kaid sous le protectorat , riche et dignitaire dous l’Indépendance le Parti et le panier Ep40

Ce jeu plaisait à Ramdane   qui devenait un habitué de la maison. Une maison mythique pour toute une génération gavée de brouillard.

Du Riad n’apparaissaient que des petites fleurs de jasmin se décalant des feuillets d’orangers. Des pétales pourpres qui collaient mal à d’autres verts foncés. Des couleurs qui semblaient froisser le ciel. Pour accéder au Riad, on devait descendre quelques marches basses qui s’achevaient devant   une sorte d’estrade ombragée par des oliviers et bordée des deux côtés par une sorte de canal.  Un peu loin, l’eau se rassemblait dans des cuves   avant de se déployer dans tout le verger. Ce n’était pas un jardin mais un véritable verger avec des grenadiers, des oliviers, des orangers, des carrés de laitue, de radis ; même les presses d’huile étaient là et fonctionnaient toujours. Seules les écuries étaient désertes et presque en ruines. On dirait que le kadi avait une autarcie alimentaire car il craignait les temps de disette. En effet le verger se prolongeait   en champ où on cultivait du blé et autres céréales.

Ramdane pouvait se déplacer n’importe où. Il découvrait que le kadi vivait, en réalité, dans un monde féerique totalement déconnecté de Zaytouna, de sa misère et de sa putréfaction. Son homme de confiance était son fils aîné. A voir ce dernier, on dirait qu’il s’agissait d’un dignitaire français. C’était le patron des salles de cinéma, des briqueteries et d’une dizaine de presses d’huile en plus de la cité où logeaient les coopérants.

Ramdane gardait de beaux souvenirs de cette époque. Ses jugements du vieux étaient judicieux. Surtout quand il avait, ultérieurement appris de ses amis lettrés quelques notions de psychanalyse et de marxisme. Il avait fini par devenir le trait d’union entre le kadi et le monde extérieur au détriment de sa famille et de ses amis. Le kadi ne sortait plus de sa maison. Ramdane lui apportait des journaux qu’il lisait de temps en temps. Au début, il corrigeait à Ramdane les erreurs de lecture, après il le laissait lire n’importe comment. Avec le niveau qu’il avait, Ramdane lisait mal mais le kadi ne lui faisait aucune remarque. Il   l’encourageait   même à faire des commentaires qu’il trouvait extraordinaires. Ramdane se rendit compte que le kadi n’était plus ce qu’il était avant. Il l’implorait de lui apporter des journaux qui traitaient de crimes et de  violence ; de faits divers sensationnels. Le kadi   manifestait un intérêt extrême pour les contenus de ces publications. Il s’arrêtait longtemps devant les informations des viols.

La distance et le respect s’estompaient de plus en plus entre le petit désœuvré et le vieux kadi. Celui-ci semblait perdre les pédales; ils disaient des bêtises; il restituerait la justice à toutes les victimes. Parfois, il évoquait   certains noms et jurait de tout refaire ou il insultait   certaines personnes y compris des français. Puis ,il balbutiait des invocations et criait son innocence.

Ramdane ne comprenait rien à cette époque là ; surtout quand

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