EP 41 Le Panier et le Parti Initiation à l’amour Vous connaissez Mahjouba??

  009.jpg0033.jpg0322.jpg0012.jpg   Mahjouba l’éblouissante, la sorcière arriva finalement à inculquer une leçon à tout le monde : enchanter les hommes, se jouer de leurs désirs et soutirer d’eux beaucoup d’argent n’0032.jpgest pas à la portée de tout le monde. Car n’est pas belle et libre qui le veuille !     En réalité, Mahjouba n’a rien dit, c’est moi qui interprète les choses de cette manière. Je la connaissais plus que je connais Ramdane. Elle était presque de la famille. De temps en temps, surtout après leur déménagement au cœur de la médina, elle me saluait et m’offrait un sac de gâteaux qu’elle me chargeait de remettre à ma mère. Elle avait beaucoup de considération pour ma mère suite à un service qu’elle lui avait rendu. En effet, Mahjouba était à l’hôpital pour accoucher, tout le monde l’avait boudée du fait qu’elle n’était pas mariée. Ma mère disait souvent qu’une femme dans les couches doit susciter la pitié et l’assistance même si elle est l’épouse du sultan. Devant son cas, tout le monde avait préféré se prévaloir d’une chasteté infondée et la laisser seule payer le prix de sa faute. Le respect datait de ce moment . L’enfant né fut confié à sa grande mère. C’était elle qui s’était occupée de son éducation. Mahjouba lui fournissait tout ce dont il avait besoin mais sans jamais lui donner ses seins. Elle ne voulait pas, selon elle, les amollir. Ce fut là un incident banal aussi bien pour elle que pour toute sa famille.   Et c’était vraiment étrange car si cela avait pu arriver à quelqu’une d’autre, ce serait un séisme familial. Tout serait fracassé à la satisfaction de tout le monde, surtout de ceux qui traînent une passion croquante tordue. Heureusement qu’au sein de cette famille, les amours, on les avalait tôt le matin avant même le lever du soleil. Sans philosophie ni morale, une paix   dénudée mais point suspecte régnait chez ces gens qui, vraiment, n’était pas comme les autres. Leurs ardeurs, ils les créaient de leurs propres mains puis ils les consommaient.   Mahjouba rayonnait sur la médina, tout le monde croyait qu’il lui était possible de l’adorer et de la désirer. Ramdane l’adulait comme les autres, il finit par porter son affection sur le gosse qu’éduquait la grand-mère. Pendant le printemps, il l’emmenait en compagnie d’autres petits enfants de la famille et des voisins se promener dans les prairies et les cimetières. Fidèle et sincère dans son amitié, elle lisait la lueur de la petite ferveur qui montait dans les yeux de l’adolescent. Un jour, elle lui demanda d’aller au bain maure, puis de faire des courses un peu spéciales et de les ramener à la maison vers la nuit. Ce fut une nuit mémorable pour Ramdane qui eut enfin l’occasion de connaître de quoi est fait le corps des êtres charmants. Il eut même goûté au vin cette nuit là. Elle lui eut fit une leçon magistrale sur l’amour. Elle lui eut promis de lui faire un cadeau semblable une autre fois. Ramdane était tellement surpris de cette offre qu’il le revoyait souvent et essayait de le considérer sous différents angles. Une seule parole fut inculquée dans son esprit cette nuit: « Dans cette société, eut dit Mahjouba, personne ne mérite le respect ou la confiance, ils font semblant de répugner ma     conduite tout en laissant dégouliner leur salive dégoûtante. Je peux les asphyxier tous en les coinçant entre mes cuisses. Attention Ramdane,   personne n’est celui que tu connais, tout doit être lu à l’envers. Ce que nous entrevoyons ce ne sont que des simulacres, des ombres de personnes fissurées. Attention Ramdane ! »   Mahjouba réfléchissait en fait à haute voix, surtout quand elle devenait saoule. Ramdane put remarquer qu’elle insultait tous les hommes et remuait des bribes indéchiffrables. Il laissait tomber ce souvenir pendant longtemps. Quand il s’en rappelait de temps en temps, il jugeait Mahjouba injuste d’avoir adopté un tel comportement à l’égard de tous les hommes. Quand il commençait à acquérir certains outils rudimentaires pour l’analyse psychologique et sociologique, il expliquait cette attitude par un certain traumatisme subi dans certaines circonstances par Mahjouba. Néanmoins si Ramdane avait assimilé cette assertion cette nuit, il n’aurait pas regretté toutes les années de palabres et d’illusions, il n’aurait pas pleuré vingt ans plutôt. Il s’attachait de plus en plus à Mahjouba, celle-ci le divertissait le long de la journée en s’amusant des désirs enclenchés par son regard radieux comme le soleil. Enflammés, les yeux écarquillés, les passants perdaient leur chemin quand il l’apercevaient .Ramdane était là pris en témoin de cette folie qui ne disait pas son nom : « Regarde ce berger qui croit passer inaperçu, regarde-le ! Il risque de me dévorer habillée. Attention Alhaj se met à remuer ! Il rêve de moi, ses yeux se fatiguent de me fixer, ses lèvres bougent, il bave, il bouillonne… ». Ramdane trouvait ces séances   en même temps muettes , violentes, parfois délirantes. Un spectacle gratuit, faire les yeux doux   aux dépravés, les exciter pour s’en moquer faisait fermenter un scandale qui finissait en fin par se mouiller tel un pétard imbibé dans l’urine des pacifistes. Tant de regards témoigneront contre toi le jour du jugement ! Oh toi qui avances dans sa ville natale comme si c’était un champ miné ! Oh toi qui ne crois qu’à lui-même ! Oh toi qui ne prends conseil que de lui-même ! Oh toi qui devras rivaliser avec ses pairs pour prouver qu’on était le plus pourri mais en même temps le plus pieux ! Combien te faut-il de regards pour t’allumer et t’embraser ?

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