiri vice-président,Taib Jamai sectrétaire général, les regréttés Boujmie et Larbi Batma membres conseillers.   Allal  substantivait les airs et les rythmes forgés en commun  au moyen de son binjou. La cellule restreinte  créait et cousait les paroles et les rythmes. Les regrettés  Larbi Batma et Boujmie , élevés à Hay Mohammadi possédaient une mémoire qui retenait   des couleurs ,des danses, des paroles et des rythmes se ressourçant de tous les coins du Maroc. Casablanca en général et les quartiers ouvriers en particulier contenaient des émigrants de toutes les régions. « Asseynia » par exemple est un chant qu’un certain Ba Salem fredonnait en sillonnant les ruelles de ce quartier. Larbi l’avait recueillie et  remaniée en compagnie de ses copains pour en faire un vrai bijou dans la pure tradition de la littérature orale qui ne reconnaît point l’auteur. C’est un patrimoine collectif que les générations se transmettent. Les mères jouaient un rôle principal dans cette chaîne de transmission, celles de Larbi et de Boujmie  étaient des trésors dans ce sens.
Quant à Moulay AbdelAziz Tahiri, , il jonglait en virtuose du hajhouj  ,en vrai artiste  rompu aux différents arts populaires que les sectes mystiques, les orchestres du malhoune les hlaqis  et le théâtre de Marrakech lui avaient offerts. Tout un talent fertilisé  par des études au conservatoire de Rabat. L’institution de la Zaouia, le resplendissement de  Jamae Lfna, la rigueur et l’ordre du conservatoire pourraient, à eux seuls, livrés les secrets des Nass El Ghiwane . Un parcours multidimensionnel  qui  permet à cet artiste de traverser le champ artistique marocain  tel un fleuve  qui arrose, féconde, mincit, grossit…Mais il est toujours là, persévérant et contemplateur. Il était là, au rendez-vous de l’Histoire,il fondait avec ses congénères                            un groupe homogène qui puisait dans le naturel et produit l’art comme  un produit de la nature. C’est une musique simple mais fluide et mélodique, truffée de paroles populaires  poétique, de belles sonorités agrémentées  de jeunes voix  , impressionnantes et agréables qui engendraient une fusion étonnante sans cependant se transformer en des fétiches   commerciaux consommables  créateurs de sensations éphémères  et de fantasmes maladifs .Et du coup, le groupe accédait au grand public qui parrainait inconditionnellement ce projet atypique.
Repenser le phénomène des Nass AlGhiwane  consiste en une contextualisation où se croisaient plusieurs facteurs politiques, culturelles, sociales,international. Périodiser le temps ghiwani s’avérerait une démarche impertinente et une entreprise vouée à l’échec  car les ruptures et les continuités ne sont pas du tout évidentes. Un projet fait de volontarisme et de spontanéité débouchant sur une immédiateté  volumineuse  sans merci ni répit qui ne cesserait de fonder une passion  pour la vie telle qu’elle et telle qu’elle doit être. Toutes les distances s’estompent entre un public beaucoup plus émus par le chant que par autre chose.  Un nouvel art passionné et passionnant qui plaisait et rassurait .Vérité du dire  et charme du paraître. Omar Sayed qualifiait le café La Comédie des débuts des années soixante de Zaouia d’artistes : « Quand nous avons eu l’idée de fonder un groupe musical, nous avons été rejoints par Moulay Abdelaziz Tahiri qui était un féru du Malhoun,  un grand érudit de ce genre musical purement marocain.Il possédait également une belle voix et jouait merveilleusement de « hajhouj ». Il s’est avéré que cet instrument convenait parfaitement à notre projet artistique ; c’était même la base sur laquelle nous avons décidé d’édifier notre musicalité. L’apport de TAHIRI a été déterminant   dans la production des succès ghiwanis qui ont  conféré au groupe une allure légendaire : Al Madi fat  (le passé n’est plus),  ya bani insan  (Oh  fils d’Adam),  joudi Brdak ( Octroie-nous    ta bénédiction  ),   Allah  ya moulana  (oh Dieu Notre Seigneur)… » Autant de paroles sur l’espoir et le désespoir de l’homme, sur les passions immortelles, sur les avatars et les aléas de la vie… Autant de titres qui ont creusé la mémoire de  tout un Maroc qui sent la misère et le misérabilisme. Il   ne serait pas aberrant de confirmer qu’il s’agit là des plus belles chansons de Nass El Ghiwane, ne serait-ce que par  effusion nostalgique. Omar affirme  également que Allal, s’est attelé dès le début pour forger lui-même son outil musical  en concertation avec les autres membres du groupe qui avaient opté pour un instrument populaire mais opératoire : «  j’ai proposé   la snitra , qui serait remplacé par la suite par le binjou, des instruments que j’aimais tant à force de les écouter chez les chioukhs du Malhoun et du Gharnati et surtout chez Houssein Slaoui. Nous avons pris contact avec Allal qui jouait à l’époque du suissi accompagnant feu Mahmoud Saadi  mais son habilité lui permettait   de  produire toutes les notes  et les rythmes arabes. Allal possédait un local où il enseignait la musique aux jeunes du Hay Mohammadi, c’est dire un maître incontesté de l’art musical et de ses secrets . C’était aussi un homme de passion  possédé par la transe, capable d’improviser des airs extraordinaires.  Nous lui devons notre apprentissage musical… »
Au gré des circonstances apparemment hasardeuses, le groupe s’est forgé un style  et une identité. En fait,  comme le mentionne André Malraux « c’est le style plus que la beauté qui désigne le caractère de l’œuvre à quoi l’esthétique moderne est sensible (… qu’est ce que c’est l’art ?(…) :c’est par quoi les formes deviennent style » .          Il y avait, en effet, un processus de compilation presque artisanale  qui débouchait sur l’agencement ingénieux de diverses composantes et idées ; lequel  agencement est un autre aspect révélateur du génie du groupe .Car  agencer les moyens dont on dispose selon une manière  où se marient charme et harmonie   n’est pas à la portée de tout le monde. Abdrrahman Paco remplaça Moulay Abdelaziz TAHIRI ,le label gnaoui  devenait alors impérissable . Sous l’impulsion de TAHIRI, JIl JILALA, le cadet ghiwani, embrasse le malhoune
Que l’acte fondateur de l’Histoire ghiwanie soit lié à quitati Saghera ou à Assenya l’allusion au passé  n’échappe pas à l’observateur. Mais le phénomène ghiwani l’avait fait éclaté de façon subite et radieuse. Autrement dit c’était la fête collective pour  le retour du refoulé.  Le Maroc précolonial archaïque, désarticulé et en crise, la colonisation avec toute sa capacité de déformer et de manipuler, le mouvement nationaliste avec toute son pseudo rationalisme ,ses déboires politiques, sociaux et culturels  avaient tous contribué à refouler les composantes fondamentales de l’essence marocaine. Le    refoulement est, en effet, «  un processus qui consiste à éloigner du champ de la conscience certains désirs, motions et pensées et à les maintenir à l’écart. Le refoulé exerce une poussée incessante contre le censeur qui défend le portail du préconscient ». A l’époque,ce retour du refoulé à la conscience  s’était fait dans le calme et la joie Il a permis  aux jeunes d’alors de repenser leur existence tout en adhérant aux changements qui affectaient le monde où ils évoluaient et y contribuaient fièrement  .C’est d’ailleurs  ce qui a poussé  Le réalisateur américain Martin Scorsese d’exprimer plus d’une fois son admiration infaillible pour  la musique ghiwanie et pour Transe le film qui a immortalisé la légende :il « m’a beaucoup inspiré et sa musique m’a même obsédé(…), ce long métrage révèle vraiment l’universalité culturelle, un pays et un contenu social ».
Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que la dimension disciplinaire de la musique est fondamentale. Comprendre le fond de cette idée exige une comparaison avec le présent où ce refoulé, qui ne doit absolument pas être refoulé, a fait irruption d’une manière violente  voire mortelle. Quant un certain Moulay Abdelaziz tenta, au temps opportun, de fonder un Institut National des arts populaires, son entreprise échoua car la prise de conscience de la composante patrimoniale faisait , et fait encore défaut. L’indifférence réservée à la culture  nationale dans sa totalité  s’est avérée fatale pour le pays. Abâtardissement de la culture est le prélude aux catastrophes  politiques et sociales.

Autant de souvenirs à remâcher que de leçons à prendre. Actuellement, partout des festivals sont organisés, mais existe-il une stratégie qui prenne en compte l’être et le paraître, l’Histoire et l’Avenir… ?

Formation mythique infatigable, les Rolling Stones

Victor Jara

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09-02-2009

  Des familles ruinée par un « notaire »expert juristeemoticone
Vendredi 6 février ,vers le soir , au coeur de casablanca, le célèbre passage Moulay Abdallah connaît un mouvement inhabituel,une foule de personnes rassemblées brandissant une banderole  sur laquelle on lit : » les victimes du notaire  Hassani Chbihi.. ».La dame ,menant le mouvement ,explique aux  curieux  que ce  sont là  les victimes… du notaire et elle désigne   de son doitgs la plaque à l’entrée de l’immeuble:  » si vous lisez cet écriteau , ne ferez-vous pas confiance ? Dès cette nuit , nous sommes tenus de quitter des demeures que nous avons vendues  et c’est le notaire qui a encaissé l’argent… Nous sommes là pour attirer votre attention afin de  ne pas commettre une telle erreur… Nous irons à Rabat… » . La plaque indiquée  par la femme  pésente le présumé comme étant un expert juriste assermenté et non  un notaire . C’est une première aberration qui jette du flou sur l’affaire  mais la dame , toujours déterminée, raconte à la foule que le vol était pratiqué par l’intermédiaire et des courtiers et autres commissionnaires  qui travaillaient au service du  « notaire »  dans une annexe au quartier ALfallah…
Le mal est là; des familles entières du quartier Mabrouka sont ruinées. Le discours  amer bien que décousu  de la dame , révèle que  le crime  perpétrée était tellement parfait qu’il est difficile sinon de le démêler du moins de le comprendre.
Les escrocs grouillent au Maroc , leurs affaires marchent bien dans une ambiance sociale empreinte de désespoir, de méfiance , d’impuissance et surtout de laisser aller …Il suffit de pouvoir ouvrir pignon sur rue pour acquérir légitimité et validité. Parfois , ni les autorités  compétentes ni les représentants de  l’ordre de la profession ne daignent exercer correctement leur prérogatives  afin d’assurer et de s’assurer du respect de la déontologie. Les pots de vin et l’hypocrite solidarité assurent une tranquilité totale aux malfaiteurs. Que ce soit par l’usage d’une fausse qualité ou par l’abus d’ une qualité vraie , le mal est commis et il aurait été possible de l’endiguer au moment opportun .  La responsabilité est partagée. Nul n’est sensé ignorer la loi  quand cette loi est respectée minutieusement par tout chacun. Quand cette loi est violée au su et au vu de tout le monde, la responsabilité incombe à ceux qui ont failli à leur devoir  consistant  à la  protéger .

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03-02-2009

Maroc: une faillite généralisée est à éviter.

La destitution du maire de Meknès  Belkouraemoticone appartenant au parti de la justice et du développement  a surpris les milieux politiques au Maroc. Non pas parce que cette destitution est injuste voire illégale  mais parce que son enjeu  serait préjudiciable à la démocratisation de tout le pays. Autrement dit un signe prémonotoire d’une sorte de descritisation  qui plane sur les prochaines élections de juin. Les une ont considéré cette décision émanant d’une jurisprudence compétente comme étant  un prélude au prochain affrontement entre l’état et le PJD. Benkirane chef de ce parti a essayé d’esquiver le coup en calmant le jeu. Lors de sa conférence de presse , il a essayé par tous les moyens de montrer sa bonne foi  et sa volonté de faire davantage de concessions: ne pas couvrir toutes les circonscriptions, dévouement infaillible au trône alaouite… Apparemment, on n’est pas en train de fourbir les armes… Or Le Maroc et son avenir n’appartient pas à ceux qui croient faire le beau et le mauvais temps. Le PJD , non plus, n’appartient pas à Benkirane et à ses amis. L’équation n’est pas soluble de cette manière. Car que ce soit Belkoura ou un autre , tout le monde sait qu’au Maroc , les lois et les réglements sont violés constamment. DAns les petites villes , dans les les villages les plus reculés comme dans les grandes villes, la politique s’est transformée en un moyen d’enrichissement illégal. Les yeux de l’état étaient toujours fermés malgré le caractère ostentatoire de ces agissements qui ont fini par  déshonorer complètement l’action politique. L’état n’a jamais agit . De nouvelles classes emoticoneemoticonede richards  ont vu le jour. Des » notables » qui se sont professionalisés dans le domaine des élections… Les infractions commises par Belkouraemoticone sont négligeables  en comparaison avec celles  des autres. Pourquoi destituer Belkouraemoticone et fermer les yeux sur Chabatemoticone emoticonemaire de Fés  « élu » dernirement secrétaire général de la centrale sydicale UGTM?A Fes, l’insécurité a atteint des proportions redoutables, les deniers publics sont dilapidés ostentatoirement, les unités industrielles déclarent faillite,les bidonvilles rongent la ville inexorablement…  Belkouraemoticone , le seule maire péjédiste d’une grande ville ,n’a ni détourné des fonds publics ni mis sa main sur les biens de l’étaat…Quant à Lhraouineemoticoneemoticone,emoticone aux environs de Casa, c’est vrai que les crimes étaient tellement flagrants mais il ne faut pas oublier que seuls les petits gendarmes et mokhazni ainsi que des chioukhs ont payé le prix tandis que les vrais responsables  sontà l’abri de toute poursuite. Les grands perdants sont les démunis à la recherche d’un toit… Car au Maroc le droit à un toit est devenu un privilège et non pas un droit. C’estr un domaine réservé à ceux qui veulent s’enrichir vite.  Le prix de l’habitat social est passé en trois ans de 200000DH à 400000Dh. Qui est derrière cette levée de la barre qui sème le desespoir au sein des pauvres du Maroc?? Le pire dans tout cela c’est l’application inéquitable de la loi. La loi est une arme que les responsables brandissent pour regler les comptes avec ceux qu’ils n’aiment pas.Excès de zèle et malveillance. Il faut dire qu’au maroc l’exercice de la responsabilité n’est pas toujours aisé,c’est le plus souvent un piège qu’on tend à ceux qu’on veut liquider. Le responsable au maroc doit comprendre les lois du jeu sinon tout lui serait hostile… Bien entendu , ce n’est pas un plaidoyer en faveur de Belkouraemoticone ou du PJD emoticoneemoticoneemoticoneemoticonequi continue de péter ses rengaines morales en appellant à l’interdiction du vin , des festivals artistiques, à la sacralisation des théoligiens…IL est trop prétentieux,il veut accaparer et instrumentaliser la solidarité avec la Palestine, il use d’un triple discours: integriste pour ses membres ,, démocratiques modrniste pour l’étranger, menaçanant et méprisant pour les autres compatriotes qui ne partagent pas sa vision des choses….. Or malgré tout cela , il fallait pas  compromettre l’avenir politique du peuple marocain , car ce PJD est en partie , au moins, un pur produit de la société, et un maire  comme Belkouraemoticone est acteur qui ne searit que bienfaiteur pour la construction de la démocratie. Car , il ne faut pas oublier qu’au Maroc tout le monde est hors la loi par la force des choses. Le policier emoticonevous arrête  pour une infraction réelle ou imaginaire, vous n’avez pas de recours , il vaudrait mieux lui livrer 50DH au lieu de perdre votre temps . Car il est assermenté et si vous persistez à le contrarier ,il va vous coller un motif dangereux…A l’hôpital , vous n’aurez pas le temps de discuter, il faut payer le pot et regler son problème…. Partout car aussi bien  les moyens de ccontrôle que la consciences religieuse professionnelle ou notionalistes  font défaut. Et puis ,il n y a pas de recours. Ceux qui se hasardent et essayent d’agir d’une manière ou d’autres s’exposent aux dangers les plus fatales… Il y a également la lâcheté de certains qui ne savent que parler tout en fouillant les casse-têtes.. La loi est l’expression suprême de la volonté du peuple, elle ne doit pas servir à regler des comptes politiques…    En destituant le  maire de Meknès, les reponsables  ont fait fi du poids du peuple car ils ont voulu adresser leur message d’abord à eu mêmes pour se donner une certaine autosatisfaction:on  a réussi à le pièger. IUls croient avoir donnè le coup fatal au PJD or c’est faux du moment que c’était au peuple qu’ils devaient s’adresser pour  montrer et démontrer la bonne foi , celle qui devrait  présider aux élections prochaines. Il faut souligner qu’ils n’étaient point  convaincants, ils se sont fourré le doigt dans l’oeil.  Le PJD, pour sa part, doit  exercer la politique et cesser de soulever les faux problèmes.  Leur responsabilité est grande pour la démocratisation du pays et ce n’est pas en glanant une reussite électorale éphémère  qu    ’ils pourraient apporter des solutions aux problèmes épineux du peuples marocain.  Halte à la faillite politique qui guette le pays. ApréemoticoneMecontents , ça serait une  déroute généralisée.                                                                                                                              

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