24-03-2017

Marruecos, de país de emigrantes a uno de inmigración

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18-02-2016

Marruecos, de país de emigrantes a uno de inmigración

Considerado durante décadas un país de emigración y tránsito, Marruecos se ha convertido últimamente en una tierra de asilo y destino para los inmigrantes, sobre todo, del África Subsahariana. Esta evolución se enmarca en un contexto de cambios nacionales, regionales y globales, a nivel demográfico, migratorio y geopolítico, que han obligado a las autoridades marroquíes a aprobar políticas en materia de migración y derecho de asilo.

Mohamed Khachani, profesor de la Universidad Mohammed V de Rabat, hacía esta constatación hoy en el IEMed en una sesión del ciclo “Claves para entender el Mediterráneo del siglo XXI”.

A continuación, este experto en migraciones destacaba que fruto de los cambios legislativos introducidos para hacer frente a esta nueva realidad, Marruecos dispone ahora de una más avanzada política migratoria, que deja atrás un enfoque centrado principalmente en la seguridad para enmarcarse en uno de derechos humanos.

“El gran desafío para Marruecos es ahora la integración socio-laboral de los inmigrantes que llegan para quedarse”, ha subrayado Khachani, que también es secretario general de la Asociación Marroquí de Estudios sobre las Migraciones.

La conferencia “Las políticas migratorias en Marruecos: las nuevas disposiciones reglamentarias y legislativas” se ha llevado a cabo en el marco del ciclo de conferencias del programa interuniversitario Aula Mediterrània, que el IEMed desarrolla con once másteres universitarios.

Esta sesión en concreto, estaba coorganizada con el Máster Interuniversitario en Migraciones Contemporáneas, Derechos y Cohesión Social, UB/UAB.

 

Vídeo

Mohamed Khachani
Profesor Universidad Mohammed V de Rabat

Conferencia: « Las políticas migratorias en Marruecos: las nuevas disposiciones reglamentarias y legislativas »

18/02/2016 

 

IEMed © Girona, 20 · 08010 Barcelona · E-mail: info@iemed.org · Tel: 93 244 98 50 · Aviso legal · Contacto
      
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18-02-2016

Marruecos, de país de emigrantes a uno de inmigración

Considerado durante décadas un país de emigración y tránsito, Marruecos se ha convertido últimamente en una tierra de asilo y destino para los inmigrantes, sobre todo, del África Subsahariana. Esta evolución se enmarca en un contexto de cambios nacionales, regionales y globales, a nivel demográfico, migratorio y geopolítico, que han obligado a las autoridades marroquíes a aprobar políticas en materia de migración y derecho de asilo.

Mohamed Khachani, profesor de la Universidad Mohammed V de Rabat, hacía esta constatación hoy en el IEMed en una sesión del ciclo “Claves para entender el Mediterráneo del siglo XXI”.

A continuación, este experto en migraciones destacaba que fruto de los cambios legislativos introducidos para hacer frente a esta nueva realidad, Marruecos dispone ahora de una más avanzada política migratoria, que deja atrás un enfoque centrado principalmente en la seguridad para enmarcarse en uno de derechos humanos.

“El gran desafío para Marruecos es ahora la integración socio-laboral de los inmigrantes que llegan para quedarse”, ha subrayado Khachani, que también es secretario general de la Asociación Marroquí de Estudios sobre las Migraciones.

La conferencia “Las políticas migratorias en Marruecos: las nuevas disposiciones reglamentarias y legislativas” se ha llevado a cabo en el marco del ciclo de conferencias del programa interuniversitario Aula Mediterrània, que el IEMed desarrolla con once másteres universitarios.

Esta sesión en concreto, estaba coorganizada con el Máster Interuniversitario en Migraciones Contemporáneas, Derechos y Cohesión Social, UB/UAB.

 

Vídeo

Mohamed Khachani
Profesor Universidad Mohammed V de Rabat

Conferencia: « Las políticas migratorias en Marruecos: las nuevas disposiciones reglamentarias y legislativas »

18/02/2016 

 

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24-03-2017

Maroc: De pays d’emigration vers passage migratoire africain vers l’Europe

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Maroc: De pays d’emigration vers passage migratoire africain vers l’Europe

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Maroc: De pays d’emigration vers passage migratoire africain vers l’Europe

OCTOBER 1, 2005
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By Hein de Haas

Version anglaise

Lors de la deuxième moitié du 20ème siècle, le Maroc s’est transformé en l’un des principaux pays d’émigration du monde. Les marocains constituent une communauté de migrants parmi les plus larges et plus dispersées en Europe de l’ouest.

La population actuelle du Maroc est autour de 30 millions; plus de deux millions de personnes d’origine marocaine vivent actuellement en Europe de l’ouest. Plus récemment, un nombre croissant de migrants marocains s’est installé au Canada et aux Etats-Unis.

Recevant 3,6 milliards de dollars en transferts de fonds des émigrés en 2003, le Maroc était le quatrième plus grand récepteur de transferts de tous les pays en voie de développement. Entre-temps, le Maroc semble devenir un pays de transit et même d’immigration pour des migrants de l’Afrique subsaharienne.

Histoire de migration 

L’histoire précoloniale du Maroc était caractérisée par des configurations dynamiques d’installation et de déracinement des populations sédentaires et (semi-) nomades.

Depuis des siècles, il existait des configurations migratoires saisonnières et circulaires à caractère « rurale urbaine » entre des zones rurales marginales et des villes au Maroc.

A la suite des conquêtes arabo-islamiques du septième siècle, des populations majoritairement arabophones migraient vers le Maroc. Un nombre important de musulmans et juifs migrait de l’Espagne vers le Maroc après la reconquista de la péninsule ibérique. Jusqu’au 20ème siècle, le commerce d’esclaves constituait une forme importante de migration forcée à l’intérieur et vers le Maroc.

La colonisation française de l’Algérie en 1830 a marqué le commencement d’un période de restructuration économique et politique, ce qui créait des configurations migratoires entièrement nouvelles à partir du Maroc. La demande de main d’œuvre dans les fermes des colons français et dans les villes côtières en pleine expansion attirait un nombre croissant des migrants saisonniers et circulaires. Vers la fin des années 1930, le nombre de migrants marocains en Algérie était estimé à environ 85.000.

Le protectorat franco-espagnol sur le Maroc fut formellement établi en 1912. Alors que la France obtenait le contrôle sur le Maroc central, le protectorat espagnol était limité au Sahara occidental au sud et à la zone de montagnes du Rif au nord. La construction des routes, d’autres projets d’infrastructure, et la croissance rapide des villes le long de la côte atlantique ont créé des nouveaux marchés pour des migrations ruro-urbaines.

L’ère coloniale (1912-1956) marquait également le commencement des migrations vers la France. Pendant la première et la deuxième guerre mondiale, un manque de main d’oeuvre urgent en France a abouti au recrutement actif de dizaines de milliers d’hommes marocains pour les usines, les mines et l’armée françaises. La plupart de ces migrants sont retournés au Maroc. Pendant la première guerre mondiale, 40.000 hommes furent recrutés, et pendant la deuxième guerre mondiale 126.000 hommes furent recrutés pour l’armée française.

Quoique 40.000 marocains du Rif aient trouvé du travail dans l’armée de Franco lors de la guerre civile espagnole au Maroc espagnol, la migration de main d’œuvre du Maroc vers l’Espagne est restée extrêmement limitée. Jusqu’aux années 1960, l’Espagne elle-même demeurait une source de migrants de travail pour l’Europe et même pour l’Algérie.

Quand la France a cessé de recruter des ouvriers algériens lors de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), la migration des ouvriers vers les usines et les mines françaises à partir du Maroc s’est amplifiée. Entre 1949 et 1962, la population marocaine en France a augmenté d’environ 20.000 à 53.000. Cette migration avait partiellement lieu via l’Algérie, qui demeurait une colonie française jusqu’à 1962. Les ouvriers marocains suivaient souvent leurs employeurs colons, qui ont quitté l’Algérie en masse après l’indépendance algérienne.

Néanmoins, ces migrations post-coloniales étaient modestes par rapport à la décennie 1962-1972, quand l’ampleur numérique et géographique de l’émigration marocaine s’est dramatiquement accrue. La forte croissance économique en Europe de l’ouest débouchait sur une demande massive de main d’œuvre non qualifiée ou semi qualifiée. Le Maroc a signé des accords de recrutement de main d’oeuvre avec l’ancienne Allemagne de l’Ouest (1963), la France (1963), la Belgique (1964), et les Pays-Bas (1969). C’était l’amorce d’une diversification spatiale de l’émigration marocaine, qui était antérieurement surtout orientée vers la France. Les juifs marocains suivaient des itinéraires migratoires distincts, en émigrant en masse vers la France, Israël et le Canada (Québec) après la création de l’État d’Israël en 1948 et la Guerre des Six Jours en 1967. La population juive au Maroc a diminué d’environ 250.000 vers le nombre actuel d’environ 5.000. Entre 1965 et 1972, le nombre estimé de marocains documentés résidant en Europe s’est multiplié par dix, de 30.000 à 300.000, vers environ 400.000 en 1975 (voir Tableau 1).

Tableau 1: Evolution des populations d’origine marocaine dans des pays ouest-européens (Population enregistrée, toutes nationalités, y compris la deuxième et troisième génération)
Année France Pays-Bas Belgique Allemagne Espagne Italie Total
1968
84.000 13.000 21.000 18.000 1.000 - 137.000
1972
218.000 28.000 25.000 15.000 5.000 - 291.000
1975
260.000 33.000 66.000 26.000 9.000 - 394.000
1982
431.000 93.000 110.000 43.000 26.000 1.000 704.000
1990
653.000 184.000 138.000 62.000 59.000 78.000 1.174.000
1998
728.000 242.000 155.000 98.000 200.000 195.000 1.618.000
2005
1.025.000 (2002) 316.000 214.000 (2002) 73.000 (2004) 397.000 253.000 (2004) 2.278.000
Sources: El Mansouri 1996 (F, PB, B, G 1968 – 1990); Basfao & Taarji 1994 (IT 1982, 1990); National Statistical Services (B et F 1998; PB, G, ES, IT 1998 et 2005); López García 1999 (ES 1968-1990) ; IOM & Fondation Hassan II 2003 (B et F 2002).

Des « travailleurs immigrés » aux résidents permanents

La crise pétrolière de 1973 a marqué une période de stagnation et de restructuration économique en Europe de l’ouest, ce qui a mené à une augmentation du chômage et à une chute dans la demande d’ouvriers non qualifiés. Par conséquent, les pays de destination ont fermé leurs frontières aux nouveaux travailleurs migrants et ont introduit des visas pour les voyageurs marocains.

Bien que le gouvernement marocain, la plupart des pays d’accueil ainsi que les dits « travailleurs immigrés » eux-mêmes insistaient que cette migration soit temporaire, la plupart des immigrés ne sont pas retournés après 1973. Le climat économique au Maroc s’aggravait et, suite à deux coups d’États manqués en 1971 et 1972, le pays entrait dans une période d’instabilité politique et de répression. Par conséquent, beaucoup de migrants ont décidé de rester en Europe.

Dans une certaine mesure, les politiques d’immigration de plus en plus restrictives menées par les pays d’accueil ont paradoxalement contribué à interrompre le caractère traditionnellement circulaire de la migration marocaine. Les migrants craignaient de ne plus avoir la possibilité de revenir aux pays d’accueil si leur retour au Maroc ne réussissait pas.

La discontinuation de « l’option de retour » explique partiellement pourquoi beaucoup de migrants ont décidé de rester en Europe. La réunification familiale massive des années 1970 et 1980 annonçait cette mutation vers une migration plus permanente. C’était surtout à travers la réunification familiale que la population totale d’origine marocaine résidant en France, en Belgique, au Pays-Bas et en Allemagne a augmenté de 400.000 en 1975 à plus d’un million en 1992.

Quoique la majorité des travailleurs migrants aient fini par s’installer de manière permanente, la fin des années 1980 et le début des années 1990 était marquée par des vagues de migration de retour. Entre 1985 et 1995, environs 314.000 migrants sont retournés au Maroc de la France, des Pays-Bas, de la Belgique, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et du Danemark. La migration de retour a atteint son apogée en 1991 avec 40.000 rémigrés. Depuis 1994, la migration de retour a décrû vers un niveau de moins de 20.000 personnes par an. En effet, les taux de migration de retour des marocains figurent parmi les plus bas de tous les groupes d’immigrés en Europe.

La réunification familiale s’était largement complétée vers la fin des années 1980. Cependant, lors des années 1990 la migration vers l’Europe à partir du Maroc continuait à cause du fait que beaucoup d’enfants des travailleurs immigrés épousaient des personnes vivant dans les régions d’origine de leurs parents. Ce processus de formation de familles explique en grande partie la persistance remarquable de la migration marocaine vers les pays de destination traditionnels en Europe.

Vers 1998, le nombre de personnes d’origine marocaine dans ces pays atteignait 1,6 million. De 1992 à 2001, environs 430.000 marocains vivant en Belgique, au Danemark, en France, en Italie, aux Pays-Bas, et en Norvège ont obtenu la nationalité d’un État-membre de l’UE (voir Figure 1).

Figure 1. Nombre de naturalisations des migrants marocains en Belgique, au Danemark, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Norvège, et en Espagne, 1992-2001
Source: OECD 2004; Ministère des Affaires Etrangères et de le Coopération du Maroc.

Les nouvelles migrations marocaines
Outre un recours accru à la migration familiale (regroupement et formation de familles), la deuxième conséquence des politiques d’immigration restrictives en Europe a été un accroissement du nombre de travailleurs migrants en situation irrégulière, en particulier en Espagne et en Italie. Des pays d’émigration eux-mêmes, l’Espagne et l’Italie et même le Portugal ont émergé comme des nouveaux pays de destination depuis le milieu des années 1980.

Jusqu’à ce que l’Italie et l’Espagne aient introduit des exigences de visa en 1990 et 1991, respectivement, les migrants marocains pouvaient entrer comme touristes et rester après l’expiration de leurs visas. À plusieurs reprises depuis la fin des années 1980, les gouvernements italiens et espagnols se sont vus obligés de régulariser le statut de séjour des marocains et d’autres migrants.

Entre 1980 et 2004, la population totale officiellement résidant en Espagne et en Italie a augmenté d’environ 20.000 à 650.000. L’Italie et particulièrement l’Espagne ont remplacé la France comme la destination primaire des nouveaux travailleurs migrants marocains. Une proportion croissante des travailleurs migrants indépendants consiste de femmes qui travaillent en Europe du sud comme domestiques et bonnes d’enfants, dans l’agriculture ou des petites industries.

Depuis la crise pétrolière de 1973, un nombre relativement limité de marocains ont migré vers la Libye (120.000) et les pays pétroliers du Golfe (plusieurs dizaines de milliers) pour travailler sous contrat temporaire. Plus récemment, les Etats-Unis et le Québec ont attiré plus de marocains relativement bien instruits.

Les effets combinés de la migration familiale, la migration irrégulière, et la nouvelle migration de travail vers l’Espagne et l’Italie expliquent pourquoi l’émigration marocaine a persisté en dépit des politiques d’immigration de plus en plus restrictives. La population d’origine marocaine en Europe et en Amérique du Nord s’est presque multipliée par sept, de 300.000 in 1972, à la veille de l’arrêt du recrutement, jusqu’au moins 2,3 million vers 2000. Ce chiffre exclut les migrants marocains en situation irrégulière, une population qui compte probablement au moins plusieurs centaines de milliers de personnes.

La France abrite la plus grande population d’origine marocaine résidant légalement (plus de 1.025.000), suivie par l’Espagne (397.000), les Pays-Bas (315.000), l’Italie (287.000), la Belgique (215.000), et l’Allemagne (99.000). Des communautés moins importantes vivent dans les pays scandinaves (17.000), au Royaume-Uni (50.000), aux Etats-Unis (85.000), et au Canada (70.000). Y compris les migrants aux pays arabes et les juifs marocains résidant en Israël, au moins trois millions de personnes d’origine marocaine vivent hors du pays (voir Tableau 2).

Tableau 2: Estimations des populations de migrants Marocains au monde
Pays Population enregistrée aux consulats marocains (2002) Statistiques des pays d’accueil Année Source
France 1.024.766 506.000 1999 IOM 2003:217 (recensement français; seulement de nationalité marocaine)
Pays-Bas 276.655 315.821 2005 Statistics Netherlands
Belgique 214.859 204.000 2000 IOM 2003:101
Allemagne 99.000 80.266 2000 IOM 2003:33
Espagne 222.948 396.668 2005 Ministère pour l’Emploi et les Affaires Sociales, Espagne.
Italie 287.000 253.362 2004 Istituto Nazionale di Statistica
Royaume-Uni 30.000 50.000 2000 Collyer 2004
Scandinavie 17.000 - - -
Autre 13,593 - - -
Europe 2.185.821 1.806.117 1.806.117 1.806.117
Etats-Unis 85.000 21.035 2000 U.S. Census Bureau (seulement de nationalité marocaine)
Canada 70.000 - - -
Amérique du Nord 155.000 - - -
Libye 120.000 - - -
Algérie 63.000 - - -
Tunisie 16.414 - - -
Arabie Saoudite 11.973 - - -
Emirates arabes unis 8.359 - - -
Autres pays arabes 12.216 - - -
Pays arabes 231.962 - - -
Israël - 270.188 2005 Immigration totale 1948-2003 (CBS Israël)
Afrique subsaharienne 5.355 - - -
Autres pays 3.959 - - -

La migration transsaharienne

Il est estimé que plusieurs dizaines de milliers de subsahariens migrent annuellement vers l’Espagne à travers le Maroc. Depuis le milieu des années 1990, le Maroc s’est progressivement transformé en pays de transit pour ces migrants, qui forment un groupe mixte de demandeurs d’asile, de réfugiés, et de plus en plus de migrants de travail. En général, ils entrent au Maroc par la frontière située à l’est d’Oujda en provenance de l’Algérie après avoir traversé le Sahara par voie terrestre, généralement via le Niger.

Lors de l’arrivée au Maroc, beaucoup de migrants essaient d’entrer dans les villes espagnoles de Ceuta et Melilla en gravissant les clôtures qui séparent ces enclaves du Maroc. Puisque l’Espagne n’a pas conclu d’accords de réadmission avec la plupart des pays subsahariens ainsi qu’à cause des problèmes d’identification, beaucoup de migrants qui réussissent à entrer en Espagne sont finalement affranchis. En septembre 2005, au moins cinq personnes sont mortes et plus de 40 personnes ont été blessées lord d’une tentative de masse de franchir la frontière à Ceuta.

Initialement, ces migrations en provenance de l’Afrique subsaharienne semblaient être une réaction à l’agitation politique et aux guerres civiles dans des pays comme la République Démocratique du Congo, la République du Congo, la Sierra Leone, le Liberia et la Côte d’Ivoire. Cependant, depuis 2000 les migrants ont tendance à venir d’une gamme de pays d’origine de plus en plus diverse, comme le Nigéria, le Sénégal, la Gambie, le Mali, le Ghana, le Burkina Faso, le Niger, le Soudan, le Centrafrique et le Cameroun. Récemment, même des migrants des pays asiatiques, comme l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh ont transité par le Maroc via la route saharienne. Ils prennent généralement l’avion de l’Asie vers les capitales ouest-africaines. À partir de là, ils suivent l’habituel chemin transsaharien via le Niger et l’Algérie vers le Maroc.

Bien que la plupart des migrants considèrent le Maroc comme un pays de transit, un nombre croissant de migrants qui échouent à traverser vers l’Europe préfère rester au Maroc plutôt que de retourner vers leur pays d’origine plus instable et considérablement plus pauvre. Il est probable que plusieurs dizaines de milliers se sont installés de façon quasi-permanente dans des villes comme Tanger, Casablanca et Rabat, où ils trouvent parfois de l’emploi dans le secteur de services informel, le petit commerce ou le bâtiment. D’autres migrants essaient d’étudier au Maroc.

Cependant, les migrants font face à une xénophobie généralisée et des agressions de la part des gardes-frontières marocains et espagnols. Parce que la plupart d’entre eux sont dépourvus de statut légal, ils sont vulnérables à la marginalisation sociale et économique.

En septembre 2005, un hebdomadaire marocain a comparé les migrants subsahariens à des « criquets noirs » envahissant le nord du Maroc. Plusieurs rafles ont eu lieu dans des quartiers d’immigrés et dans des camps improvisés dans les forêts aux alentours des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla et de quelques villes marocaines, et des migrants irréguliers sont régulièrement expulsés vers la frontière algérienne.

Il y a des indications qu’une minorité considérable des immigrés au Maroc ont migré pour des raisons qui sont inclues dans la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés et des apatrides. Pourtant, le gouvernement marocain présume que pratiquement tous les immigrés subsahariens au Maroc sont des « migrants économiques » en route vers l’Europe.

Cela implique que des demandeurs d’asile se voient régulièrement refuser l’accès au pays à la frontière, ou sont déportés comme des « migrants économiques illégaux », quoique le Maroc ait ratifié la Convention de Genève de 1951 et dispose d’un système pour traiter l’adjudication des demandes d’asile, et dispose également d’un Bureau des Réfugiés et Apatrides (BRA) pour assister et protéger les réfugiés.

Le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) au Maroc a reconnu environ 2.100 personnes au Maroc comme réfugiés, mais le BRA ne leur attribue généralement pas le statut de réfugiés. Ainsi, ils n’ont pas le droit ni au travail, ni à l’éducation ni aux services médicaux publics.

Politiques relatives à l’émigration, les transferts de fonds et l’intégration à l’étranger

Depuis les années 1960, le gouvernement marocain a encouragé l’émigration pour des raisons politiques et économiques. Il favorisait le recrutement de main d’oeuvre dans les zones berbérophones comme la vallée du Sous dans le sud-ouest, les oasis dans le sud-est et les montagnes du Rif au nord, une région particulièrement connue pour son attitude rebelle vis-à-vis du pouvoir central. On s’attendait à ce que les transferts financiers des migrants contribueraient à la prospérité et, ainsi, diminueraient la tendance rebelle.

Le recrutement par des agences spécialisées n’était important que dans les premières années de la migration à grande échelle. Déjà dans les années 1960, la migration spontanée et le recrutement informel par des entreprises étaient quantitativement plus importants. Les migrants « spontanés » recevaient de l’assistance des membres de la famille ou d’amis déjà installés à l’étranger, qui jouaient également un rôle d’intermédiaire auprès des employeurs. La plupart des migrants ont réussi à obtenir des permis de résidence permanents par une série de régularisations aux Pays-Bas (1975), en Belgique (1975) et en France (1981-1982).

En ce qui concerne les transferts, le montant total de fonds et des biens envoyés vers le Maroc ne cessait de s’accroître jusqu’au début des années 1990. Entre 1968 et 1992, les transferts de fonds officiellement enregistrés ont augmenté de 23 millions de dollars à 2.1 milliards de dollars annuellement.

Cependant, les années 1990 étaient caractérisées par une stagnation inquiétante des transferts autour de 2 milliards annuellement, ce qui générait la crainte d’un futur déclin. Cette prévision a incité les autorités marocaines à changer leurs attitudes vers les migrants.

Jusqu’à ce moment, le gouvernement marocain s’était efforcé de maintenir un contrôle ferme sur les marocains résidant en Europe en décourageant activement leur intégration dans les sociétés d’accueil, y compris la naturalisation. Le gouvernement envoyait des enseignants et des imams marocains à l’étranger et fournissait de l’éducation en langue arabe et une culture marocaine aux enfants des migrants afin d’éviter leur intégration et leur éloignement, des facteurs perçus comme menaçants pour les vitaux transferts de fonds.

À travers des ambassades, des consulats et des mosquées marocains ainsi que des organisations créées pour les migrants par l’État, comme les « Amicales », les migrants marocains étaient activement découragés d’établir des organisations indépendantes et de joindre le mouvement syndicaliste ou des partis politiques. Le gouvernement marocain a aussi essayé d’empêcher les migrants de s’organiser politiquement et, de cette façon, de former une force d’opposition à l’étranger. Lors des années 1970 et 1980, des opposants politiques étaient régulièrement harcelés quand ils se rendaient au Maroc.

Cependant, les gouvernements européens critiquaient ces politiques, qui étaient alors vues comme allant à l’encontre de leurs propres politiques d’intégration. De plus, le gouvernement marocain réalisait aussi que ces politiques avaient tendance à éloigner les migrants plutôt que de les attacher à leur pays d’origine.

Ainsi, l’État marocain changeait de direction au début des années 1990. La répression du passé était largement remplacée par une politique visant à « courtiser » la diaspora marocaine grandissante. Outre le démantèlement de l’infrastructure de contrôle en Europe, cela a impliqué une attitude plus positive envers la naturalisation et la double nationalité.

Un Ministère pour les Marocains Résidant à l’Etranger (MRE) a été créé en 1990. Dans la même année, le gouvernement marocain créait la Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l’Etranger, qui vise à améliorer les relations entre les migrants et le Maroc. La fondation a pour objectif d’aider les migrants en Europe ainsi que lors de leurs vacances au Maroc, et de les informer et les guider sur les opportunités d’investissement.

Ces changements étaient en conformité avec la libéralisation générale de la société marocaine durant les années 1990. L’élargissement des libertés civiles a aussi donné une plus grande liberté aux migrants à établir des organisations, comme des associations berbères et des organisations d’aide au développement.

Les formalités de douane se sont également simplifiées et sont devenues moins corrompues qu’auparavant. Des annonces à la radio et à la télévision ciblent les migrants en visite au Maroc, et le gouvernement a même établi des centres de service sur les autoroutes marocaines spécialement équipés pour les migrants. A présent, les migrants qui critiquent le gouvernement sont rarement harcelés lors de leurs visites au Maroc.

Augmentation des transferts de fonds

Pendant les dernières années, il est devenu plus facile, moins cher et plus attirant pour les migrants marocains de transférer de l’argent grâce à une extension du réseau des agences de banque marocaines en Europe encouragée par le gouvernement marocain, la suppression des restrictions sur l’échange de devises, des mesures fiscales favorisant les migrants ainsi que des dévaluations qui ont augmenté la valeur des devises étrangères. Ces mesures réfléchissent la nouvelle attitude « positive » du gouvernement marocain vis-à-vis des migrants.

Ces politiques ont apparemment inversé la stagnation des transferts. Depuis 2000, il y avait un accroissement spectaculaire des transferts officiels, qui étaient à un niveau de 3.6 milliards de dollars en 2003. Cependant, les nouvelles migrations vers l’Espagne et l’Italie et les régularisations à grande échelle qui ont été effectuées dans ces pays expliquent une autre partie de cet accroissement.

Les efforts du Maroc à canaliser les transferts par des canaux officiels ont été relativement fructueux. Les transferts de migrants constituent une source de devises cruciale et relativement stable et sont devenus essentiels au maintien de l’équilibre de la balance de paiements marocaine. En 2002, les transferts officiels représentaient 6,4 pour cent du produit national brut (PNB), 22 pour cent de la valeur totale des importations et six fois l’aide au développement accordée au Maroc. Ils dépassent également la valeur des investissements étrangers, qui sont aussi beaucoup plus instables.

La vraie somme de transferts a été estimée à au moins un quart ou un tiers plus haute  — ou autour d’un milliard de dollars — car certains transferts sont envoyés par des canaux officieux ou sous forme des biens apportés au Maroc.

Malgré le niveau important des transferts, relativement peu de migrants semblent enclins à établir des entreprises au Maroc. Pour cette raison, le gouvernement marocain a essayé d’attirer les investissement des migrants en offrant des incentives fiscales, en réduisant la corruption et en supprimant des obstacles bureaucratiques aux investissements, comme la simplification des démarches administratives pour obtenir un permis d’entreprise.

Migration et les relations UE-Maroc

L’Espagne se situe à seulement 14 kilomètres de la côte marocaine, et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla sur la côte septentrionale du Maroc représentent littéralement « l’Europe en Afrique. » A plusieurs égards, le Détroit de Gibraltar est l’équivalent européen du Rio Grande entre les Etats Unis et le Mexique. Malgré les contrôles de frontières intensifiés, des dizaines de milliers de marocains et de plus en plus d’autres africains réussissent à atteindre l’Europe chaque année. Ceci a fait de l’Espagne l’entrée principale vers l’Europe « sans frontières internes » pour les migrants africains.

En général, les migrants irréguliers traversent vers l’Europe en utilisant des pateras (des petits bateaux de pêche) ou des Zodiacs, en se cachant dans des camions ou des fourgonnettes des migrants ou bien en utilisant des faux documents. Depuis le milieu des années 1990, les contrôles de frontières intensifiés dans le Détroit de Gibraltar ont incité les migrants à traverser la mer à partir de lieux plus orientaux sur le littoral Méditerranéen et à explorer de nouveaux points de passage comme les Iles Canaries.

Les autorités marocaines affirment qu’en 2004 elles ont empêché plus de 26.000 tentatives irrégulières d’émigration, dont 17.000 concernaient des migrants subsahariens. En 2004, 15.675 migrants irréguliers ont été interceptés par les autorités espagnoles lors de leurs tentatives de traversée vers la côte ibérique (46 pour cent de tous les cas) ou les Iles Canaries (54 pour cent de tous les cas). Selon les estimations, environ 55 pour cent d’entre eux seraient d’origine marocaine et 43 pour cent d’origine subsaharienne, comparée à 81 et 2 pour cent respectivement en 1999.

Le taux de mortalité s’élève à environ une mort par 100 interceptions depuis la fin des années 1990, pour la plupart à cause de noyades. Selon les statistiques officielles, 1.035 migrants seraient morts lors de leurs tentatives de migrer vers l’Espagne entre 1999 et 2003. Des organisations des droits de migrants affirment que le vrai chiffre est plus élevé.

Le contrôle de l’immigration pèse lourd sur l’agenda de l’Union Européen et, par conséquent, la relation entre l’UE et le Maroc a subi une tension considérable. En particulier le sujet de la réadmission des migrants irréguliers est une question urgente mais qui n’est pas encore résolue dans les négociations avec l’UE.

Cependant, il y a déjà un niveau de coopération bilatérale élevée avec quelques États-membres de l’UE, notamment avec l’Espagne. Depuis 2004, le Maroc et l’Espagne ont collaboré dans des patrouilles navales conjointes et la réadmission des migrants de citoyenneté marocaine et parfois non marocaine en échange de 390 millions de dollars en aide au développement.

Lors des années récentes — et en particulier après les attentats terroristes de Madrid en mars 2004, dans lesquels plusieurs marocains étaient impliqués — l’immigration est de plus en plus liée à des questions de sécurité. Il existe également une inquiétude croissante sur le rôle du Maroc comme pays de transit pour des migrants de l’Afrique subsaharienne.

En 2003, le Maroc a passé une nouvelle loi relative à l’entrée et à la résidence des étrangers. La loi contient des peines sévères contre l’immigration et la contrebande des personnes, mais néglige beaucoup de droits des migrants. Selon certains critiques, en passant cette nouvelle loi, le Maroc cède à la pression de l’UE, qui souhaite que le Maroc joue le rôle du « gendarme » de l’Europe en Afrique du Nord.

Afin de réduire l’immigration en provenance du Maroc, l’UE cherche également à stimuler le développement du Maroc. En 1996, le Maroc a signé l’Accord Euroméditerranéen d’Association avec l’UE, le partenaire commercial le plus important du Maroc. Cet accord devrait mener à l’établissement d’une zone de libre échange en 2010. Le soutien de l’UE pour la transition économique du Maroc est surtout effectué à travers le programme MEDA (Mesures d’Accompagnement), qui vise à accroître la compétitivité en développant le secteur privé et en encourageant la bonne gouvernance.

Des fonds considérables du programme MEDA ciblent l’objectif de la réduction de l’immigration. Sur le budget MEDA de €426 millions pour 2000-2006, €115 millions (27 pour cent) sont dépensés pour rompre « le cercle vicieux [de] faible croissance — chômage — pauvreté — migration » à travers le soutien pour des programmes de contrôle d’immigration et de développement rural. Ces fonds ciblent particulièrement les provinces du nord, vues comme sources de pauvreté, drogues, contrebande des personnes, et migration illégale.

Bien que le gouvernement marocain donne formellement suite à la « lutte contre l’immigration illégale » du programme MEDA et de l’UE, des doutes sérieux persistent sur la crédibilité et l’efficacité de ces politiques. Premièrement, chaque année, l’aide MEDA est l’équivalent de seulement deux pour cent de tous les fonds transférés par les migrants marocains. Deuxièmement, outre une certaine répugnance à jouer le rôle du « gendarme » de l’Europe et de procéder à des expulsions en masse des immigrés subsahariens, ce qui pourrait également nuire aux relations politiques stratégiques avec des pays subsahariens, les autorités marocaines affirment qu’il est impossible d’arrêter la migration tant que ses causes économiques et politiques fondamentales persistent.

Quoique le nombre d’interceptions ait beaucoup augmenté pendant les dernières années, on estime que la majorité des migrants parviennent en Espagne à cause de la professionnalisation des techniques de contrebande de personnes et la diversification et l’expansion des stratégies migratoires. En outre, des migrants subsahariens expulsés du Maroc vers l’Algérie ont tendance à retourner dans un délai de quelques jours.

Aux yeux du gouvernement marocain, l’intention de l’UE de créer un « espace euroméditerranéen commun » souffre d’un manque de crédibilité pour un nombre de raisons. Tout d’abord, les Européens ont un accès quasi libre au Maroc tandis que les marocains font face à des politiques d’immigration restrictives. Deuxièmement, des politiques protectrices empêchent le Maroc d’exporter ses produits agricoles librement vers l’UE, alors que beaucoup de migrants marocains irréguliers aident à récolter la production agricole dans les pays de l’UE.

Vue de la perspective marocaine, la migration constitue une ressource de développement vitale en soulageant la pauvreté et en diminuant le chômage, en contribuant à la stabilité politique ainsi qu’en générant des transferts de fonds. En réalité, le gouvernement marocain a peu d’intérêt à diminuer l’émigration tandis que les employeurs européens ont besoin de leur main d’œuvre.

Perspectives futures 

La demande persistante pour la main d’œuvre de migrants en Europe occidentale dans le secteur agricole, le bâtiment et des différents secteurs de service en combinaison avec un chômage élevé parmi les jeunes et des salaires relativement bas au Maroc indique qu’il est probable que l’émigration continuera à des niveaux élevés dans le futur proche.

Cependant, à plus long terme, l’émigration marocaine pourrait décroître suivant le déclin considérable du nombre de personnes atteignant l’âge de travail dans les décennies après 2010, quoique cela dépende évidemment de la future croissance économique.

A long terme, le déclin relatif de la population en âge de travail pourra aboutir à une diminution du potentiel migratoire; ce déclin pourrait également agir sur le développement graduel du Maroc vers un pays de « transition », caractérisé par la coexistence de l’émigration, migration de transit et immigration. Apparemment, ce processus a été déjà mis en train par l’augmentation de l’immigration par voie terrestre à partir des pays subsahariens.

Quoique les responsables marocains et les médias accentuent le caractère temporaire et transitoire de cette migration subsaharienne, une proportion croissante de ces migrants « temporaires » pourrait finir par s’installer de façon plus permanente. Ces migrants africains au Maroc font face à une xénophobie considérable et à une marginalisation sociale et économique. En même temps, leur présence confronte la société marocaine à un ensemble de questions sociales et légales caractéristiques des pays d’immigration, des questions qui ne trouvent pas encore écho à l’image que se fait le Maroc comme pays d’émigration.

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Data Sources:

CARIM (Consortium Euro-Méditerrannéen pour la Recherche Appliquée sur les Migrations Internationales), base de données, module démographique.

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24-03-2017

Postmodernisme Bernard Elissalde

Postmodernisme

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Bernard Elissalde

A partir du texte éponyme de Jean François Lyotard, paru en 1979, les débats autour de la question du postmodernisme ont connu un important développement dans notre discipline, notamment parmi les géographes anglo-saxons. On a coutume de distinguer la postmodernité qui caractérise les manifestations d’une époque et d’une société dans son opposition à la modernité et aux transformations technologiques et sociétales de l’époque précédente ; et le postmodernisme qui appartient au domaine de l’épistémologie. Ce deuxième terme concerne un courant de pensée qui remet en cause le projet scientifique issu de la philosophie des Lumières.

Les positions de départ du postmodernisme se fondent sur une remise en cause des modèles interprétatifs dominants dans les sciences sociales et seraient influencés par des effets de contexte. Elles s’appuient sur l’idée que la fin du XXème siècle aurait connu une double rupture à la fois épistémologique et socio-économique. La nécessité pour le chercheur d’en tirer les conséquences intellectuelles peut se résumer par la formule : « concepts changeants dans un monde changeant ». Nous serions en train de vivre une transition majeure dans la trajectoire historique de l’économie globale et de l’évolution géopolitique. Le fait que nous soyons au seuil d’une nouvelle époque justifierait un réexamen des orthodoxies théoriques dans les sciences sociales.
A la base des ouvrages fondateurs du postmodernisme en géographie [(D.Harvey : The condition of postmodernity (1987) et E.Soja : Postmodern Geographies (1989)] on trouve des interrogations sur la dynamique du monde actuel et sur la nécessaire réinsertion du spatial dans les sciences sociales. E.Soja part du constat que dans les sciences sociales, « l’hégémonie de l’historicisme dans la conscience théorique a occulté une sensibilité comparable à la spatialité de la vie sociale ». Cet historicisme serait l’une des caractéristiques de la pensée moderne et notamment de penseurs du XIXème siècle ou du début XXème tels que Marx, Marshall, Weber, ou Durkheim, qui ont en commun dans leurs théories un surdéveloppement de la contextualisation historique et se rejoignent pour donner la priorité au temps et à l’histoire par rapport à l’espace et à la géographie. Le projet postmoderniste souhaite au contraire contribuer à la reconnaissance de la validité d’une approche spatiale autant que temporelle dans la compréhension de la vie sociale contemporaine

A partir de là le courant postmoderniste s’articule autour de quelques problématiques récurrentes :
a) Celle des modèles de connaissances et des représentations de la réalité. Celle-ci passe par la déconstruction systématique, plus que la simple critique, des cadres de pensée  » modernes  » par les géographes postmodernistes (D. Gregory, R. Martin, G. Smith, M. Dear etc.) La géographie postmoderne aurait pour objectif d’édifier une géographie humaine critique centrée sur « les luttes émancipatrices de tous ceux qui sont marginalisés ou opprimés par la géographie spécifique du capitalisme » (Soja 1989).
Les centres d’intérêt de ces auteurs se dirigent vers la restructuration socio-spatiale qui suit la fin des Trente Glorieuses, l’avènement du postfordisme et du régime d’accumulation flexible et dans le domaine urbain, vers les nouvelles structures émergentes des grandes métropoles nord-américaines : edge-cities, gated communities et world cities, seraient les indices d’un tournant important dans la dynamique socio-spatiale. Ce redéploiement et l’émergence d’un « new capitalism » permettent de constater que le capitalisme ne serait pas uniquement un processus historique mais aussi géographique.. Prolongeant les réflexions de E.Soja et A.Scott qui considèrent Los Angeles à la fois comme une ville hors norme et aussi comme la préfiguration des métropoles mondiales, M.J.Dear tente d’élaborer un modèle alternatif pour interpréter en dehors du cadre fourni par les paradigmes de l’Ecole de Chicago.
Selon M.J.Dear, la ville devient un assemblage de parcelles fragmentées dans laquelle la relation entre le développement d’un espace et le non-développement d’un autre est aléatoire ou cloisonnée, ce qui lui permet de remettre en cause à la fois la logique des économies d’agglomération privilégiant les centres urbains et le schéma conventionnel de la ville, au profit d’un  » collage discontinu de paysages consumérisés « .

b) La seconde problématique se situe dans la filiation des idées de M.Foucault sur les relations entre pouvoir et savoir. La géographie postmoderniste souhaite abandonner un discours d’expert qui parle à la place de ceux qui n’ont pas la parole et se propose donc de faire entendre la voix de tous ceux qui ne se situent pas dans une quelconque position de pouvoir ou de dominance (minorités, cultures non-occidentales,  » gender geographies « , etc). Par rigueur intellectuelle et souci de justice à l’égard des groupes dominés, de telles études ne peuvent être appréhendées à travers des grilles interprétatives forgées par la pensée dominante. Elle se complète par des réflexions sur l’identité et l’invention d’identités nouvelles : métissages, mixité, etc

Cette seconde problèmatique débouche logiquement sur le problème du relativisme des discours et pose la question de la vérité en sciences sociales. Prendre une posture qui affirme le relativisme généralisé des théories et la multiplicité des « vérités » pose la question de la validation scientifique des travaux en sciences sociales. A partir du moment où l’on brise le mythe de l’extériorité et de la distance du chercheur par rapport à son objet de recherche les travaux vont davantage se situer dans l’univers de la compréhension que dans celui de l’explication. Ainsi pour R.Martin « For postmodernists, there is no singular or absolute truth ; but multiple « truths » and « stories ». The task of explanation therefore becomes one of discourse analysis and deconstruction, of revealing the discursive structures, ideological beliefs and textual strategies that we use, consciously or unconsciously, to establish the context and persuasiveness of our different knowledge claims » (R. Martin 1994).
Deux axes de réflexion découlent de cette citation. Si la production de connaissances en sciences sociales ne relève que du domaine discursif, les questions de son utilité sociale, de l’indifférenciation entre la vérité et l’erreur, du renouvellement des connaissances scientifiques se trouvent posées. Cette omission permet de faire l’impasse sur une des bases de la science contemporaine, fondée, non seulement sur une vigilance critique à l’égard de ses propres démarches, mais également sur la mise au point de critères précis de validation de ses travaux ou enquêtes. Malgré ces réserves, cette citation ne constitue pas simplement une position de principe dont la portée pratique serait sans lendemain, accordons-lui le mérite de faire aussi resurgir en géographie la vieille question de la légitimité sociale des diagnostics sur le territoire et l’de l’espace, tout comme celle de l’utilisateur final de toute expertise spatiale. A qui sont destinés les écrits des géographes et quels usages en font les destinataires ?

Le travail de déconstruction des discours disciplinaires joint à la défaillance des grandes interprétations du monde conduit d’autres postmodernistes à un relativisme radical réduisant l’idée de progrès scientifique à une composante de l’impérialisme occidental. Ce relativisme fondé sur l’idée de l’incommensurabilité non seulement des théories scientifiques entre elles, mais aussi des sciences, des mythes et des religions, ont pu être influencé par un auteur comme P.Feyerabend (Adieu la raison, ed Le Seuil, 1989, p338) qui considère qu’ » il n’existe aucune raison objective pour préférer la science et le rationalisme occidental à d’autres traditions [_.] Toutes les cultures ont des raisons objectives en leur faveur »

Ce rôle du contexte socio-économique de la fin du XXème siècle en tant que justification du postmodernisme et de la postmodernité pose la question de l’adéquation entre théorie et réalité du monde. Est-on en présence d’un simple suivisme de l’actualité -le changement spatial existe, les grands métropoles se transforment – qui se nourrirait d’un déficit d’intelligibilité, une sorte de réponse momentanée de la pensée rationnelle au manque de visibilité du monde ?

A travers ces prises de position se trouve posée la question de la production de connaissance nouvelles par les géographes postmodernistes et de la disproportion dans leur écrits entre la partie « déconstructive » et les apports nouveaux en termes d’interprétation du monde. Le contraste fréquent chez les postmodernes, entre la justesse du diagnostic sur le changement d’état des phénomènes ou des objets d’études et leurs difficultés à produire de nouveaux concepts et de nouvelles théories interprétatives justifie de s’interroger sur les raisons de la défaillance scientifique finale : s’agit-il d’une défaillance de  » l’outil  » postmoderne ou faut-il incriminer la complexité de l’objet qui échappe au filet interprétatif ?

Bernard Elissalde

BIBLIOGRAPHIE

Dear M.J., 2000, The postmodern urban condition, Oxford, Blackwell Publishers
P.Feyerabend, Adieu la raison, ed Le Seuil, 1989, p338
D.Harvey : The condition of postmodernity (1987)

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R.Martin, Economic theory and human geography, in D.Gregory : Human geography, society, space and social sciences (Mac Millan, 1994)

E.Soja, Postmodern Geographies, (Londres, Verso, 1989)

B. E.

Bernard Elissalde

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24-03-2017

Structuralisme et sciences humaines

Détails
 Publication : 1 avril 2015
 Mis à jour : 15 février 2017

Structuralisme et sciences humaines

 

Le structuralisme fut la pensée dominante dans les sciences de l’homme en Europe durant la seconde moitié du XXe siècle. Dans les années 1960, la plupart des intellectuels se rattachèrent au structuralisme (après le déclin de l’existentialisme et de la phénoménologie). C’est vrai tout particulièrement en France où il a connu un succès considérable.

 

Pour citer cet article :

  • JUIGNET Patrick. Structuralisme et sciences humaines. Philosophie, science et société [en ligne]. 2015. http://www.philosciences.com

 


PLAN

  1. Histoire d’une mode
  2. Principes du structuralisme
  3. Structuralisme et scientificité
  4. Une ontologie de la structure ?
  5. Critiques du structuralisme
  6. Conclusion : un effacement transitoire ?

 

1. Histoire d’une mode

Il y a eu de nombreuses formes de structuralisme dans divers domaines d’application, mais nous allons essayer de donner un idée générale de ce courant de pensée. La doctrine s’est développée dans les années cinquante et a atteint son apogée vers 1965.

Dans les sciences formelles et empiriques traditionnelles, il a offert une alternative à la conception atomiste et mécaniste de la science héritée du XIXe siècle. Dans ces domaines, il a plutôt pris la forme de la pensée systémique, mais, curieusement, il y eu peu de communication entre ces courants. Sous la plume de Pierre Auger, dans un article intitulé « Le nouveau visage de la science », on peut lire : Une orientation a été prise dans la science du XXe siècle qui pourrait être caractérisée par la notion de structure. « Les études de structure ont atteint au fur et à mesure des améliorations techniques des niveaux de plus en plus profonds […] Les corpuscules les plus fondamentaux sont eux-mêmes soumis à l’analyse structurale » (Auger P., « Le nouveau visage de la science », in La science contemporaine, t 2., le XXe siècle, Paris, PUF, 1964, p. 10).

Nous nous intéresserons, dans cet article, au structuralisme dans les sciences humaines. Le succès du structuralisme dans ce domaine a été considérable. Puis, soudainement, la mode a passé et, vers les années 1980, l’engouement pour le structuralisme a disparu. Les intellectuels vedettes qui l’ont porté ont disparu et la génération suivante n’a pas repris pas le flambeau. Le structuralisme a aussi été victime de son succès qui lui a donné une extension si vaste et si floue que les conditions d’une transmission sérieuse se sont perdues. En effet, un certain nombre de travaux ont été proclamés structuralistes sans en avoir les caractéristiques minimales. Cette doctrine a enfin été victime de son ambition excessive : la volonté d’unifier sous un même paradigme l’étude de la totalité des activités humaines.

Mais alors, au vu de ces déceptions, pourquoi s’intéresser encore au structuralisme ? Sur le plan méthodologique, lorsqu’il est appliqué avec sérieux et sans excès dogmatique, il donne des résultats intéressants et il se peut très bien qu’il renaisse de ses cendres sous d’autres formes, car les approches globales et synthétiques sont souvent plus pertinentes en ce qui concerne l’homme que les approches analytiques.

2. Principes du structuralisme

L’idée de structure

Le terme de structure a primitivement un sens architectural. Il désigne la manière dont est bâti un édifice, ses lignes de force. Mais, c’est la linguistique du XXe siècle qui lui donne son emploi dans les sciences de l’homme avec l’école de Prague (Troubetzkoy, Jakobson) et le Danois Hjelmslev, vers 1939.

Le principe de la théorisation structurale consiste à repérer un ordre présent derrière les faits et leurs variations. La mise en évidence de relations constantes malgré le changement conduit à envisager la persistance d’une structure. Passé ce principe, qui fait l’objet d’un accord général, les utilisations du concept sont bien différentes.

La structure est tantôt considérée comme un schéma théorique (position formaliste) tantôt comme ayant une existence (position réaliste), parfois comme une organisation concrète, ce serait alors « toute forme concrète d’organisation » (Gages J.-B., Comprendre le structuralisme, Paris, Privat, 1968, p. 10.). Le structuralisme s’accompagne, selon les auteurs, d’un refus de la temporalité ou pas. En effet, la structure est indépendante du temps, puisqu’elle forme une architecture qui ne dépend que d’elle-même. Mais, d’autres mettent en évidence que toute structure a nécessairement une genèse.

Les exigences, quant au degré de complexité et à la forme de l’ordonnancement repéré, quant à la rigueur de la formalisation théorique qui en rend compte, quant à solidité et à l’objectivité des ensembles factuels évoqués, quant aux modes d’existence de la structure, ont été si diverses, que l’idée de structure a perdue une grande partie de sa pertinence.

De l’idée de structure au structuralisme

Un excellent énoncé des principes fondamentaux du structuralisme a été donné par Michel Foucault en 1966 : « Le point de rupture s’est situé le jour où Lévi-Strauss pour les sociétés et Lacan pour l’inconscient, nous ont montré que le sens n’était probablement qu’une sorte d’effet de surface, un miroitement, une écume, et que ce qui nous traversait profondément, ce qui était avant nous, ce qui nous soutenait dans le temps et dans l’espace, c’était le système » (Foucault M., entretien, La Quinzaine Littéraire, n°5, 15 mai 1966).

Pour Foucault, il s’agit d’une méthode d’analyse qui concerne ce que l’homme produit. Elle cherche à découvrir des relations entre les éléments de l’activité humaine, postulant que ces relations ne soient ni naturelles, ni psychologiques, mais aient une nature propre. Dans la mesure où il découvre quelque chose de singulier et de caractéristique de la plupart des activités humaines, le structuralisme pourrait être une science unificatrice des sciences humaines et sociales.

La méthodologie structurale cherche à repérer un ordre présent derrière les faits et leurs variations. La saisie de cet ordre a donné l’espoir de sortir la connaissance de l’homme de la « compréhension » et des interprétations subjectives, afin de la faire entrer dans l’ère de la scientificité. La « structure » ainsi conçue est un modèle explicatif synthétique qui est extrait par abstraction des faits épurés et de leurs transformations dynamiques. On peut aussi donner la définition donnée par Michel Foucault, selon laquelle le structuralisme est la méthode d’analyse qui consiste à dégager des relations constantes à partir d’éléments qui peuvent changer (Interview, 1971). Par cette méthode jugée largement applicable, le structuralisme a tenté une unification des sciences humaines.

Avec le structuralisme, l’instantané est privilégiée au détriment des évolutions temporelles. La doctrine s’est distanciée de l’historicité pour étudier les interactions synchroniques, d’où l’utilisation soit de la combinatoire, soit de la topologie, pour tenter de donner une formalisation au jeu des forces supposées interagir. Quel que soit le domaine, il s’agit de pratiquer de grandes coupes synchroniques et de les formaliser. Le refus de la temporalité laisse de côté les processus de genèse et délaisse la causalité. L’analyse structurale est atemporelle et acausale.

L’accent est mis sur l’invariance, principe de base de repérage des structures. Par exemple, Jean Cuisenier, dans la revue Esprit de 1967, décrit le structuralisme comme « l’application aux phénomènes sociaux de transformations telles que les relations de position entre les éléments d’un système demeurent invariantes ». Il s’agit de trouver une organisation des constituants à partir de la fixité de leurs rapports. C’est le rapport des éléments entre eux qui est considéré comme déterminant et qui doit être décrit et formalisé.

Passé ce principe, qui fait l’objet d’un accord général, les conceptions du structuralisme sont bien différentes et parfois très floues. Le degré de formalisation jugé indispensable, le mode d’existence de l’organisation étudiée et son pouvoir de genèse, sont conçus de manières diverses et ont été sujet à d’âpres controverses. La structure est tantôt considérée comme un schéma théorique (position formaliste et instrumentaliste), tantôt comme un être véritable (position réaliste).

Cette diversité est telle que l’on peut aussi parler des structuralismes. « Il existe un grand nombre de structuralismes qui parfois se complètent, souvent s’ignorent et dans certain cas entrent en conflit » (Vexliard A., « Les structuralismes et leurs conflits »,  Nice, 1972). Parfois, il faut bien le dire, c’est simplement un mot fétiche qui ne renvoie à rien de précis, si ce n’est à un phénomène de mode. Le structuralisme se rattache surtout au langage, car les années soixante ont été un moment de rayonnement de la linguistique considérée comme « science pilote » pour les sciences de l’homme. La conception structurale se retrouve dans la mise en avant de la « fonction symbolique » avec Lévi-Strauss et de « l’ordre symbolique » avec Lacan. Elle prend une tournure littéraire avec des auteurs comme Roland Barthe ou Gérard Genette.

3. Structuralisme et scientificité

Le structuralisme a permis de sortir de l’abord purement empirique et de ses pièges en ce qui concerne les sciences humaines et sociales. Il l’a fait en dirigeant le regard vers un sous-jacent formalisable : la structure, dont il a voulu donner une formalisation. Il s’est simultanément opposé à l’approche littéraire (caractérisée par le commentaire et l’interprétation, la contextualisation sociohistorique). Ainsi, il a indéniablement apporté, sur le plan de la méthode, quelque chose d’intéressant et de nouveau pour les sciences de l’homme.

Il est arrivé à un moment de fort développement des sciences humaines et sociales qui demandaient de nouveaux modèles explicatifs. Il a ainsi accompagné les développements de la psychanalyse, de l’anthropologie et de la linguistique. Il a semblé, à l’époque, pouvoir constituer le nouveau paradigme scientifique à opposer à la démarche littéraire et interprétative qui prévalait dans ces disciplines.

Pour certains, la méthode structurale apporte un gain de scientificité en ce qu’elle permettrait de neutraliser le sens. C’est ce que soutient, dans son Essai d’une philosophie du style, Gille-Gaston Granger. Selon Granger, la science doit opérer une réduction des significations, elle doit les neutraliser ou les « objectiver ». Les significations ne sont pas, par elles-mêmes, un matériau possible. Les significations sont du domaine de la philosophie et la science ne peut vouloir jouer le rôle de la philosophie, elle doit construire des structures d’objet (autrement dit : des « modèles »). Les sciences de l’homme dégagent des structures, alors que la philosophie produit une herméneutique des significations. L’exemple d’une herméneutique de type  philosophique est donné par Paul Ricœur dans son ouvrage De  l’interprétation (Paris, Le Seuil, 1965) et celui d’une construction de modèles structuraux par Claude Lévi-Strauss dans ses travaux sur les mythes. C’est un point de vue discutable.

La critique du sujet, en tant qu’unité transcendantale amorcée par le structuralisme, a été également utile pour faire évoluer la conception de l’homme. L’idée d’un sujet hors du monde, d’une unité synthétique présente dans l’esprit de chaque individu, est discutable et a été remise en question par le structuralisme. Mais cette tendance excessive a été jusqu’à effacer la personne, l’individuation de chaque homme.

A cette époque, le structuralisme, en dégageant les sciences humaines du commentaire et de l’herméneutique a approté un renouveau méthodologique.

4. Une ontologie de la structure ?

Pour Jean Piaget, dans Le Structuralisme (1968), « le danger permanent qui menace le structuralisme, est le réalisme de la structure », ce qui signifie que la formalisation exhumée soit donnée pour exister réellement. Ce réalisme de la structure risque d’être un nouvel idéalisme, car la structure n’est pas concrète, c’est une abstraction formelle. Mais, on constate qu’il y a eu peu de discussions argumentées sur l’existence réelle ou non de la structure ou s’il fallait s’en tenir à une position instrumentaliste en ce qui la concerne. Il peut avoir un autre effet, que nous allons voir dans le paragraphe suivant, qui est de masquer la complexité de la réalité et de l’assimiler au modèle structural qui l’explique.

Sur le fond, la question est de savoir si on peut faire du concept de structure un usage ontologique (c’est-à-dire concernant une manière d’être, une forme d’existence du réel). L’idée que la structure puisse concerner le réel est intéressante. En effet, l’idée de structure s’oppose à celle de substance et offre ainsi une alternative. D’autre part, elle invite à penser une pluralité du réel, car il existe des structures bien différentes concernant des domaines divers. On échappe ainsi au monisme ou au dualisme des substances. La question est à discuter.

Sur le plan de la méthode, le structuralisme voulait saisir, derrière la diversité phénoménale, un arrière-plan fondateur qui serait la structure. Mais, aller vers une ontologie de la structure (un réalisme structural) pose un problème et doit être discuté. L’affirmation réaliste selon laquelle cette structure théorique serait le fondement réel des choses est trop abrupte ; une affirmation plus nuancée serait acceptable. On peut supposer que les structures mises en évidence donnent une idée du réel et laisse supposer qu’il soit structuré (organisé).

5. Critiques du structuralisme

Il y a eu une tentative de généralisation du langage, c’est-à-dire de ramener tout ce qui touche l’homme à des effets de langage. Mais aussi, à un langage lui-même ramené à la syntaxe et peut-être finalement à une unique « structure du symbolique ». Cette volonté d’unification néglige la diversité des systèmes cognitifs et représentationnels humains. Il semble aussi, qu’à un moment donné, il y ait eu une confusion entre la réalité étudiée et la méthode d’étude, ou encore une contamination de l’objet d’étude par la méthode. Au vu de l’ambition de syntaxiser l’humain, on peut soupçonner que la modélisation structurale est, à cette occasion, confondue avec la réalité qu’elle explique.  Ramener l’humain à une combinatoire désincarnée, dire que la signification ne vient que du jeu combinatoire d’éléments formels est abusif.

Le structuralisme, dans les sciences de l’homme, fermé sur lui-même, a ignoré des courants de pensée proches et intéressants. Il a laissé de côté la pensée de la relation et de l’organisation pourtant similaire qui s’est développée avant lui, puis parallèlement. Vers les années mille neuf cent vingt, les philosophes Samuel Alexander et Lloyd Morgan bâtirent une théorie connue sous le nom d’évolutionnisme émergent, qui supposait l’apparition de configurations de plus en plus complexes. Lorsque la complexité franchit certains seuils, des propriétés nouvelles émergent et ce processus conduit à des niveaux d’organisation successifs. Une théorie des niveaux d’intégration (Theory of integrative levels) a été proposée par les philosophes James K. Feibleman et Nicolaï Hartmann au milieu du XXe siècle et, presque simultanément, par Werner Heisenberg en 1942. Cette vision du monde fut popularisée par Joseph Needham dans les années 1960.

Curieusement, le structuralisme a laissé de côté la pensée systémique (Bertalanffy), alors que, dans le principe, il en est très proche. La différence entre structure et système est parfois nulle au point que les structuralistes parlent parfois de « système ». Ferdinand de Saussure parle de système, nous avons cité précédemment Michel Foucault, on peut aussi faire appel à Claude Lévi-Strauss qui a écrit en 1955 : « L’ensemble des coutumes d’un peuple est toujours marqué par un style ; elles forment des systèmes. Je suis persuadé que ces systèmes n’existent pas en nombre illimité, et que les sociétés humaines, comme les individus dans leurs jeux, leurs rêves ou leurs délires ne créent jamais de façon absolue, mais se bornent à choisir certaines combinaisons dans un répertoire idéal qu’il serait possible de reconstituer » (Tristes tropiques, p. 183). La méthode vise à reconstituer cette combinatoire, c’est-à-dire un système. La différence est faible, elle tient à ce que la pensée structuraliste est plutôt portée sur les rapports fixes, la reproduction, l’invariance, alors que la pensée systémique est plutôt dynamique.

La volonté de trouver l’explication dans la synchronicité est devenu un dogme structuraliste qui s’est appliqué au point de dénier à l’histoire et aux évolutions toute vertu explicative, ce qui est évidement impossible, car il n’y pas de génération spontanée des organisations humaines quelles qu’elles soient. Une partie du mouvement structuraliste, reprenant la séparation culture/nature, a eu la volonté de donner une prééminence au culturel. Il y a évidemment une difficulté à nier l’histoire et valoriser la culture, car il faudrait que celle-ci soit sans histoire.

Sur le plan idéologique, on trouve chez certains structuralistes un antihumanisme. Cette attitude est motivée par la constatation d’une hétéronomie objective : l’homme serait déterminé par des structures qui lui sont extérieures (celle du langage, celle de l’économie). L’humanisme est vu comme une mystification. Mais, il y a un danger à passer de la défense théorique d’un déterminisme structural et de la critique du sujet à une dévalorisation de l’humain, qui est une position idéologique ayant des conséquences politiques.

L’antihumanisme de certains structuralistes participe de ce qu’on nomme l’idéologie postmoderne et son désenchantement. Le structuralisme y a participé par sa volonté de chasser le sens pour la réduire à un jeu de signifiants. Mais, il ne s’intègre que pour partie à la postmodernité, car les divers structuralismes ont toujours maintenu l’idée d’une validité de la science, ce que la postmodernité conteste.

Une partie des auteurs déclarés structuralistes se sont exprimés dans un langage obscur et ésotérique, ce qui exclut de pouvoir prétendre à une quelconque scientificité (pourtant revendiquée).

6. Conclusion : un effacement transitoire ?

Bien que mettant en avant une méthodologie intéressante, le structuralisme a pâti de ses excès, au point qu’il semble, au XXIe siècle, s’être dissout. Parti d’hypothèses heuristiques et d’une forme de modélisation valide, sa tendance totalisante (tout expliquer et par ce seul modèle) l’a discrédité, car on pouvait difficilement y adhérer sans exclure les autres approches, par ailleurs intéressantes. Ce superbe isolement du structuralisme est artificiel ; il a été favorisé par la mode intellectuelle qui l’a survalorisé au détriment des courants complémentaires. On peut très bien associer le modèle structural à une approche diachronique (historique ou génétique) et fonctionnelle.

On peut penser que les mouvements d’idées désordonnés, mais dynamiques et productifs dans les sciences de l’homme durant la seconde moitié du XXe siècle, dont le structuralisme a fait partie, participent de la période préscientifique (ou mieux protoscientifique) décrite par Thomas Kuhn, période pendant laquelle une multitude de doctrines se pressent et se concurrencent, avant qu’intervienne un paradigme qui les unifie pour un temps.

Pour l’avenir, le problème épistémologique de fond est de savoir si une approche globalisante est plus intéressante, dans les sciences humaines et sociales, qu’une approche analytique. Il semble bien qu’une vision d’ensemble permette de trouver des modèles explicatifs et prédictifs intéressants et ainsi d’obtenir une scientificité accrue, par comparaison avec une approche purement descriptive et compréhensive.

Reste le difficile problème ontologique. Du point de vue ontologique, l’approche structurale donne-t-elle une indication sur ce qui fonde l’humain et le social, à savoir son caractère organisé, ou doit-elle être considérée comme une théorisation commode et rien de plus ?

Ces aspects épistémologiques concernent aussi bien le structuralisme que la pensée systémique ou holistique qui sont des approches voisines. Après l’effacement transitoire du structuralisme, il n’est pas impossible qu’une synthèse entre ces approches concurrentes se produise.

 

Bibliographie :

Auger P., « Le nouveau visage de la science », in La science contemporaine, t. 2, Paris, PUF, 1964.
Cuisenier J., « Le structuralisme du mot, des idées et des outils », Esprit, mai 1967.
Dosse F., Histoire du structuralisme, Paris, La découverte, 1992.
Foucault M., entretien, La Quinzaine Littéraire, n°5, 15 mai 1966.
Granger G.-G., Essai d’une philosophie du style, Paris, Armand-Colin,1968.
Piaget J., Le structuralisme, Paris, PUF, 1968.

Note : Pour plus de détails sur les différents structuralismes voir les articles sur Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault, Noam Chomsky.

 


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24-03-2017

Postmodernisme

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Des mêmes auteurs

Bernard Elissalde

A partir du texte éponyme de Jean François Lyotard, paru en 1979, les débats autour de la question du postmodernisme ont connu un important développement dans notre discipline, notamment parmi les géographes anglo-saxons. On a coutume de distinguer la postmodernité qui caractérise les manifestations d’une époque et d’une société dans son opposition à la modernité et aux transformations technologiques et sociétales de l’époque précédente ; et le postmodernisme qui appartient au domaine de l’épistémologie. Ce deuxième terme concerne un courant de pensée qui remet en cause le projet scientifique issu de la philosophie des Lumières.

Les positions de départ du postmodernisme se fondent sur une remise en cause des modèles interprétatifs dominants dans les sciences sociales et seraient influencés par des effets de contexte. Elles s’appuient sur l’idée que la fin du XXème siècle aurait connu une double rupture à la fois épistémologique et socio-économique. La nécessité pour le chercheur d’en tirer les conséquences intellectuelles peut se résumer par la formule : « concepts changeants dans un monde changeant ». Nous serions en train de vivre une transition majeure dans la trajectoire historique de l’économie globale et de l’évolution géopolitique. Le fait que nous soyons au seuil d’une nouvelle époque justifierait un réexamen des orthodoxies théoriques dans les sciences sociales.
A la base des ouvrages fondateurs du postmodernisme en géographie [(D.Harvey : The condition of postmodernity (1987) et E.Soja : Postmodern Geographies (1989)] on trouve des interrogations sur la dynamique du monde actuel et sur la nécessaire réinsertion du spatial dans les sciences sociales. E.Soja part du constat que dans les sciences sociales, « l’hégémonie de l’historicisme dans la conscience théorique a occulté une sensibilité comparable à la spatialité de la vie sociale ». Cet historicisme serait l’une des caractéristiques de la pensée moderne et notamment de penseurs du XIXème siècle ou du début XXème tels que Marx, Marshall, Weber, ou Durkheim, qui ont en commun dans leurs théories un surdéveloppement de la contextualisation historique et se rejoignent pour donner la priorité au temps et à l’histoire par rapport à l’espace et à la géographie. Le projet postmoderniste souhaite au contraire contribuer à la reconnaissance de la validité d’une approche spatiale autant que temporelle dans la compréhension de la vie sociale contemporaine

A partir de là le courant postmoderniste s’articule autour de quelques problématiques récurrentes :
a) Celle des modèles de connaissances et des représentations de la réalité. Celle-ci passe par la déconstruction systématique, plus que la simple critique, des cadres de pensée  » modernes  » par les géographes postmodernistes (D. Gregory, R. Martin, G. Smith, M. Dear etc.) La géographie postmoderne aurait pour objectif d’édifier une géographie humaine critique centrée sur « les luttes émancipatrices de tous ceux qui sont marginalisés ou opprimés par la géographie spécifique du capitalisme » (Soja 1989).
Les centres d’intérêt de ces auteurs se dirigent vers la restructuration socio-spatiale qui suit la fin des Trente Glorieuses, l’avènement du postfordisme et du régime d’accumulation flexible et dans le domaine urbain, vers les nouvelles structures émergentes des grandes métropoles nord-américaines : edge-cities, gated communities et world cities, seraient les indices d’un tournant important dans la dynamique socio-spatiale. Ce redéploiement et l’émergence d’un « new capitalism » permettent de constater que le capitalisme ne serait pas uniquement un processus historique mais aussi géographique.. Prolongeant les réflexions de E.Soja et A.Scott qui considèrent Los Angeles à la fois comme une ville hors norme et aussi comme la préfiguration des métropoles mondiales, M.J.Dear tente d’élaborer un modèle alternatif pour interpréter en dehors du cadre fourni par les paradigmes de l’Ecole de Chicago.
Selon M.J.Dear, la ville devient un assemblage de parcelles fragmentées dans laquelle la relation entre le développement d’un espace et le non-développement d’un autre est aléatoire ou cloisonnée, ce qui lui permet de remettre en cause à la fois la logique des économies d’agglomération privilégiant les centres urbains et le schéma conventionnel de la ville, au profit d’un  » collage discontinu de paysages consumérisés « .

b) La seconde problématique se situe dans la filiation des idées de M.Foucault sur les relations entre pouvoir et savoir. La géographie postmoderniste souhaite abandonner un discours d’expert qui parle à la place de ceux qui n’ont pas la parole et se propose donc de faire entendre la voix de tous ceux qui ne se situent pas dans une quelconque position de pouvoir ou de dominance (minorités, cultures non-occidentales,  » gender geographies « , etc). Par rigueur intellectuelle et souci de justice à l’égard des groupes dominés, de telles études ne peuvent être appréhendées à travers des grilles interprétatives forgées par la pensée dominante. Elle se complète par des réflexions sur l’identité et l’invention d’identités nouvelles : métissages, mixité, etc

Cette seconde problèmatique débouche logiquement sur le problème du relativisme des discours et pose la question de la vérité en sciences sociales. Prendre une posture qui affirme le relativisme généralisé des théories et la multiplicité des « vérités » pose la question de la validation scientifique des travaux en sciences sociales. A partir du moment où l’on brise le mythe de l’extériorité et de la distance du chercheur par rapport à son objet de recherche les travaux vont davantage se situer dans l’univers de la compréhension que dans celui de l’explication. Ainsi pour R.Martin « For postmodernists, there is no singular or absolute truth ; but multiple « truths » and « stories ». The task of explanation therefore becomes one of discourse analysis and deconstruction, of revealing the discursive structures, ideological beliefs and textual strategies that we use, consciously or unconsciously, to establish the context and persuasiveness of our different knowledge claims » (R. Martin 1994).
Deux axes de réflexion découlent de cette citation. Si la production de connaissances en sciences sociales ne relève que du domaine discursif, les questions de son utilité sociale, de l’indifférenciation entre la vérité et l’erreur, du renouvellement des connaissances scientifiques se trouvent posées. Cette omission permet de faire l’impasse sur une des bases de la science contemporaine, fondée, non seulement sur une vigilance critique à l’égard de ses propres démarches, mais également sur la mise au point de critères précis de validation de ses travaux ou enquêtes. Malgré ces réserves, cette citation ne constitue pas simplement une position de principe dont la portée pratique serait sans lendemain, accordons-lui le mérite de faire aussi resurgir en géographie la vieille question de la légitimité sociale des diagnostics sur le territoire et l’de l’espace, tout comme celle de l’utilisateur final de toute expertise spatiale. A qui sont destinés les écrits des géographes et quels usages en font les destinataires ?

Le travail de déconstruction des discours disciplinaires joint à la défaillance des grandes interprétations du monde conduit d’autres postmodernistes à un relativisme radical réduisant l’idée de progrès scientifique à une composante de l’impérialisme occidental. Ce relativisme fondé sur l’idée de l’incommensurabilité non seulement des théories scientifiques entre elles, mais aussi des sciences, des mythes et des religions, ont pu être influencé par un auteur comme P.Feyerabend (Adieu la raison, ed Le Seuil, 1989, p338) qui considère qu’ » il n’existe aucune raison objective pour préférer la science et le rationalisme occidental à d’autres traditions [_.] Toutes les cultures ont des raisons objectives en leur faveur »

Ce rôle du contexte socio-économique de la fin du XXème siècle en tant que justification du postmodernisme et de la postmodernité pose la question de l’adéquation entre théorie et réalité du monde. Est-on en présence d’un simple suivisme de l’actualité -le changement spatial existe, les grands métropoles se transforment – qui se nourrirait d’un déficit d’intelligibilité, une sorte de réponse momentanée de la pensée rationnelle au manque de visibilité du monde ?

A travers ces prises de position se trouve posée la question de la production de connaissance nouvelles par les géographes postmodernistes et de la disproportion dans leur écrits entre la partie « déconstructive » et les apports nouveaux en termes d’interprétation du monde. Le contraste fréquent chez les postmodernes, entre la justesse du diagnostic sur le changement d’état des phénomènes ou des objets d’études et leurs difficultés à produire de nouveaux concepts et de nouvelles théories interprétatives justifie de s’interroger sur les raisons de la défaillance scientifique finale : s’agit-il d’une défaillance de  » l’outil  » postmoderne ou faut-il incriminer la complexité de l’objet qui échappe au filet interprétatif ?

Bernard Elissalde

BIBLIOGRAPHIE

Dear M.J., 2000, The postmodern urban condition, Oxford, Blackwell Publishers
P.Feyerabend, Adieu la raison, ed Le Seuil, 1989, p338
D.Harvey : The condition of postmodernity (1987)

S.Lash. »Postmodernism or Modernism ? » in J.Doherty et E.Graham, dir : Postmodernism and the social sciences (1992)

J.F. Lyotard, La condition postmoderne. Rapport sur le savoir, ’(Paris, Ed de Minuit, 1979)

R.Martin, Economic theory and human geography, in D.Gregory : Human geography, society, space and social sciences (Mac Millan, 1994)

E.Soja, Postmodern Geographies, (Londres, Verso, 1989)

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23-03-2017

A Agadir ;les diplômes universitaires ne sont pas chezrs

Dans son   édition no 1334  du 20 mars 2017, le quotidi

Dans son   édition no 1334  du 20 mars 2017, le quotidien arabophone ALakhbar  a publié un dossier spécial sur la falsification de hauts diplômes universitaires   ayant permis à certains « étudiants » d’intéisgrer la fonction publique , de se promouvoir , de préparer même des thèses de doctorants…

Les héros du scandale

Selon le quotidien ,le principal suspect serait un certain Omar Hilli , ex vice-recteur de l’Université Ibn Zohr d’Agadir puis recteur à la place d’un certain Abdefadil Bennani .Son complice ne serait autre qu’Ahmed Saber , doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines  de la même université .Quant ce recteur  fut reconduit dans ses fonction en 2015 malgré  la séries noire de ses actes , tout le monde fut choqué  vue les  graves dérapages administratifs dont il est responsable et surtout sa  gestion catastrophique  du budget de l’établissement .

Pour ce qui est du népotisme et du clientélisme , ce responsable  serait un vétéran dans la matière .Il désigna  des vice-présidents ,la responsable des marchés, le secrétaire général de la faculté de Taroudant en fonction de leur appartenance politique  et syndicale ;le PPS et le PJD  .En bons termes  avec les « maitres » du gouvernement, il  passa ensuite   à  son neveu qu’il affecta comme responsable de l’imprimerie « DELTA  ACT » , du projet «  OCP SKILLS » de tout le pole universitaire Ait Melloul…L’épouse du neveu chanceux  eut traversé  plusieurs   établissements comme administratrice   semant arrogamment la zizanie là où elle pa

Une falsification systématique

Le 25 Mars , l’Université D’  Agadir approuva  la création de diplômes  d’université dans le cadre de la formation continue et conformément à l’ article 8 de  la loi 00-01 .Bien évidemment lesdits diplômes d’université ne sont pas équivalents à ceux livrés par l’Etat : licence, master ou doctorat. L’Etat  seul  dispose de l’habileté  d’approuver les équivalences après  la réception des demandes à ce sujet  selon les dispositions du décret2.01.33  promulgué  le 21 juin 2001

Dans  ce cadre , deux spécialités furent alors créées au sein de cette université :tourisme et communication ,   Langue et culture amazigh.   Les étudiants officiels présélectionnés poursuivant gratuitement  leur formation le jour pour décrocher des master  tandis  que les autres-fonctionnaires- qui payent -étudient le soir  dans le cadre de la formation continue  pour obtenir un diplôme d’université DU   . Or , les responsables de l’université  dont les noms sont susmentionnés , ont dépassé leur compétence et ont troqué les DU contre des masters et des masters spécialisées   en contradiction  flagrante avec les lois du pays. Mêmes des relevés de notes bidon ont été créés pour étayer cet octroi illégitime   que mêmes les procès-verbaux des  délibérations réfutent      . C’est ce qui prouve que le crime est prémédité. Un flagrant délit de falsification qui nécessite l’ouverture urgente d’une enquête judiciaire.

 Une autre façon de discrétiser l’Etat

Plus de  63  inscrits dans les cours du soir , au lieu d’un simple diplôme d’université ont pu acquérir des masters et des masters spécialisés. Les cas  abondent :des «  étudiants » ayant eu le DU  au cours de la promotion  2008 -2012 et  dans la même spécialité ont pu avoir un master et un master spécialisé antidatés , c’est-à-dire en 2011

Ces astuces malpropres  n’avaient pas plu au responsable local qui fut muté  arbitrairement loin d’Agadir  tandis que son épouse fonctionnaire dans le même établissement  fut obligée de partir en retraite anticipée.

Omar Hilli , fixé dans son poste n’hésitait pas   à échanger ces UD pour des masters et des masters spécialises .Le journal rapporte les cas d’ « étudiants ayant obtenu le DU en avril et l’ont échangé pour des masters en novembre.

Les bénéficiaires:militants du PPS et du PJD

Les bénéficiaires sont des fonctionnaires , des syndicalistes  ,des militants…comme  ces deux pejedistes qui travaillent dans la présidence de l’université  qui furent inscrits en 2010 et  obtinrent leur diplôme en 2011 c’est-à-dire ils ont fait une année pour avoir un DU –master. Il s’agit, selon le même quotidien , de Moubarak Laasri   recruté dans l’administration de la même université  alors qu’il exerçait auparavant le métier d’agent de sécurité qui s’est inscrit en suite  dans le cycle du doctorat .L’autre cas c’est  Ahmed Abou Abdallah désignée comme secrétaire générale de l ENCG de Dakhla…Le comble de l’absurde c’est que toute la promotion de 2010-2012 avait  obtenu leur faux master en une année et ce pour bénéficier de la promotion  par les diplômes clôturée avec l’avènement du gouvernement du PJD

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en arabophone ALakhbar  a publié un doss

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21-03-2017

La falsification des diplômes au Maroc

 

Dans son   édition no 1334  du 20 mars 2017, le quotidien arabophone ALakhbar  a publié un dossier spécial sur la falsification de hauts diplômes universitaires   ayant permis à certains « étudiants » d’intégrer la fonction publique , de se promouvoir , de préparer même des thèses de doctorants…

Les héros du scandale

Selon le quotidien ,le principal suspect serait un certain Omar Hilli , ex vice-recteur de l’Université Ibn Zohr d’Agadir puis recteur à la place d’un certain Abdefadil Bennani .Son complice ne serait autre qu’Ahmed Saber , doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines  de la même université .Quant ce recteur  fut reconduit dans ses fonction en 2015 malgré  la séries noire de ses actes , tout le monde fut choqué  vue les  graves dérapages administratifs dont il est responsable et surtout sa  gestion catastrophique  du budget de l’établissement .

Pour ce qui est du népotisme et du clientélisme , ce responsable  serait un vétéran dans la matière .Il désigna  des vice-présidents ,la responsable des marchés, le secrétaire général de la faculté de Taroudant en fonction de leur appartenance politique  et syndicale ;le PPS et le PJD  .En bons termes  avec les « maitres » du gouvernement, il  passa ensuite   à  son neveu qu’il affecta comme responsable de l’imprimerie « DELTA  ACT » , du projet «  OCP SKILLS » de tout le pole universitaire Ait Melloul…L’épouse du neveu chanceux  eut traversé  plusieurs   établissements comme administratrice   semant arrogamment la zizanie là où elle passait.

Une falsification systématique

Le 25 Mars , l’Université D’  Agadir approuva  la création de diplômes  d’université dans le cadre de la formation continue et conformément à l’ article 8 de  la loi 00-01 .Bien évidemment lesdits diplômes d’université ne sont pas équivalents à ceux livrés par l’Etat : licence, master ou doctorat. L’Etat  seul  dispose de l’habileté  d’approuver les équivalences après  la réception des demandes à ce sujet  selon les dispositions du décret2.01.33  promulgué  le 21 juin 2001

Dans  ce cadre , deux spécialités furent alors créées au sein de cette université :tourisme et communication ,   Langue et culture amazigh.   Les étudiants officiels présélectionnés poursuivant gratuitement  leur formation le jour pour décrocher des master  tandis  que les autres-fonctionnaires- qui payent -étudient le soir  dans le cadre de la formation continue  pour obtenir un diplôme d’université DU   . Or , les responsables de l’université  dont les noms sont susmentionnés , ont dépassé leur compétence et ont troqué les DU contre des masters et des masters spécialisées   en contradiction  flagrante avec les lois du pays. Mêmes des relevés de notes bidon ont été créés pour étayer cet octroi illégitime   que mêmes les procès-verbaux des  délibérations réfutent      . C’est ce qui prouve que le crime est prémédité. Un flagrant délit de falsification qui nécessite l’ouverture urgente d’une enquête judiciaire.

 

   Une autre façon de discrétiser l’Etat018.jpg

Plus de  63  inscrits dans les cours du soir , au lieu d’un simple diplôme d’université ont pu acquérir des masters et des masters spécialisés. Les cas  abondent :des «  étudiants » ayant eu le DU  au cours de la promotion  2008 -2012 et  dans la même spécialité ont pu avoir un master et un master spécialisé antidatés , c’est-à-dire en 2011

Ces astuces malpropres  n’avaient pas plu au responsable local qui fut muté  arbitrairement loin d’Agadir  tandis que son épouse fonctionnaire dans le même établissement  fut obligée de partir en retraite anticipée.

Omar Hilli , fixé dans son poste n’hésitait pas   à échanger ces UD pour des masters et des masters spécialises .Le journal rapporte les cas d’ « étudiants ayant obtenu le DU en avril et l’ont échangé pour des masters en novembre.

Les bénéficiaires:militants du PPS et du PJD

Les bénéficiaires sont des fonctionnaires , des syndicalistes  ,des militants…comme  ces deux pejedistes qui travaillent dans la présidence de l’université  qui furent inscrits en 2010 et  obtinrent leur diplôme en 2011 c’est-à-dire ils ont fait une année pour avoir un DU –master. Il s’agit, selon le même quotidien , de Moubarak Laasri   recruté dans l’administration de la même université  alors qu’il exerçait auparavant le métier d’agent de sécurité qui s’est inscrit en suite  dans le cycle du doctorat .L’autre cas c’est  Ahmed Abou Abdallah désignée comme secrétaire générale de l ENCG de Dakhla…Le comble de l’absurde c’est que toute la promotion de 2010-2012 avait  obtenu leur faux master en une année et ce pour bénéficier de la promotion  par les diplômes clôturée avec l’avènement du gouvernement du PJD

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19-03-2017

Une démocratie sans espoir ou des espoirs sans démocratie?

Une démocratie sans horizons , des horizons sans démocratie ou une vie sans démocratie ni horizons. A propos ,les horizons pour moi c’est  l’Espoir.

Pendant longtemps ,  le Maroc sombrait dans une vie où par la force des choses, il existait des horizons  sans démocratie. Bien que tortueux ,il y avait des chemins que le petit peuple empruntait pour  arriver à destination ;de petits espoirs  poussaient  ci et là, mêmes des sourires  arrivaient en fin de compte  à  faire surface  sur des visages  sculptés par  les peines et l’âpreté…

Mais maintenant,  nous vivons sans démocratie ni horizons. Le petit peuple est laissé-pour-compte ; la démocratie marocaine est une mascarade  où le petit peuple  absolument majoritaire,  rongé par l’angoisse du désespoir, jouait , les larmes dans les yeux, le rôle de comparse.

Le comble de l’ironie c’est que le PJD, parti politique d’obédience islamiste ,  est en train d’instaurer un régime capitaliste sauvage  qui viendrait ou qui est déjà venu au bout des bribes d’espoir qui existent  par miracle jusqu’à maintenant.

Maintenant au Maroc , l’Ecole et la Santé   ne sont plus gratuites .Sans aucune réserve , ce parti prétendant avoir été élu par le peuple procède sans répit  ni scrupules au démantèlement de ces structures sociales .Même la caisse de compensation  qui assuraient le minimum pour la  survie du malheureux peuple est anéanti .Le tragicomique c’est que ce parti, faisant parti des brigades islamistes internationales,   veut créer une bourgeoisie et une élite. Pour se faire , il a privatisé ce social et l’a offert                            a ses adeptes pour les commercialiser et il a lâché ses  militants pour qu’ils investissent les études supérieures afin de devenir des « douctours

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07-02-2017

Des objets et des scandales sexuels dans les médias du Maroc ??

 Un abus sexuel 1236075_222626714562647_1367515655_n

Une journaliste stagiaire à la deuxième chaîne marocaine 2M aurait été  exploité  sexuellement  par  le plus  haut responsable de la boite en contre- partie d’une promesse d’embauche .

     Selon Assabah du lundi 6 janvier en cours, la a jeune  fille  , ex mannequin , serait en possession de « documents « compromettants  ,  selon le quotidien arabophone  relayé  par  le site d’information Badil, ، cette fille  aurait écrit sur son mur : «  si on était vraiment dans un pays  démocratique ,Kamal Cheikh serait en prison  comme Saad Lmajarad accusé de viol et q incarcéré  en France .Mais il parait que nous vivons dans la jungle .Il est permis à tout haut responsable disposant d’une parcelle de pouvoir de violer ,de harceler et d’exploiter   comme bon lui semble  surtout si la  victime n’est  qu’une   femmes .  Vous pouvez la maltraitez  comme  vous voulez  »

Des larmes et des remords

Au cours d’un échange téléphonique entre  une jeune fille  et un homme supposés être la victime et le coupable  , on entend une voix féminine étouffée , saccadée  exprimant une dépression profonde .On apprend  qu’il y a eu une agression , un viol  que l’interlocuteur se trouve sans parole pour  commenter ou  justifier . A travers des gémissements larmoyants , des sanglots et des plaintes, la voix féminine geint  les remords pour ce qu’elle aurait subi dans l’enceinte d’ un établissement où elle aurait aimé réaliser ses rêves après son le stage. Il est question  dans cet enregistrement  non authentifié  d’un abus sexuel dont l’auteur ne serait autre que K C  qui lui aurait promis  de l’épouser  mais qui l’aurait abandonnée aussitôt son désir assouvi. La  prétendue stagiaire ,et d’une voix faible presque inaudible  y  s’adresse à son dupeur : « comment imaginer l’état d’une  jeune fille «  abusée sexuellement par un chef à qui elle avait imploré une simple intercession  en vue de lui permettre de garder son emploi »

Benkirane  ne se soucie que de son clan
Pareils faits sont fréquents dans les milieux professionnels marocains.Au fur et à mesure que BenKirane a resserré l »étau sur  le droit des citoyens a trouvé un travail à même de leur permettre une survie, le cours du népotisme , du clientélisme et du népotisme  s’active .En fait , la corruption   sous le gouvernement des islamistes  a atteint des proportion redoutables .Le malheur c’est la  fausse monnaie a pu chasser la bonne ; croyez-moi.Ce qui se passe actuellement au Maroc est horrible.L ‘ère de Basri serait une vraie démocratie quand on est quotidiennement choqué par des informations qui nous apprend que les meilleurs fonctionnaires , les juges les plus intégrés , les enseignants les plus illustres sont renvoyés chez eux car leur profils ne cadrent plus avec le nouveau régime de Benkirane qui veut mater le pays après avoir hypnotiser les uns et  désespérer les autres, puis offrir le pays à l’organisation secrète des  Frères Musulmans 

Si c’est vrai………………………………….

Des types comme ce responsable  accusé par cette jeune fille  serait un  vautour qui sucent le sang du peuple avec un salaire d’une dizaine de million mensuellement et champignon vénéneux    qui  s’épanouit dans un champ irrigué par le désespoir,le malheur et la misère  de millions de jeunes  des jeunes  prêts a tout les sacrifices pour atteindre  un droit fondamental,Malgré son modernisme illusoire , un tel type incarnerait  la perversion , l ‘abus du pouvoir , le mépris du peuple , l ‘absence de la démocratie…En un mot ce serait le symbole du Maroc de l ‘injustice,de l ‘humiliation , de la corruption , de a prostitution ….

  

 

 

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21-01-2017

L ‘ISLAM HUMANISTE EN DEUIL AU MAROC

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Une  idiotie et une vilenie minent Facebook

Le cheikh de la confrérie -  zouia  Boudchichia -  feu Hamza Ben Abbas vient de décéder. Une zaouïa qui est  l’un des derniers bastions   prospères du soufisme sunni au Maghreb .Un soufisme tel qu’il a été pratiqué par de vastes couches de la société marocaine depuis des siècles.

Ce décès aurait du  passé inaperçu  dans  la  rubrique nécrologique sans  qu’il n ait eu d’ incidence  sur l’éphéméride de cette journée   de ce rAVT_Mahdi-Elmandjra_6725ude janvier s’il n’ avait pas soulevé des remous   boueux  chez des conscience brouillées  à bout d’imagination  qui tire sur tout ce qui bouge en croyant atteindre l’oBjectif .

Il est  tragique de constater que les rancunes et les haines ont effleuri dans des consciences rouillées plongées dans l ‘éther  transparent  d’un facebook   domestiqué et dompté par des   misérables incultes  et incrédules  qui n’ont point la force de leur volonté mais seulement la fièvre de leurs instincts.Ceux qui récusent tout ce qui ne cadre pas avec leurs illusions .Ceux qui ont perdu tout pilotis et s’offrent comme des treilles fanées et salies

Dorénavant , facebook est utilisé  à mauvais escient à l’ instar de la voiture ,des mass-médias, du sport…C’est un espace ou les opprimés sans conscience passent leur temps à hbenkiéler et fulminer …Ils l’ont transformé en une maison close , un espace délétère, puant…

DES  TyRANS EN PUISSANCE

Au lieu d’aiguiser leur  conscience politique et affronter  les décisions arbitraires et anti populaires  des autorités , des voix se sont élevées pour dénoncer la pratique soufie et se  contenter de la mort du cheikh au nom d’un militantisme  fade  enté sur un rationalisme tordu.   Ils oublient que Le principe  des principes de toute conscience démocratique vouée au militantisme  consiste à respecter, voire à sacraliser la liberté des gens. Ils sont des centaines de milliers à intégrer cette confrérie de bon gré sans jamais     se munir d »am,bitions ou de mensonges politiques.

Des pseudo rationalistes

Il y en a qui sont allés jusqu’à comparer fantastiquement    un grand intellectuel engagé  qui est Feu Mahdi Manjra et Cheikh Hamza pour s ‘en prendre à l’Etat qui a  privilégiée l’un au détriment de l ‘autre. Quelle folie. Il parait qu’une bonne partie de ces activistes  font preuve  d’une espièglerie  et d’un aveuglement nourris par une rancune viscérale  suicidaire.L’ignorance et la lâcheté y est pressentes

DES ANTENNES  LOCAUX  DES frères musulamns

Chez les pejedistes ; les choses sont claires, il s’agit pour eux d’un ennemi déclaré ;les confréries soufies sont la négation de l’Islam politique. D’ailleurs , ce parti , omniprésent au Maroc actuel , n’a pas daigné présenter des condoléances  à cette occasion. Le PJD   s’auto-sacralise,  son chef  est considéré  comme un envoyé de la providence. Le sacré et le religieux, il croit que c’est leur  fief…Une haine  innommée les enflamme car pour eux même le Maroc n’existe que comme un élément du puzzle  concocté par Les frères musulmans  décidés à conquérir le monde pour lui imposer   son khilafat

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