24-07-2015

Salaires et islamistes

Dans le siège d’une compagnie d’assurance

J’attendais mon tour pour remettre mon dossier d’assurance maladie  au jeune fonctionnaire  qui ne cessait de sourire. Il était seul à s’occuper d’une file interminable  de personnes venues de partout .Sa collègue ,qui  le côtoyait  ,s’était   retirée quelque part…La chaleur du début de l’été se faisait bien sentir  bien que la vaste salle fut climatisée.  Un silence  doux  et limpide régnait. Les bribes de mots échangées ci et là , étaient à peine audibles. C’était un après-midi  ramadanesque.

Des petits fonctionnaires qui errent

Debout , les sièges étaient tous occupés,  Je contemplais le   jeune  qui souriait spontanément chaque  fois qu’on lui remettait un nouveau dossier. Il  faisait à peine la trentaine , un légère barbe ornait son petit visage où se mêlaient innocence et maigreur, où seul  le regard clair et franc  révle une  maturité  étrangement ferme .   Les gens qui se présentaient devant lui étaient de petits fonctionnaires   dont l’allure     lasse et  triste  contrastait avec   la somptueuse salle de la compagnie d’assurance .Ils s’introduisaient  timidement à l’intér

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ieur du building  à travers de géants portails surveillés par de robustes  agents de sécurité.  A les voir  errer  dans les ruelles  adjacentes   fastidieuses de ce coin de Casablanca , on dirait qu’ils sont    vraiment    étrangers  dans ce  bled qui les avait vus peut-être  naitre .

Un retraité plein d’énergie

Un siège venait de vaquer, je m’y suis vite jeté. Je méditais la foule qui s’égrenait  le  long du comptoir en métal brillant  derrière lequel le jeune homme  à l’agréable humeur  ne se fatiguait point d’offrir ses belles paroles et son rassurant sourire . Derrière moi , il y avait  un  homme aux joues bombés et pourpres, il faisait la soixantaine .Je l’avais aperçu  dès mon arrivée, il y avait une chaise libre à côté de lui mais je n’avais pas cherché à m’y assoir  Mon regard eut croisé le sien , j’y ai lu une invitation  que j’ai refusée  sans réfléchir. Il était corpulent , peut-être  je n’ai pas voulu le contraindre à se contracter  un peu  pour me libérer le passage ou je n’étais pas prêt à  parler étant   sans forces  à cause du jeun.

Un salaire très bas

L’homme ventru  à côté du qui je n’ai pas voulu m’assoir semblait  avoir trouvé à qui parler :

« … et dis combien tu touches ?  Tu es affilié dans quel organisme ?… »

D’une  voix incertaine et fatiguée ,  son interlocuteur  essayait de ne pas répondre mais l’autre insistait.

« Eh  bien je touche 2500DH, deux mois avant c’était seulement 2250Dh.Je suis retraité. J’étais soldat et j’ai  fait l’essentiel de  ma carrière au Sud ».

« C’est quoi ce salaire , ce n’est même pas 100dirhams par jour ?! » rétorqua le gros qui se mettait alors  à parler  à bâton rompu :

«  tu sais il y a quelques mois , quand je venais ici , il y avait peu de monde, les fonctionnaire n’étaient pas encore au courant des services rendus par cette compagnie…Moi j’étais dans l’enseignement. Mon premier jours du travail  avait coïncidé avec  un étrange  début  de ramadan,   on nous avait  ordonné de jeuner après le petit-déjeuner  . Ils venaient d’apercevoir tard le croissant …»

Un islamiste dans la salle

Le voisin qui se trouvait à ses côtés restait muet mais un autre  lui ré

pliquait :

« Ce problème de croissant n’est qu’un prétexte pour  diviser la Oumma islamyya .Nous sommes tous des musulmans , nous devons commencé et terminé le jeun  à la même date »

 

Le  gros  dont je reconnaissais alors la voix riposta  vivement par ce verset coranمْ

.. «  مِنْكُمُ شَهِدَ فَمَنْ, quiconque d’entre vous voit   le croissant, doit  jeuner »

« Une seule Nation , une seule religion » annonça autoritairement l’homme debout

Le gros s’emporta et s’interrogea  : « une seule nation doit ou non  psa

lmodie à haute voix le coran au moment de l’enterrement. ?? Je viens de participer à un enterrement , je fus choqué de l’ambiance  inhumaine qui y régnait , on dirait qu’n enterrait un chien, ni compassion , ni larmes , ni même de la tristesse …C’est cela la  seule nation et la seule religion… ???? »

L’intrépide  attaqua , il y beaucoup de manifestations et des pratiques non islamique qu’il faut combattre , les banques, le travail de la femme , l’alcool… » le gros qui s’apprêtait  à quitter son siège car son tour était  arrivé , ne rata pas l’occasion pour taquiner  le barbu qui le contrariait :

iSALMISTES AVEC GROS SALAIRES

« oui justement c’est comme un grand directeur de cette compagnie même qui lui et sa femme   50000DH  et 40000DH et  disent qu’ils sont musulmans , s’interdisent d’ acquérir un logement à crédit  et payent un loyer d10000Dh  , ils ont quand même de quoi mais tant pis pour les autres  qui les  autres qui font comme eux alors qu’ils pataugent dans la misère »

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07-07-2015

La daechisation s’accélère en Tunisie

Le drame  ressenti  après   la disparition de trente jeunes Tunisiens de  la région de Ramada   de la  province de Tetaouine, ayant  rallié  les  foyers de tension    continue  de  soulever de grandes  controverses  au sein des médias et de l’opinion générale quand  une autre « fugue » massive   et spectaculaire a  eu lieu ; trente  cinq personnes  sont parties  faire le djihad le mardi 7juillet à l’aube.

Selon  une déclaration à une radio locale faite par un  témoin oculaire, l’escapade   a été  instigué voire organisée  par  le plus vieux  contrebandier  qui  a embarqué son épouse    au sein d

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u groupe composé , entre autres, d’ un  handicapé, d’  un élève âgé  de 15 ans  ,  d’un  fonctionnaires ,de trois   officiers de l’armée nationale, l’un d’eux  est   pilote de chasse  et de  beaucoup de  jeunes en chômage

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Selon cette même source , qui a  voulu gardé l’anonymat   , le vieux contrebandier est bien  connu pour  avoir déjà envoyé beaucoup de Tunisiens vers la Syrie ,son intégrisme et son dévouement inconditionnel  pour DAECH n’échappent point aux services de sécurité et pourtant  rien n’a été entrepris à son égard .Pour ce même observateur , l’absence des mesure de  la  surveillance et de la  vigilance seraient  vraiment étrange et  inquiétante.

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29-06-2015

Justice farfelue ,foule folle et femmes sacrifiées

Encore un sit-in élitiste

Un sit-in  de militantes féministes et activistes des droits de l’homme  a eu lieu  dans la  Place des Nations Unies à Casablanca  en signe de solidarité avec deux filles  accusées d’atteinte à la pudeur et aux mœurs    p

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ubliques à Agadir Inezga

ne. Deux filles  dont le délit est d’avoir porté des habits  jugés   provocateurs  .Traquées par une foule en délire , les deux filles s’étaient refugiées dans une boutique ,elles l’ont échappé belle grâce à l’intervention des forces de l’Ordre. Ces dernières les avaient arrêtées et présentées devant le parquet d’Inezgane   Poursuivies  en état de liberté , leur  chef d’accusation  est un comportement vestimentaire  jugé contraire au goût des extrémistes.

Le sit-in était animée par les éléments de l’élite. Les mêmes figures  qu’on rencontre à chaque manifestation protestataire. Une élite politique et sociale qui se gargarise de ses convictions sans se soucier d’aller vers les masses  et  les impliquer  dans son action. Une grandes foules de citoyens se baladait dans les lieux   sans  rien comprendre de ce qui se déroule sous ses yeux. Pourquoi cet affaissement  et cet isolement alors que ce qu’on défend concerne toute la société ?  Si vraiment on veut confirmer une certaine identité moderniste ,émancipatrice et démocratique, il faudra construire  les ponts avec les masses. Si on continue ainsi , bientôt il n’y aura plus rien !!!

La foule en délire

La foule qui a traqué les deux filles d’Inezgane est la même qu’on peut rencontrer dans n’importe quelle ville du Maroc . C’est ,bien entendu , le prélude à une folie collective meurtrière. Je me rappelle de ce que m’avait raconté

notre voisine  , de nationalité algérienne , qui s’était rendue en Algérie , à Blida , pour  rendre visite à sa famille qu’elle n’avait jamais connue auparavant. Elle portait une robe , la foule là-bas l’avait lapidée, elle avait risqué  de justesse la mort. C’était vers les années quatre vingts. C’est à dire au moment où les islamistes algériens avaient  déjà conquis les masses qui avaient voté pour eux puis brandis les armes…

La lutte doit être globale

Autrement dit , il faut mener la bataille au sein de ces masses mêmes à l’intérieur de leur cerveau !!!Mais ces masses  déculturées  s’abreuvent en cachette et en public de la culture intégriste…L’Ecole publique et ses acteurs sont liquidés, les mass-média continuent sans relâche leur œuvres abrutissantes, l’Etat même privilégie les mesures sécuritaires, s’abstient de corriger les injustices  sociales et politiques .en témoigne l’attitude scandaleux du parquet d’Inezgane qui a concédé ses compétences à la foule aguerrie et enragée. Un coup fatal pour l’Etat de droi

t et de loi   Quant à  la société, elle est tiraillée entre l’opportunisme et l’extêmisme.Si on n’arrive pas à avoir et à  saisir les opportunités en vue de réaliser ses intérêts personnels , on bascule consciemment vers l’extrémisme…Certains extrémistes sont de parfaits opportunistes. Les antivaleurs  dans la politique  sont la monnaie courante mais en société elles nourrissent une hypocrisie criarde…Est-ce impossible de faire quelque chose ?

DAECH et facebook

« Nous sommes tous contre Al Ahdath Almaghribya » est une page du facebook qui donne un bel aperçu  sur la vraie mentalité de la foule…On y trouve même des incitations à l’assassinat des journalistes et des intellectuels. Said Lakhal , un intellectuel qui s’est spécialisé dans la critique des thèses islamistes au Maroc  est menacé directement … C’est grave mais rien n’est entrepris pour endiguer la dérive  qui secoue déjà les esprits des masses .Said Lakhal a appelé les familles à faire attention à leurs enfants  au cas où ils commencent brusquement à pratiquer la religion …Lakhal veut dire évidemment que les parents doivent protéger leurs enfants de l’intégrisme…Mais en chœur, les commentaires  l’ont inondé d’insultes , qualifié d’impie, d’athée, d’apostat… un élan nauséabond de spéculations  ouvertement hypocrites et mensongères.

 

 

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28-06-2015

Le terrorisme est-il une fatalité?

DAECH déverse mort et  haine

Trois attentats  simultanés dans trois continents ,des centaines de victim

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es innocentes , une consternation  profonde et une perplexité insensée chez  les responsables et surtout au sein de l’opinion publique  .On dirait des étincelles jail

lissant de la zone  funèbre animée par DAECH  qui   poursuit  ses massacres au vu et au su du monde entier .Plus de 150 civils, dont  des p

ersonnes âgées, des femmes et des enfants  ,ont été massacrés. C’est l’un des grands   carnages  de civils commis par DAECH  depuis la découverte en décembre dernier des corps de 230 membres de la tribu d’Al Cheitaat dans un charnier dans la province orientale de Daïr Az Zour.  Les ondes de la mort qui transpercent les frontières , les cerveaux  et détruisent  nos rêves

Le complot du silence

Au Maroc, à l’exception de l’Etat qui renforce ses mesures sécuritaires et d’une partie de la société civile qui s’émeut sans pouvoir  rien mobiliser  , le terrorisme est vécu comme une fatalité. Et qui dit fatalité  octroie une certaine légitimité  à ce phénomène  purement inhumain, immoral, irréligieux …

Pourquoi donc on   se recroqueville  dans un attentisme  et une résignation suspects ? Pourquoi ne procède-t-on pas  à séparer le bon grain  de l’ivraie?

Pavé jeté dans la marre stagnante

Au cours de cette semaine , Sayyed AlKomni , un intellectuel égyptien était invité par une association pour parler des lectures « terroriste » du coran opérées par les intégristes  voire par tous ceux qui se réclament de l’islam politique ;un pavé  jetée dans la marre  sans pour autant engendrer l’effet voulu sauf chez les ultras de l’intégrisme  qui ont revendiqué carrément la dissol

ution de PAM , parti Authenticité et Modernité, qui a organisé l’événement.  En fait, Sayyed Al Komni n’a fait dans ses interventions que rappeler que la sacralisation des luttes idéologiques et politiques de l’Histoire de l’Islam est la source des maux que nous vivons actuellement.

Le terrorisme ,une fatalité ?

Il est triste de constater que par exemple chez les facebookiens , les points de vue  qui dominent n’arrivent point à se démarquer des réactions naïves ou des calculs politiciens.  Sans réticence aucune , on ne peut que suspecter le PJD, les islamistes soi-disant modérés au pouvoir. Grace à leurs « bases » et  leur position aux commandes du pouvoir au Maroc , ils ont la possibilité  d’agir et de  dénoncer le terrorisme intégriste avec une certaine  efficacité. Mais malheureusement ils ne font rien .Au contraire , ils lâchent certains de leurs  grands gueules pour   contrecarrer toute tentative  de faire face à cette folie meurtrière qui s’épanouissent dans les cerveaux  des masses.

La théorie du terrorisme :« Celui qui exerce la politique sans religion se laïcise , celui qui pratique la religion sans politique se catholicise (devient comme un prêtre), celui qui arrive à détenir religion et politique atteindra le succès »

, l’auteur de cette réflexion est Ahmed Rayssouni , un wahhabiste  fondateur du PJD mais « mis à l’écart » pour agir plus librement  en faveur de son parti. Il s’agit  de la règle fondamentale de l’Islam politique. Evidemment,  pour dominer la société et les esprits , il faut d’abord  attaquer la laïcité et  la mystique , lesquelles sont considérées comme des ennemis déclarés de l’islam politique que ces islamistes  veulent passer pour le vrai islam.

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21-06-2015

L’Ecole au Maroc ;des angoisses royales à l’instauration des anti-valeurs

Ce que je crois

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Moi je ne suis pas journaliste, je suis enseignant et je suis mal à l’aise  dans ma peau. Mon métier  ne me permet guère de m’exprimer ni de m’épanouir. J’ai décidé plusieurs fois de braver la loi du silence  et j’en ai fait les frais.   Je dis bien que le complot contre l’Ecole marocaine est total, minutieusement préparé et scrupuleusement exécuté. Ma certitude  est la suivante ; la volonté de plonger le peuple dans l’ignorance  pour  l’abrutir  est belle et bien  réelle  . Mais pourquoi donc cette volonté du mal ?

Les  angoisses de Hassane II  dissipées par Basri

Il me semble  que la réponse demeure dans la lutte des classes. Mais une lutte truquée car les  adversaires  ne  disposent pas des mêmes armes. Feu Hassane II se plaig

nait toujours des enseignants qu’il avait qualifiés une fois de pseudo-intellectuels. Il les accusait d’inciter les élèves et les étudiants aux grèves. Feu Basri , plus royaliste que le roi, traduisait les angoisses et les impressions royales en programmes d’action inéluctables.

Le processus de la  liquidation  de l »Ecole marocaine

Pour liquider l’Ecole du peuple , il fallait  d’abord  aliéner , bailler et neutraliser le co

rps enseignant .C’est dire  mettre hors d’état d’agir-de nuire- ou de réfléchir l’acteur principal du  faire  éducatif .

Les procédés mis en œuvre pour liquider ce corps étaient nombreuses ;

-          Les sanctions arbitraires  qui allaient des  licenciements              abusifs jusqu’à la condamnation à de lourdes peines de prison de ceux  qui représentaient une  élite avant-gardiste en symbiose avec les mouvances sociopolitiques. Les grèves menées par la CDT vers la fin des années 70  avaient  mis la puce à l’oreille aux autorités  makhzéniens.  La nécessité d’anéantir    ce corps était devenue une urgence.  En ce faisant l’espace politique  serait sinon   empoisonné du moins  apprivoisé.

-          Les réformes   fatales qui avaient pour objectif fondamental    d’appâter une partie de cette élite   tout en semant les  injustices  et surtout   en encourageant   la vilenie, l’opportunisme , l’intérêt personnel… Tout  en faisant miroiter les opportunités de promotion devant le corps enseignant , le maghzen s’était attelé à désarticulé l’université et surtout à dévaloriser les diplômes et l’effort personnel. Autrement dit, l’Etat a donné le coup de grâce à l’Enseignement en Interdisant tout effort personnel d’apprendre et d’aspirer légitiment à la promotion. Il s’est érigé en maître absolu capable de  faire le beau et le mauvais temps. La promotion  professionnel dans le secteur de l’Education était devenue alors l’apanage de l’Etat qui l’octroie   pour des raisons politiques.

-          Le sabotage  de l’Ecole  a commencé par l’instauration d’une ambiance où  le mépris du savoir  et de tous les efforts fournis pour l’acquérir  étaient  les bases.

-          Le clientélisme duquel  avaient profité une bonne partie des « militants syndicalistes et politiques ».D’abord , les enseignants ,   sans conscience ni science, qui ont été « élus » sous les bannières des partis appelés à l’époque administratifs ont raflé tous les privilèges. Car  ils étaient les éléments clef qui  qui ont permis au makhzen d’ouvrir une brèche monumental  dans ce corps  qui  était tout le temps appelé à jouer un rôle déterminant au sein de la classe moyenne susceptible de guider les changements et les réformes.

-          Cette instrumentalisation pernicieuse  de l’administration pour étouffer et déshonorer  le corps  enseignant a conduit à une certaine aliénation où l’enseignant  exécute les ordres  sans discuter …Paupérisé et réprimé, le salut personnel   est devenu son objectif suprême.

-          Cette politique a instauré les anti-valeurs,  ses conséquences s’étaient faites ressentir par les partis politiques…Devenus politiquement   précaires où les  parvenus et  les opportunistes de toutes les couleurs nichaient , ils étaient incapables de se dresser ou d’exécuter un minimum de leurs programmes alors qu’ils avaient accédé aux commandes. Les luttes d’intérêts personnels étaient tellement exacerbées qu’elles avaient débouché sur des scissions partisanes et syndicales.

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14-06-2015

De la démocratie au Maroc : usages sociaux des normes juridiques et conceptualisation politique des principes de justice

Sommaire
Droit et société au Maghreb

De la démocratie au Maroc : usages sociaux des normes juridiques et conceptualisation politique des principes de justice

Jean Zaganiaris
p. 459-478

Entrées d’index

Géographie :

Maroc

Haut de page

Notes de l’auteur

Merci à Abderrahim El Maslouhi pour la précieuse lecture qu’il a effectuée de la première version de ce texte.

Texte intégral

« Dans la justice, on se réclame d’une conformité, même si c’est à des règles qu’on invente, à une transcendance qu’on prétend dévoiler ou à des sentiments qui vous poussent. La justice, la justesse, sont de mauvaises idées. Y opposer la formule de Godard : pas une image juste, juste une image. C’est la même chose en philosophie, comme dans un film ou une chanson : pas d’idées justes, juste des idées. »

Gilles Deleuze, Claire Parnet, Dialogues.

1Les espoirs démocratiques n’appartiennent pas uniquement à l’Occident mais également à tous les Marocains, les Algériens et les Tunisiens aspirant à vivre dans une société où les droits et libertés de chacun seraient garantis. Toutefois, plutôt que prescrire aux sociétés du Maghreb une conception universaliste du droit, de la justice ou bien de la démocratie, il serait préférable d’examiner de quelle manière celles-ci s’approprient certains principes universels garants du bien-être commun de l’humanité et comment elles construisent des normes juridiques, des principes de justice, des visions politiques. Si on l’aborde sous l’angle des sciences humaines et sociales, l’étude du droit permet d’analyser les éléments empiriques à travers lesquels les populations sont agencées et gouvernées. Ensuite, elle contribue à clarifier les données contextuelles à partir desquelles les normes juridiques se sont édifiées, imposées mais aussi réceptionnées et utilisées de différentes façons au sein des sphères sociales. Enfin, elle interroge les paramètres politiques et éthiques d’une civilisation donnée, censés contribuer au bien être collectif mais aussi individuel des personnes. Le droit n’existe pas sans des acteurs sociaux qui produisent et utilisent son contenu. Il n’existe pas non plus sans la vision normative de ces mêmes acteurs, souhaitant impulser ou imposer certaines visions du monde au sein de l’espace public, en fonction de ce qu’ils estiment être « bon » ou « juste » pour la société. Si la norme juridique possède ses conditions sociales de production au sein du champ, ainsi que des usages sociaux qui lui sont propres, elle se rattache également à une idée de justice de la part de ceux qui la produisent ou l’utilisent.

  • 1  Aristote, Ethique à Nicomaque, Paris, J. Vrin, 1994, p. 216.
  • 2  Ibid., p. 220 : « L’homme le plus parfait n’est pas l’homme qui exerce sa vertu seulement envers (…)
  • 3  Sur cette question, A. Lamchichi, Islam, islamisme et modernité, Paris, L’Harmattan, 1994, p. 107 (…)
  • 4  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité », in(…)

2Pour Aristote, l’homme juste est celui qui respecte l’égalité entre les êtres, ne prend pas plus que son dû et obéit aux lois de la cité, censées apporter bien-être et bonheur à tous les citoyens1. La justice est une vertu, lorsque celui qui la pratique ne cherche pas uniquement son bonheur privé mais aussi celui des autres2. Au sein de l’islam, la notion de justice (‘adl) est liée à la « piété » et à la solidarité entre musulmans, ainsi qu’à l’appel de la « commanderie du bien » et à « l’interdiction du mal »3. Les liens existant entre le droit, la justice et la démocratie interpellent notre monde contemporain et soulèvent des questions importantes : quelles sont les conceptions de la justice dans une société donnée et de quelle manière sont-elles conciliées avec le droit pour favoriser la transition démocratique ? À travers quels processus et quels usages interprétatifs le droit devient-il un instrument visant à faire avancer certaines revendications estimées être « justes » par les acteurs ? Quelles sont également les conceptions de la démocratie au sein des pays maghrébins et de quelle façon le droit incarne-t-il un facteur important de démocratisation aux yeux des populations ? Pour tenter d’apporter quelques éléments de réponse à ces questions, nous nous intéresserons à la phase de « démocratisation » que connaît le Maroc depuis 1999. Cette année est importante pour comprendre la nature de ce fait social complexe que l’on nomme la « transition démocratique ». Elle est marquée par l’intronisation de Mohammed VI, nouveau souverain affichant une volonté de changement, notamment par rapport à l’image démocratique de la nation marocaine. À partir de là, dans un contexte marqué par les attentats du 11 septembre 2001 et par la deuxième guerre du Golfe, un ensemble d’événements juridiques et politiques se sont produits au Maroc et montrent la nature spécifique de sa démocratisation : réforme de la Moudawwana (code de la famille), ayant conduit au début 2004 à l’égalité entre la femme et l’homme au sein du couple (cette réforme a été accompagnée d’un grand débat de société) ; élections législatives de 2002 qui ont été marquées par l’essoufflement de la gauche au pouvoir et par l’essor du PJD au sein du champ politique ; attentats du 16 mai 2003 à Casablanca qui vont conduire à des renforcements sécuritaires déplorés par les militants des droits de l’Homme; affaires de justice « médiatisées », telles que l’emprisonnement du journaliste Lamrabet, de jeunes écoutant du black-métal ou de filles d’Agadir, qui ont été présentées et discutées au sein de l’espace public ; formation de l’IER (Instance équité et réconciliation) qui a organisé des auditions publiques des victimes torturées au cours des « années de plombs » ; un projet de loi sur les partis politiques ainsi que des discussions récentes sur une loi contre la torture au Maroc ou sur l’éventualité d’abolition de la peine de mort ; un grand débat public sur « l’islamisme » (mot par ailleurs aux usages problématiques et controversés), qui se termina par une grande manifestation le samedi 29 janvier 2005 à Rabat, entre les « progressistes » et les « islamistes » à propos de l’article du journal Attajdid, qualifiant la catastrophe du Tsunami de « châtiment divin ». Bien que tous ces événements politiques, présentés certes rapidement, nous montrent la spécificité de la démocratisation marocaine, nous pensons, avec Jean Leca, qu’il serait souhaitable de ne pas évincer trop rapidement les pays arabo-musulmans des théories comparatistes concernant les valeurs et les régimes démocratiques4.

  • 5  N. Bouderbala, « La régulation par le droit au Maghreb : une approche critique », La lettre du CJB (…)

3Dans un contexte où la norme juridique représente une caractéristique décisive pour renforcer la régulation démocratique de la société et permet d’offrir à tous les citoyens des garanties et des libertés fondamentales5, il est important d’examiner la nature des rapports entre « droit » et « démocratie », en s’intéressant aux concepts et aux pratiques sociales. C’est ce que nous ferons dans une première partie, en insistant sur l’exemple du Maroc. Toutefois, si l’on veut penser les espérances démocratiques au sein de la nation marocaine, il faut se pencher aussi sur les liens entre, d’une part, les « principes de justice » et, d’autre part, les usages sociaux et intellectuels des normes juridico-politiques. Si l’on admet que la « justice » ne se limite pas au « judiciaire » et qu’elle a trait également avec les confrontations entre les représentations antagonistes du monde, les interrogations normatives sur ce qu’est une « société juste » ne peuvent être évincées. C’est ce que nous présenterons dans une 2e partie.

Penser le « droit » et la « démocratie » au Maroc : pour une complémentarité des approches conceptualiste et contextualiste

  • 6  M. Weber, Le savant et le politique, (trad. fr.), Paris, 10/18, 1963.
  • 7  J. Habermas, Droit et démocratie, entre faits et normes, (trad. fr.), Paris, Gallimard, 1997, p.  (…)
  • 8  J. Habermas, L’espace public, archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la socié (…)
  • 9  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 80-96.

4Les sciences humaines offrent deux types d’approche pour penser le droit. La première a trait avec la philosophie politique. La dimension juridique est abordée dans une architecture intellectuelle visant à penser les bases morales et politiques de l’État de droit. Selon Jürgen Habermas, le « droit » est relié à la « démocratie » dans la mesure où il permet de penser la nature des rapports entre gouvernés et gouvernants. Le travail sur les normes juridiques s’inscrit dans une tentative extrêmement fructueuse, visant à proposer un modèle de substitution au paradigme de Max Weber sur la domination6. Au rapport vertical entre gouvernant et gouverné, justifié par le monopole de la physique légitime, Habermas propose un rapport horizontal entre État et citoyens, légitimé par la participation du plus grand nombre à la construction législative7. Dans son livre L’espace public, Habermas décrit le processus au cours duquel le public, constitué par les individus faisant un usage autonome de leur raison, s’approprie la sphère publique contrôlée par l’État et la transforme en un lieu de communication8. C’est au sein de toutes ces surfaces situées en dehors du domicile (de la sphère domestique), que les individus discutent et débattent entre eux des affaires qui les concernent et que se crée ce que l’on nomme la « société civile », constituée d’acteurs affranchis des tutelles politiques et religieuses. Dans Droit et démocratie, Habermas revient sur ses positions et reconnaît qu’il est nécessaire de tenir compte des impératifs de la domination, c’est-à-dire des sphères de gouvernance chargées de garantir la stabilité de la société, notamment par l’application du droit9. En même temps, il prend position pour un espace public radicalement démocratique, avec un État Providence non paternaliste capable de venir en aide aux plus démunis sans forcément provoquer en retour une perte d’autonomie de la société civile.

  • 10  Y. Sintomer, La démocratie impossible ? Politique et modernité chez Weber et Habermas, Paris, L (…)

5Pour Habermas, l’espace public est une sphère communicationnelle de libre expression et de libre accès, où l’opinion communiquée émergerait à partir de discussion entre des protagonistes, se trouvant dans une « situation de communication idéale » et faisant appel à des arguments rationnels. Dans cet espace public, le droit est ce qui permet de concilier deux pôles apparemment antithétiques, à savoir la « légitimation démocratique » et la « domination politique »10. À travers l’expérience délibérative, Habermas montre que les individus peuvent participer directement ou indirectement au processus législatif, que ce soit par le biais du suffrage universel ou bien par le recours à la communication, pour interpeller le pouvoir et faire entendre des revendications au sein de l’espace public :

  • 11  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 204. Y. Cusset a montré que chez Habermas, l’éth (…)

« Les discussions menées par représentations ne peuvent satisfaire à cette condition d’une participation égale de tous les intéressés que si elles demeurent perméables, sensibles et ouvertes à toutes les suggestions, à tous les thèmes et à toutes les contributions, à toutes les informations et raisons qui lui arrivent d’un espace public pluraliste, lui-même structuré en fonction de la discussion, et donc pauvre en teneur de pouvoir et proche de la base11. »

  • 12  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 248-251.

6Habermas plaide pour des univers sociaux pluralistes où les normes juridiques produites et appliquées pour rendre justice sont le fruit d’une interaction effective entre les dirigeants politiques et la société civile, et non pas une imposition de normes forgée par les délires décisionnistes du pouvoir et à laquelle les sujets doivent se soumettre passivement12.

  • 13  Sur le débat Rawls-Habermas, voir leur contribution respective dans J. Habermas, J. Rawls, Débat s (…)

7Des conceptions analogues, liées à la problématique générale de la contractualisation entre l’État et la société civile, sont également présentes chez le philosophe politique américain John Rawls. Adoptant une démarche beaucoup plus philosophique qu’Habermas, qui reste l’héritier d’une tradition pluridisciplinaire impulsée par les tenants de l’École de Francfort13, John Rawls rattache le droit à la théorie de la « justice comme équité » :

  • 14  J. Rawls, Théorie de la justice, [1971], (trad. fr.), Paris, Seuil, 1987. p. 90.

« Le caractère inévitablement vague des lois en général et le vaste champ qu’elles offrent à l’interprétation encouragent un certain arbitraire dans le processus de décision que seule une fidélité à la justice peut réduire14. »

8Pour limiter cet arbitraire, John Rawls a recours à un instrument analytique qui est celui de la position originelle. Les partenaires rationnels et raisonnables sont placés dans une situation où ils ne connaissent pas leur propre position sociale et au sein de laquelle ils ne peuvent donc élaborer des principes pour leurs avantages privés :

  • 15  Ibid., p. 560.

« Le voile d’ignorance nous empêche de constituer notre conception morale en fonction de nos intérêts et de nos attachements particuliers. Nous ne considérons pas l’ordre social à partir de notre situation, mais nous adoptons un point de vue que chacun peut adopter sur un pied d’égalité15. »

  • 16  J. Rawls, Libéralisme politique, Paris, PUF, 1995, p. 28.
  • 17  Ibid., p. 131-132 ; voir aussi J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, op. cit., p (…)

9Dans ce système, la norme juridique est secondaire et fait partie des outils visant à concilier les impératifs de « justice » et « d’égalité » avec les principes d’une société libérale. John Rawls a affirmé que l’un des enjeux politiques de nos civilisations actuelles est de comprendre de quelle façon on peut établir les principes d’une société « juste », constituée de citoyens libres et égaux mais qui possèdent chacun des doctrines raisonnables différentes16. Constatant que ces derniers ne peuvent unanimement se mettre d’accord sur aucune autorité morale, Rawls plaide pour une conception « constructiviste » de la coopération sociale qui soit « politique » et non pas « métaphysique ». Il prend position pour un recours à la raison pratique, susceptible de conduire les citoyens à trouver des principes de justice que tous peuvent accepter, quelles que soient les doctrines « compréhensives » d’ordre moral, philosophique ou religieux auxquelles ils se rattachent17.

  • 18  N. Bouderbala, P. Pascon, « Le droit et le fait dans la société composite, essai d’introduction au (…)
  • 19  Sur les questionnements que la sociologie pose au droit, voir l’introduction de L. Israël, G. Sacr (…)
  • 20  Sur ces attaques, voir P. Bourdieu, Méditations pascaliennes, Paris, Seuil, 1997, p. 67-68.
  • 21  Sur cette approche, voir P. Bourdieu, « La force du droit. Éléments pour une sociologie du champ j (…)
  • 22  P. Bourdieu, « La force du droit. », op. cit., p. 4.

10Un deuxième type d’approche, que nous pouvons désigner comme étant contextualiste, considère que le droit n’est pas autonome par rapport à la société et qu’il faut aller voir dans les pratiques sociales la nature de « ce conglomérat de pratiques juridiques que le formaliste a érigé en système »18. À ce niveau, il faut reconnaître l’apport important des questionnements de la sociologie juridique : Comment est-ce que le droit est produit ? Comment est-il appliqué ? Comment est-ce que certains groupes sociaux se saisissent et utilisent le droit ? Comment est-ce que des pratiques juridiques se créent en dehors de ce qu’il est communément admis d’appeler le droit 19 ? Comme l’a indiqué notamment Pierre Bourdieu, il est difficile d’étudier les registres juridiques sans tenir compte de leurs conditions sociales de production ainsi que de l’aspect proprement sociologique de leur réception. Dans ses attaques contre « l’épistémocentrisme herméneutique de la lecture » considérant le langage comme « un objet d’interprétation » et de « contemplation » plutôt que comme un instrument d’action et de pouvoir20, le sociologue français invite le chercheur à faire abstraction de l’aspect proprement philosophique de l’État de droit pour s’intéresser aux mutations et aux usages sociaux des différentes normes juridiques21. Les pratiques et les discours sur le droit sont le produit du fonctionnement d’un champ juridique. L’enjeu n’est pas d’interpréter le contenu des œuvres constitutionnelles ou législatives mais d’examiner la réalité sociale au sein de laquelle est produit le droit. Il ne s’agit pas de dire ce qui est « juste » pour la société mais d’étudier empiriquement de quelle façon les différents agents, qu’ils soient dominants ou dominés, expriment leur conception personnelle de la « justice », et de mettre à jour les conflits latents et les rapports de domination existant dans les différents champs sociaux. Selon Bourdieu, le champ juridique est le lieu d’une concurrence pour le monopole « du droit de dire le droit »22. Les textes juridiques n’ont pas pour objet de penser la « démocratie » ou la « justice sociale ». Il s’agit de pratiques et de discours à travers lesquels se dessinent des enjeux spécifiques au champ, notamment celui visant à imposer une interprétation reconnue. Dès lors, en étudiant les conditions sociales de production des normes juridiques ainsi que des pratiques mises en œuvre par les agents, le chercheur en sciences humaines peut essayer de comprendre les mécanismes de fonctionnement de ce champ, notamment pour ce qui concerne l’imposition d’une vision « juste » de la « justice ».

  • 23  L. Boltanski, L’Amour et la Justice comme compétence. Trois essais de sociologie de l’action, (…)

11Ces deux approches montrent que l’étude du droit ne peut être abordée en se situant de manière exclusive soit dans « le conceptualisme », soit dans le « contextualisme ». En conciliant les apports de la théorie politique avec une étude des réalités empiriques des sociétés, il s’agit de penser les rapports entre les registres juridiques et les principes démocratiques dans une société administrée par les détenteurs de la violence physique légitime. Plutôt que de se demander de manière descriptive quels sont les différents « droits » (droits de la femme, droits de l’environnement, droits associatifs, droits de l’Homme) existant dans tel ou tel pays, nous voulons savoir, pour paraphraser un titre de Pierre Bourdieu, « ce que parler du droit au Maghreb veut dire » ? Cela signifie qu’au lieu de se demander abstraitement si le monde arabo-musulman est démocratique ou pas, il est préférable de savoir comment les Marocains, les Algériens et les Tunisiens interprètent et utilisent le terme « démocratie ». La nature des discours tenus par certains acteurs de la société civile marocaine (universitaires, journalistes, étudiants…) constitue un terrain d’enquête permettant d’examiner de quelle façon ces derniers parlent de la « démocratie », de « l’État de droit », des « droits de l’Homme ». Penser le droit au Maroc consiste également à savoir de quelle manière certaines catégories de la société civile marocaine pensent « la démocratie » et utilisent certains langages pour communiquer publiquement le fruit de leur pensée. En fonction de quelles conceptions de la justice et de la liberté mais aussi au sein de quelles contraintes (pour reprendre les termes de Boltanski23), les Marocains se réfèrent-ils aux valeurs, au concept ou bien au terme « démocratie » ? Quelles significations, quelles représentations et quels idéaux sont produits à partir de ce référent ?

  • 24  Sur la sociologie des discours étudiants tenus au sein de l’université, voir F. Rhissassi (dir.), (…)
  • 25  Ce travail sur l’usage du mot « démocratie » au Maroc ne peut être dissocié d’une étude plus large (…)
  • 26  Copie d’examen datant du 4 décembre 2006. Nous avons retranscrit les propos tels quels. De plus, i (…)
  • 27  Copie d’examen datant du 4/5/2006.

12Pour comprendre cela, il existe de nombreux terrains de la société marocaine qui méritent d’être analysés. Il est possible d’analyser les discours de certaines catégories de la société civile, notamment les enseignants et les étudiants de l’enseignement supérieur public ou privé, et s’intéresser à la manière dont le mot « démocratie » est étudié dans les salles de classe, dans les copies, dans les conférences, dans les colloques, dans les couloirs, dans les cafétérias24. Tout en n’étant pas dissociés des valeurs islamiques auxquelles les gens demeurent très attachés, les référentiels démocratiques se rattachent également à des significations fortement imprégnées par des idéaux politiques tels que les droits de l’Homme, les élections, le refus de la corruption et les garanties de libertés, notamment de liberté d’expression25. Certains discours étudiants sont très optimistes quant à la démocratisation qui a lieu actuellement dans le Maroc des années 2000, notamment depuis l’avènement du nouveau souverain : « Il y a des améliorations au Maroc, avec le nouveau roi qui a instauré la démocratie »26. Dans une autre copie, rédigée six mois plus tôt, nous avons pu lire des propos analogues : « Après la nomination de Mohamed VI au pouvoir, il est devenu évidant que le Maroc commence à se démocratiser lentement mais sûrement, et cela par la création de plusieurs associations privées et publiques, ainsi que par le changement de plusieurs décrets de loi dont la Moudawwana »27. Il ne s’agit pas de savoir si nos enquêtés ont raison ou pas de parler de cette manière, d’utiliser tel terme plutôt que tel autre mais plutôt de comprendre, à travers leur discours, ce que veulent dire les gens lorsqu’ils parlent de démocratie au Maroc. On voit que celle-ci est fortement liée dans les discours des étudiants à la personnalité du nouveau roi, mais également à des valeurs telles que la liberté d’expression :

  • 28  Copie d’examen du 4/5/2006.

« Depuis l’arrivée du roi Mohamed VI au trône en 1999, les marocains ont eu droit à la démocratie, soit à une liberté d’expression qui a commencé lorsque le roi a montré sa femme au peuple marocain (ce qui était inconcevable avant). Ce fut le très grand pas vers la démocratisation du pays parce qu’il a montré au peuple marocain qu’il n’avait rien à cacher et que si quelqu’un avait quelque chose à dire, qu’il le dise que ce soit des critiques ou des propos, car tout le monde a le droit de donner son avis et peut en parler à la lumière du jour28. »

13D’autres propos sont plus pessimistes dans leur conception de la démocratie et sur les possibilités de son existence effective au Maghreb :

  • 29  Copie d’examen du 4/5/2006.

« On parle beaucoup de démocratie au Maroc mais en réalité c’est de l’hypocrisie, en réalité il n’y a pas de liberté d’expression, mes parents m’ont appris à ne jamais parler de politique car sinon on risque la prison. Je ne peux pas faire ce que je veux au Maroc, je ne peux pas m’habiller comme je veux29. »

  • 30  Sur la distinction entre « libertés positives » et « libertés négatives », voir I. Berlin, « Deux (…)

14Cette vision « désenchantée » à l’égard de la démocratie montre que le souvenir des « années de plomb » ainsi que les formes de censure sociale sont des données importantes pour comprendre la nature de la démocratisation qui s’effectue actuellement au Maroc. Elle indique aussi qu’une société démocratique ne peut qu’être une société « juste », c’est-à-dire une société où les individus ne sont pas privés arbitrairement, c’est-à-dire « injustement », de certaines libertés considérées comme étant fondamentales à leurs yeux. Comme l’a montré Isaiah Berlin, la démocratie est définie par des « libertés positives » mais aussi par des « libertés négatives », telles que le fait de pouvoir se vêtir de la manière souhaitée dans l’espace public, sans se heurter à la réprobation moralisante30. Nous avons pu lire également dans des copies que la démocratie était une « utopie » non seulement au Maroc, mais aussi dans le monde entier. L’agression de l’Irak par les États-Unis est un argument souvent invoqué pour démontrer que l’Occident ne possède pas non plus de régime démocratique digne de ce nom. Pour certains, la démocratie au Maroc est une « hypocrisie ». Une étudiante écrit dans une copie :

  • 31  Copie d’examen datant du 4/12/2006.

« La démocratie au Maroc, c’est de l’hypocrisie. Il n’y a pas de liberté d’expression au Maroc ; des journaux tel que Tel Quel ou le Journal qui ont critiqué des tabous ont été condamnés […] Même les démocraties « soit disant avancées », ce sont elles qui ont colonisé le Maroc et au XXe siècle, ce sont elles qui font la guerre en Irak31. »

  • 32  Copie d’examen datant du 4/5/2006.

15D’autres personnes avancent des discours nuancés, proclamant leur foi en l’avenir : « Je vais conclure ma dissertation en affirmant qu’il y a une démocratie au Maroc ; peut-être pas au sens large mais je garde toujours espoir en notre pays »32. Quoi qu’il en soit, la démocratie n’est pas définie comme une notion extérieure à la culture marocaine ou bien étant contraire aux valeurs de l’islam. Peu de copies ou de discours oraux affirment que la démocratie et l’islam sont incompatibles, même si la complexité des liens entre liberté d’expression et religion est parfois évoquée.

  • 33  Sur la constitution des auteurs marocains en tant qu’objet d’étude sociologique, voir l’approche d (…)
  • 34  Sur cet aspect, A. Yassine, Islamiser la modernité, Al Ofok Impressions, 1998, notamment p. 42-43
  • 35  Ibid., p. 309.

16Un autre terrain pour étudier les usages sociaux et intellectuels du mot « démocratie » au Maroc peut être constitué à partir des écrits des intellectuels marocains33. Nous pouvons y trouver un vaste panorama des appropriations du terme « démocratie », s’étendant d’une conception émancipatrice et humaniste, voyant dans ce mot des espoirs de justice sociale, de droits humanistes octroyés et de pluralisme, jusqu’à une conception répulsive, considérant les valeurs démocratiques comme des modes de vie étrangers, imposées de l’extérieur par un Occident laïc, colonisateur, incapable de maîtriser la décadence en son sein34. Plutôt que de parler de « démocratie » (c’est-à-dire de « pouvoir du peuple, signifiant que le peuple se gouverne sans une autorité supérieure »), le Cheikh Yassine préfère utiliser le terme Choura qui signifie « consultation », c’est-à-dire « effort d’interprétation, d’adaptation et de compréhension pour mettre en pratique la Loi révélée que les hommes n’ont pas le droit de changer »35. Il affirme que la « démocratie » des musulmans est cette Choura et que la « transition démocratique » dont il est question au cours de la fin des années 1990 ne peut être dissociée de la « Loi coranique » :

  • 36  Ibid., p. 311.

« Les islamistes éprouvent quant à eux de sérieuses difficultés à faire comprendre aux démocrates laïques que la règle du jeu démocratique qu’on essaye d’imposer aux peuples musulmans ne prendra jamais racine tant qu’elle restera en porte à faux avec la Loi coranique. Comment expliquer aux laïques bien de chez nous et « tous musulmans » que la démocratie occidentale ne peut être appréhendée en dehors de l’itinéraire historique qui l’a vue naître et évoluer ? Dans quelle langue leur expliquer que la choura, jusqu’ici mise en veilleuse, ne peut être abstraite de son contexte coranique ? Dans la sourate ach choura, le politique est indissociable du social et celui-ci fait partie intégrante du religieux ; d’où l’ineptie laïque qui veut que le domaine du pouvoir et de son organisation soit séparé des préoccupations religieuses36. »

  • 37  A. Laouini, Satan et la démocratie, Impression Fedala, 2001, p. 15.

17Pour le Cheik Yassine « la démocratie » occidentale ne peut que nuire à la civilisation musulmane, à laquelle il convient d’appliquer plutôt des règles de vie et de gouvernement issu d’une interprétation fondamentaliste du Coran. Les ouvrages d’Ahmed Laouni, « Satan et la démocratie », publié en 2001 par l’imprimerie Fedala, ou bien « L’esclavage libérateur de la dictature des colons “démocrates” », publié aux éditions de Rabat Top Press en 2004 présentent la démocratie comme une « duperie » adressée par les régimes coloniaux aux musulmans. L’auteur rappelle que « seules les libertés déterminées par Dieu sont utiles » et « qu’il ne peut y avoir de démocratie sans religion monothéiste à sa base »37. Bien évidemment, l’auteur du livre possède sa conception personnelle sur le contenu de ces « libertés déterminées par Dieu », situées aux antipodes de celles « déterminées par la sincérité douteuse des hommes ».

  • 38  M. Mouaqit, Du despotisme à la démocratie, héritage et rupture dans la pensée politique arabo-musu (…)
  • 39  M. Mouaqit, Du despotisme à la démocratie, op. cit., p. 178.
  • 40  A. Abderraziq, L’islam et les fondements du pouvoir, [1925], Casablanca, Le Fennec, 1994.

18Ces propos ne résument pas la diversité des points de vue du champ intellectuel marocain. Le livre de Mohamed Mouaquit, Du despotisme à la démocratie : héritage et rupture dans la pensée politique arabo-musulmane, publié en 2003, contient un point de vue aux antipodes des précédents discours38. Dans cet ouvrage, cet universitaire casablancais retrace le rapport du monde arabo-musulman avec le concept de démocratie, et à la fin de l’ouvrage, il prend position pour l’avènement des modèles démocratiques, compatibles avec les référents islamiques. Mohamed Mouaqit se positionne autant par rapport à Abdallah Laroui parlant d’un islam des Lumières que vis-à-vis de Al Jabri reliant démocratie et islam à partir d’un point de vue théocratique. Fustigeant les usages du terme « démocratie » par les islamistes, il plaide pour un islam qui soit à la fois en harmonie avec sa spécificité historique et théologique. Au-delà de l’apport théorique fondamental que représente cet ouvrage, il montre également de quelle manière le concept de « démocratie » est utilisé par un intellectuel marocain communiquant au sein de l’espace public. Pour cet auteur, la démocratie est indissociable d’une « éthique non théologique » ou bien d’une « éthique politique humaniste » s’inscrivant dans les spécificités historiques et culturelles des sociétés arabo-musulmanes39. Abdou Filali-Ansary, directeur de la revue Prologues (une revue bilingue au Maroc), va beaucoup plus loin et se présente comme le partisan d’une conciliation entre « islam » et « laïcité ». S’inspirant d’Ali Aberraziq qui, dans un livre paru en Égypte en 192540, rappelait que l’islam était une religion et non pas un mode de gouvernement, Abdou Filali-Ansary écrit que les musulmans seraient beaucoup plus à l’aise dans une société laïque :

  • 41  A. Filali-Ansary, L’islam est-il hostile à la laïcité ?, [1997], Casablanca, Le Fennec, 1999 (…)

« D’un point de vue islamique on peut répondre lorsqu’on fait la part de la norme et celle de l’histoire, que la laïcité peut être un cadre, une forme d’organisation qui permet de travailler d’une manière plus intelligente et plus efficace à diffuser les bienfaits des systèmes politiques modernes et à limiter les injustices. Elle apporte avec elle non pas le libéralisme pur, mais la philosophie des droits de l’Homme et la démocratie, toutes deux des formulations modernes et des outils éprouvés qui permettent de réaliser les aspirations ou finalités que la religion s’est assignées41. »

19Pour Filali-Ansary, les sociétés musulmanes ne sont pas incompatibles avec la laïcité ou la démocratie.

20Il est capital de souligner que l’ensemble des intellectuels ayant utilisé le terme de démocratie ne dissocie pas celui-ci de l’islam, vis-à-vis duquel ils tentent de se positionner dans un pays où elle est religion d’État. Par contre, la divergence entre les auteurs a lieu au niveau de l’interprétation du Coran et du rapport à l’islam (relié soit à une éthique humaniste non théologique, soit à une ardente profession de foi, allant jusqu’au désir de vivre dans un État fondamentaliste ayant imposé la Charia). L’une des spécificités de ces discours d’intellectuels marocains est la volonté d’imbriquer ou de « désimbriquer » les valeurs démocratiques avec celles de l’islam, en fonction à la fois de l’incorporation personnelle du religieux et de la vision du monde à l’égard de l’Occident. Quoi qu’il en soit, ce métissage des cultures dans les paroles des enquêtés amène à s’interroger sur les rapports, les dialogues, les débats, les « intimités » pouvant exister entre la théorie politique démocratique et la société civile marocaine.

Droit, justice et démocratie au Maroc

  • 42  M. Charfi, Islam et liberté, le malentendu historique, Paris, Albin Michel, 1998, p. 64 ; voir l’ (…)
  • 43  Ibid., p. 10-12.
  • 44  Ibid., p. 75.

21Comme l’a rappelé Mohamed Charfi, le droit musulman classique est un corpus de règles juridiques traitant de tous les problèmes de la vie en société. Malgré la grande césure connue par la communauté musulmane (entre sunnites, chi’ites et kharidjites) et malgré la division de chacune des grandes familles en différents rites, le droit musulman semble garder une certaine cohérence42. Ce droit a progressivement régi la société musulmane citadine depuis le IIe siècle de l’hégire (VIIIe siècle après J. C.). Actuellement, même si l’influence occidentale s’est imposée comme une source importante de régulation, les processus de codification de la norme juridique que connaissent les pays du Maghreb continuent de puiser leurs sources au sein du droit musulman, notamment pour ce qui concerne le statut personnel. Une attention mérite d’être accordée à l’adaptation des principes divins, définis comme immuables car étant issus de la Révélation, avec les réalités sociales de l’époque contemporaine. Comment construire une norme juridique conciliant, d’une part, les impératifs religieux de l’islam qui, dans des pays comme le Maroc est « religion d’État », et, d’autre part, la diversité du rapport au religieux existant au sein des sociétés contemporaines auxquels le droit est censé s’appliquer ? Mohamed Charfi constate que « le régime juridique nouveau » qui s’implante dans les pays du Maghreb n’a rien à avoir avec la charia que souhaite instaurer les fondamentalistes43. Selon lui, « par plusieurs de ses aspects, la charia a été construite par les hommes, contre les principes coraniques »44. Le droit nouveau est adopté par le Parlement théoriquement issu du suffrage universel, alors que la charia est l’œuvre des théologiens. Selon le juriste tunisien, le droit pénal nouveau édifié au Maghreb est conçu pour réhabiliter le délinquant ou pour le mettre hors d’état de nuire, alors que le droit pénal charaïque est fait de châtiments corporels – notamment celui de la lapidation – dont le but est de faire souffrir.

  • 45  Sur les principes de gouvernance, voir P. Laborier, P. Lascoumes, « L’action publique comprise com (…)
  • 46  P. Vermeren a opté pour ce type d’approche : Maghreb, la démocratie impossible ?, Paris, Fayard, (…)
  • 47  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité » in (…)

22Le travail de construction de la norme juridique dans les pays arabo-musulmans pourrait être pensé à la lumière de cette rupture incarnée par la démocratisation des pays du Maghreb au sein de l’ère postcoloniale ainsi qu’à la lumière des pratiques de gouvernance45. Pour travailler sur cette question, nous devons nous positionner face à deux problèmes sérieux. D’une part, il faut se méfier de la position « colonialiste » ou « occidentalo-centriste ». Plutôt que de prescrire une conception occidentale de la démocratie au Maroc, il est préférable de s’intéresser à la manière dont la culture arabo-musulmane génère sa propre voie d’accès à la démocratisation politique46. D’autre part, on ne peut pas non plus adopter l’attitude « relativiste », qui est aussi parfois celle de la « muse enrôlée »47. Le chercheur ne peut qualifier de « démocratique » n’importe quel régime méprisant les droits humains les plus élémentaires. Face à ce double refus de la posture « colonialiste » et de la posture « relativiste », nous aurons une position critique vis-à-vis de l’universalisme des valeurs tout en refusant certaines formes de relativisme débouchant sur l’anti-humanisme et la caution des régimes despotiques.

  • 48  G. Sartori, Théorie de la démocratie, Paris, Armand Colin, 1973, p. 325 et p. 341.
  • 49  Sur le problème de l’effectivité des droits humains au Maghreb voir le dossier « Régimes politique (…)
  • 50  A. Lahouari, L’Algérie et la démocratie, pouvoir et crise du politique dans l’Algérie contemporain (…)
  • 51  G. Deleuze et F. Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, Paris, Minuit, 1991, p. 102-106. Ces (…)

23Bien souvent, l’universalisme des valeurs mène à imposer l’idéal démocratique comme étant réservé aux sociétés occidentales. Pour Giovanni Sartori, le concept de « démocratie » se limite à l’Occident car il est le seul à contenir le principal vecteur de démocratisation, à savoir le libéralisme48. Une démocratie ne peut être qu’une démocratie libérale, telle que la définit par exemple Alexis de Tocqueville dans son plaidoyer pour les libertés des individus et contre les dérives de l’égalité. Si Sartori a raison de refuser le relativisme terminologique pouvant conduire le « pseudo-démocrate » à parler de démocratie ou bien le « vrai démocrate » à employer le mot « démocratie » pour désigner les pays pseudo-démocrates, nous ne pouvons pas le suivre dans la délimitation du concept démocratie au contexte occidental et aux valeurs libérales. Il serait illusoire d’opposer un Occident démocratiquement respectable, soucieux du respect des droits et des libertés, à l’autoritarisme des régions prétendument « sous développées » ou « exotiques » du monde, incapables de respecter les valeurs humaines les plus élémentaires. Bien sûr, il ne s’agit pas d’occulter les victimes de toutes les pratiques inhumaines ou intolérables existant en Amérique latine, sur le continent africain ou bien en Asie49. En même temps, il serait discutable de réduire les nations du Maghreb à leurs aspects autoritaires, occultant ainsi une tradition pluraliste forte, telle que celle existant par exemple au Maroc, ou bien des expériences démocratiques telles que celle entamée en Algérie et qui a été dramatiquement bloquée en décembre 199150. Il serait également naïf de croire en la vertu des États occidentaux et à la perfectibilité de l’application en leur sein des grands principes démocratiques dont ils se réclament. Les violences policières et militaires de toutes sortes, le non-respect du droit par les gouvernants, les affaires de corruption de la classe politique ou bien encore les traitements inhumains infligés à la société civile ou aux flux migratoires ont montré les limites de la frontière instaurée entre les États prétendument démocratiques de l’Occident et les États prétendument autoritaires du monde arabo-musulman. Comme l’avaient indiqué Gilles Deleuze et Félix Guattari, l’histoire de la respectable social-démocratie européenne montre qu’elle n’a pas hésité à envoyer les forces policières armées réprimer les foules lorsqu’elles manifestaient pour crier leur famine ou bien pour revendiquer leurs droits51.

  • 52  A. Al-Azmeh, « Populisme contre démocratie. Discours démocratisants dans le monde arabe », in G. S (…)
  • 53  A. Oumlil, Islam et État national, Casablanca, Ed. Le Fennec, 1992, p. 66-69 ; on verra égalemen (…)

24La question qui se pose dès lors est de savoir dans quelle proportion les interprétations et les usages du terme « démocratie » relèvent des convictions ou bien des intérêts. Faut-il en déduire comme Aziz Al Azmeh que la profusion des discours sur la démocratie dans le monde arabe est liée à un artifice rhétorique et à une instrumentalisation des valeurs occidentales en fonction des intérêts des agents qui se les approprient 52 ? S’il est indéniable que la référence à des écrits et à des positions spécifiques à propos de la démocratie est tributaire des intérêts des agents au sein du champ (et qu’il y a certains discours employant les valeurs démocratiques qui s’adressent à certains publics spécifiques – l’usage du français plutôt que l’arabe n’étant pas anodin), il est difficile d’occulter les revendications, voire les convictions qui sont également susceptibles d’impulser des usages de ce terme53. C’est pour cela que l’on ne peut réduire la « démocratie » à son visage occidental et libéral, et prétendre que les discours démocratiques au Maroc ne sont uniquement que des artifices rhétoriques. Au contraire, sans avoir forcément un regard complaisant, il est nécessaire d’aller regarder les dimensions que revêtent les référentiels démocratiques dans les pays arabes, ainsi que les effets de réalité qu’ils impulsent lorsqu’ils sont réappropriés au sein de la société civile.

  • 54  A. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, GF Flammarion, 1981, vol. I, p. 55.
  • 55  Ibid., p. 424-425.

25Comme l’a montré Sartori dans son approche pourtant très « euro-centrique », nous pouvons trouver chez Tocqueville des pistes de réflexion importantes pour penser la démocratie en dehors de la sphère européenne. Dans De la démocratie en Amérique, celui-ci écrivait qu’il ne fallait pas « tourner nos regards vers l’Amérique pour copier servilement les institutions qu’elle s’est données, mais pour mieux comprendre celles qui nous conviennent, moins pour y puiser des exemples que des enseignements, pour lui emprunter des principes plutôt que les détails de ses lois »54. S’il existe des principes universaux qui la caractérisent, comme par exemple la substitution des « bonnes lois » à « l’arbitraire » du despote ou bien la garantie du « bien être » des citoyens, force est de constater que les pratiques démocratiques ne sont pas les mêmes selon les mœurs, les croyances, les passions, les mentalités, les consensus moraux, l’économie ou bien le passé historique des nations. Plutôt que de se rattacher à une vision occidentalo-centriste pour penser les théories politiques démocratiques, il faudrait au contraire suivre les pas de Tocqueville et radicaliser son approche méthodologique en faisant l’effort d’aller chercher « l’intimité » existant entre la « démocratie » et les sociétés du Maghreb.Bien qu’il ait également justifié la violence d’État lors des soulèvements de 1848, l’un des intérêts de la pensée de Tocqueville est de s’être penché conceptuellement sur le régime démocratique et de l’avoir pensé en dehors de sa conception européenne ou antique. Tocqueville a souhaité non pas proposer les lois anglo-américaines à l’imitation de tous les peuples qui possèdent un état social démocratique mais plutôt de montrer, par l’exemple de l’Amérique, que les lois, et surtout les mœurs, pouvaient permettre à un peuple de rester libre55. Outre que l’observation des pratiques et des discours sur la démocratie au Maroc peut aider à penser ceux existant dans les civilisations occidentales, elle contribue également à connaître « autrui » et à comprendre son rapport aux éléments culturels importés.

  • 56  A. Oumlil, Islam et État national, op. cit., p. 141-142.
  • 57  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité » in (…)
  • 58  Bien souvent cette conception d’un peuple inculte et stupide n’est qu’un prétexte pour légitimer l (…)
  • 59  Sur cette question des « Contre-Lumières », voir J. Zaganiaris, Spectres contre-révolutionnaires, (…)

26En effet, le mot « démocratie » ne fait pas initialement partie du monde arabo-musulman. Il a été forgé au sein de la civilisation occidentale. C’est donc par la suite, notamment au cours des ères coloniales, que le terme a été importé dans les cultures politiques maghrébines. L’aspect langagier doit donc être pris en compte. Au Maroc, l’arabisation de la société n’a pu être effectuée après les années qui ont suivi l’Indépendance et la réalité sociale montre que la plupart des Marocains parlent darija (arabe dialectal) et en français. La traduction actuelle du terme « démocratie » dans la langue arabe est dimouqratiyya. Il n’y a pas de mot spécifique pour traduire « démocratie » dans les différentes langues parlées au Maroc (le foçha, langue officielle, c’est-à-dire l’arabe classique ; le darija, un dialecte national, ainsi que les différentes langues berbères). Au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le terme Choura (consultation) a été utilisé par les réformistes religieux comme un équivalent de celui de « démocratie », mais l’apparition du concept était reconnue comme liée à l’Occident56. Jean Leca ajoute également les termes de itjihad (raisonnement indépendant) et de ijma (consensus), voire celui de bay’a (l’acception quasi-contractuelle du roi par les tribus et les corporations marocaines), afin de présenter des éléments de la culture démocratique incorporés au sein de l’islam57. Malgré cette importation du concept occidental, il nous semble discutable de présenter ces pays comme ne possédant aucun intérêt pour une théorie politique de la démocratie. On ne peut considérer les populations marocaines comme étant stupides et incultes (en invoquant le fort taux de pauvreté et d’analphabétisation), comme étant incapables d’avoir accès aux débats, d’avoir une opinion sur les affaires qui les concernent, d’accéder à cette majorité dont parlait Kant58. Ces visions péjoratives à propos d’une société civile considérée intrinsèquement comme mauvaise sont celles des « Contre-Lumières », pensant que la stabilité sociale ne pouvait être garantie que par la soumission des individus aux volontés plus ou moins arbitraires des gouvernants, ainsi que par les actes de répression préventifs ou punitifs du pouvoir59.

  • 60  Sur ce point, voir les articles de N. Boumaza dans Les Cahiers du Centre Jacques Berque, n° 2, 200 (…)

27Il est important de reconnaître que les problématiques liées à la production et à la réception des normes juridiques, ainsi que celles inhérentes à l’État de droit, ne se limitent pas à des objets construits au sein des frontières occidentales et qu’il n’y aurait rien de plus abject que de considérer les populations du Maghreb comme étant des peuples « sous-développés », auxquels les libertés et les garanties démocratiques ne s’appliquent pas. Le rapport entre le « droit » et la « démocratie » n’est pas une caractéristique propre des civilisations occidentales. Le mot « démocratie » n’appartient pas uniquement à l’Occident, qui serait le seul détenteur de la bonne interprétation et de la bonne application des principes le constituant. Les valeurs démocratiques incarnent des espérances communes de « justice » propres à l’ensemble des sociétés humaines. De même, le pluralisme des valeurs et des visions du monde présenté comme critère de démocratisation des sociétés occidentales existe également dans des formes analogues au sein des civilisations arabo-musulmanes. La tentative d’homogénéiser les musulmans sous une vision erronée de l’islam, censée être appliquée de la même manière par tout le monde, a longtemps masqué non seulement la réalité sociale des différentes « islamités »60 mais également la diversité effective que l’on peut trouver dans les sociétés du Maghreb, constituées comme toute autre civilisation d’athées, d’agnostiques, de croyants. Il est important de reconnaître que l’on trouve non seulement un caractère composite inhérent à la société marocaine mais aussi une coexistence multiple de valeurs et de visions du monde qui la rattache à toutes les théories politiques occidentales insistant sur les liens entre « démocratie » et « pluralisme ».

  • 61  J. Rawls, Libéralisme politique, op. cit., notamment p. 109-110.

28Le fait qu’il existe des spécificités au Maroc, notamment que les normes de respectabilité et d’estime de soi sont étroitement liées au référentiel islamique, n’implique pas que nous pouvons faire nôtre la position « culturaliste », insistant sur le fossé culturel entre les sociétés maghrébines et occidentales ainsi que sur les conditions historiques rendant quasiment impossible pour la première d’avoir accès aux avancées démocratiques connues par la seconde. En même temps, reconnaître que les idéaux et les normes démocratiques ne sont pas incompatibles avec les différentes cultures et traditions des pays du Maghreb ne sous-entend pas, de notre part, que nous plaidions pour une transposition simpliste des référents sur n’importe quel contexte. Au Maroc, les usages et les discours sur le droit, la justice et la démocratie sont soumis à un ensemble de règles mais aussi de « contraintes » – au sens que Luc Boltanski donne à ce terme –, liées principalement aux respects de la personne du Roi, de l’islam et de l’intégrité du territoire. Toutefois, ces spécificités ne doivent pas nous autoriser pour autant à faire du référentiel islamique ou de la nature du régime des critères occultant les espérances démocratiques des sociétés du Maghreb. L’accès immanent à la démocratie peut exister sans passer forcément par l’opposition tranchée entre les valeurs « éthiques » ou « métaphysiques », c’est-à-dire les principes moraux, religieux ou philosophiques auxquels chacun adhère en fonction de ses sensibilités personnelles, et les valeurs « politiques », c’est-à-dire les principes fixés en dehors de toute morale transcendante, par l’usage autonome de la raison des citoyens61. Il ne s’agit pas de cautionner des régimes théocratiques, où l’imposition de normes religieuses conduit à nier toute liberté négative au sein de l’espace public. Par contre, il est possible d’admettre avec John Rawls que si les termes de la coopération sociale doivent être formulés indépendamment de toute doctrine

  • 62  J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, op. cit., p. 54.

« compréhensive » à caractère religieux, philosophique ou moral (car ceux qui professent une doctrine compréhensive, aussi raisonnable soit-elle, doivent se demander eux-mêmes sur la base de quelles conditions politiques ils sont prêts à vivre avec d’autres doctrines de ce type dans le cadre d’une société libre), cela ne sous-entend pas pour autant qu’une conception « politique » de la justice ne puisse pas être dérivée ou soutenue par des doctrines « métaphysiques62. »

  • 63  A. Roussillon, « Réformer la Moudawana : statut et conditions des Marocaines », Maghreb-Machrek, 1 (…)
  • 64  E. Hobsbawm, T. Ranger, The Invention of Tradition, Cambridge, Cambridge University Press, 1983.
  • 65  A. Laroui, La crise des intellectuels arabes, op. cit., p. 124-125 ; A. Lamchichi, Islam, islamis (…)

29Des sociétés où l’islam est religion d’État sont capables de se démocratiser en élaborant des principes politiques qui, sans être coupés de l’influence religieuse, ne priveraient la société civile ni de son pluralisme, ni de ses capacités à faire un usage public et autonome de son raisonnement. L’étude des processus et des contextes s’oppose aux visions téléologiques pensant les changements de manière abstraite et déshistoricisée. Plutôt que de mettre l’accent sur l’évolution linéaire des sociétés maghrébines soit vers le conservatisme, soit vers le progressisme, un travail sur les productions juridiques et les métamorphoses sociales pourrait s’interroger sur la manière dont le « nouveau » s’imbrique avec « l’ancien ». De quelle manière la réforme de la moudawwana combine-t-elle les fondements de l’Islam et le besoin de renouvellement de la société63 ? Pour reprendre l’expression de Éric Hobsbawm, la « tradition » est quelque chose « d’inventée » puisque sa perpétuation implique en même temps certains renouvellements exigés par l’adaptation aux nouvelles conjonctures64. L’étude des processus historiques peut dès lors expliquer de quelle manière l’édification de la règle de droit par les acteurs sociaux permet de préserver la tradition en l’adaptant au monde moderne où elle sera appliquée65. En même temps, la tradition créée quelque chose de nouveau qu’il s’agit d’appréhender en tant que tel, à travers l’étude des usages et des conceptions philosophiques du droit.

  • 66  Sur la décolonisation de la sociologie, voir A. Khatibi, Essai de sociologie, chemins de traverse, (…)
  • 67  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 206 ; sur l’idée de « démocratie radicale » chez (…)
  • 68  I. Taboada Leonetti (dir.), Les femmes et l’islam, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 254.

30Pour conclure, nous pouvons dire qu’il est difficile de penser le droit au Maroc sans prendre le soin de « décoloniser » les sciences humaines 66, mais qu’en même temps, cette « décolonisation » ne signifie pas qu’il faille tordre le bâton dans l’autre sens et chercher les formes « pures » d’une culture juridique et politique proprement marocaine. Il faut dépasser l’alternative entre le « théoricisme décontextualisé » et le « culturalisme monolithique ». Les questionnements de John Rawls et de Jürgen Habermas au sujet d’une « démocratie radicale » impulsée par un usage autonome de la raison dans des espaces publics pluralistes peuvent être mis en relation avec les espérances et les mutations que connaissent actuellement les sociétés maghrébines67. L’acception de la diversité des normes et des valeurs peut être reliée avec un « pluralisme moral » et non pas forcément avec un relativisme de mauvais aloi, mettant sur le même plan culturel les valeurs démocratiques de l’État de droit et la barbarie de certaines coutumes telles que l’excision ou bien la lapidation des femmes. La force du droit est sa capacité à se substituer progressivement à l’arbitraire des rapports de force et à l’incertitude des conditions de vie précaires68. En effet, c’est à travers une loi que l’esclavage a été supprimé, que des droits sociaux sont accordés aux plus démunis ou bien qu’une « moralisation » des comportements (politiques, commerciaux, culturels) peut être instaurée. En même temps, les ambitions restent lettre morte si la production de la norme juridique n’est pas accompagnée d’une application efficace, visant à octroyer de manière effective les droits promulgués.

  • 69  E. Saïd, Culture et impérialisme, Paris, Fayard, 2000, p. 29 : « Je ne supporte pas l’idée que “n (…)
  • 70  A. Laroui, La crise des intellectuels arabes, op. cit., p. 192-197.
  • 71  H. Arendt, Qu’est-ce que la politique ?, Paris, Points Seuil, 1995, p. 153-156.

31À ce niveau, il est bien entendu important de dissocier une conception du droit « humaniste », chargée de la protection des individus, d’une conception « sécuritaire », chargée de réguler la société dans les situations de crise ou bien de traduire en acte législatif la volonté arbitraire des despotes. Cette distinction rejoint notre hypothèse de départ, à savoir que « penser le droit » dans une société donnée permet de connaître éthiquement et politiquement une partie de ses caractéristiques internes, selon que les normes et les applications soient portées plutôt vers l’humanisme ou vers le sécuritaire. Il n’y a pas de contradiction entre, d’une part, la portée universelle de certains principes de justice, censés protéger des individus concrets, singuliers, quels qu’ils soient, et, d’autre part, la réalité sociale et la diversité humaine existant au sein du monde arabo-musulman. Il est discutable d’affirmer que les « droits de l’Homme » appartiennent uniquement à l’Occident. Edward Saïd avait très bien posé le problème en critiquant ceux qui cloisonnaient culturellement les savoirs et rejetaient toute interpénétration des idées, susceptibles de renforcer le bien commun de l’humanité69. Comme l’a montré aussi Abdallah Laroui, « l’identification quasi-magique avec la grande époque de la culture arabe classique » peut être une forme d’aliénation tout aussi importante, voire pire, que celle d’une « occidentalisation » a-critique des principes de gouvernement du monde arabe70. Par delà les différences sociales et culturelles des civilisations, Hannah Arendt avait rappelé que les individus peuplant tous les continents faisaient partie d’un « monde commun »71. Lorsque des gens sont torturés dans les prisons tunisiennes, algériennes, marocaines, c’est l’ensemble de l’humanité qui est interpellé. C’est à travers l’octroi de nouveaux droits « humanistes » que les populations maghrébines peuvent prétendre à ce « bien être » universel offert par les sociétés « démocratiques » et « justes ». Sans doute l’enjeu politique et juridique majeur des années à venir au Maroc est celui de la constitution d’une société civile, capable de se conduire de manière éthique et responsable au sein des différentes sphères publiques.

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Bibliographie

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Notes

1  Aristote, Ethique à Nicomaque, Paris, J. Vrin, 1994, p. 216.

2  Ibid., p. 220 : « L’homme le plus parfait n’est pas l’homme qui exerce sa vertu seulement envers lui-même, mais celui qui la pratique aussi à l’égard d’autrui.»

3  Sur cette question, A. Lamchichi, Islam, islamisme et modernité, Paris, L’Harmattan, 1994, p. 107-118.

4  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité », in G. Salamé, Démocraties sans démocrates, politique d’ouverture dans le monde arabe et islamique, Paris, Fayard, 1994, p. 81.

5  N. Bouderbala, « La régulation par le droit au Maghreb : une approche critique », La lettre du CJB, n° 5-6, 2004.

6  M. Weber, Le savant et le politique, (trad. fr.), Paris, 10/18, 1963.

7  J. Habermas, Droit et démocratie, entre faits et normes, (trad. fr.), Paris, Gallimard, 1997, p. 311-340.

8  J. Habermas, L’espace public, archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, [1962], (trad. fr.), Paris, Payot, 1992, p. 38-40.

9  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 80-96.

10  Y. Sintomer, La démocratie impossible ? Politique et modernité chez Weber et Habermas, Paris, La Découverte, 1999, p. 232 ; sur les rapports entre J. Habermas et le droit, voir A. Ferrara, « Reflection on Habermas’s « constitutional democracy », Political Theory, vol. 29, 6, novembre 2001, p. 782-791 ; S. Haber, J. Habermas, une introduction, Paris, Pocket, 2001, p. 204-214.

11  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 204. Y. Cusset a montré que chez Habermas, l’éthique de la discussion ne peut être dissociée d’un cadre juridico-politique instituant les conditions universelles d’une participation non sélective aux discussions publiques, Habermas, l’espoir de la discussion, Paris, Michalon, 2001, p. 100-110.

12  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 248-251.

13  Sur le débat Rawls-Habermas, voir leur contribution respective dans J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, Paris, Le Cerf, 1997 ; voir aussi À. Ferrara, « Two notions of humanity and the judgment argument for human right », Political Theory, vol. 31, 3, juin 2003, p. 392-420.

14  J. Rawls, Théorie de la justice, [1971], (trad. fr.), Paris, Seuil, 1987. p. 90.

15  Ibid., p. 560.

16  J. Rawls, Libéralisme politique, Paris, PUF, 1995, p. 28.

17  Ibid., p. 131-132 ; voir aussi J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, op. cit., p. 78-79.

18  N. Bouderbala, P. Pascon, « Le droit et le fait dans la société composite, essai d’introduction au système juridique marocain », Bulletin économique et social du Maroc, avril-juin 1970, p. 2.

19  Sur les questionnements que la sociologie pose au droit, voir l’introduction de L. Israël, G. Sacriste, A. Vauchez, L. Willermez, (dir.), Sur la portée sociale du droit, Paris, PUF, 2005 ; E. Rude-Antoine, « Vers un dépassement de la frontière sur l’objet « droit » entre le juriste et le sociologue », in E. Rude-Antoine, J. Zaganiaris, Croisée des champs disciplinaires et recherches en sciences sociales, Paris, PUF, 2006, p. 11-30.

20  Sur ces attaques, voir P. Bourdieu, Méditations pascaliennes, Paris, Seuil, 1997, p. 67-68.

21  Sur cette approche, voir P. Bourdieu, « La force du droit. Éléments pour une sociologie du champ juridique », Actes de la recherche en sciences sociales, septembre 1986, n° 64, p. 3-19 ; pour ce qui concerne la sociologie juridique ou politique du champ de la justice marocaine, voir L. Contet, « La modernisation de la justice au service de la libéralisation de l’État marocain ? Acteurs et enjeux d’une politique de réforme », in L. Israël, G. Sacriste, A. Vauchez, L. Willermez, (dir.), op. cit.

22  P. Bourdieu, « La force du droit. », op. cit., p. 4.

23  L. Boltanski, L’Amour et la Justice comme compétence. Trois essais de sociologie de l’action, Paris, Métailié, 1990, p. 15-27.

24  Sur la sociologie des discours étudiants tenus au sein de l’université, voir F. Rhissassi (dir.), Femmes, violences et universités au Maroc, Casablanca, Eddif, 2004.

25  Ce travail sur l’usage du mot « démocratie » au Maroc ne peut être dissocié d’une étude plus large s’intéressant au rapport que les individus ont à l’égard du politique ; sur cette question, D. Gaxie, « Le vote désinvesti. Quelques éléments d’analyse des rapports au vote », Politix, n° 22, 1993, p. 138-164.

26  Copie d’examen datant du 4 décembre 2006. Nous avons retranscrit les propos tels quels. De plus, il faut ajouter que ces observations ont été effectuées dans des milieux francophones et qu’ils ne prétendent pas être exhaustifs quant à la diversité des usages du mot « démocratie » au sein de la nation marocaine. Les propos tenus s’inscrivent beaucoup plus dans le cadre de « pistes programmatiques de recherche » que dans celui d’une enquête menée à son terme.

27  Copie d’examen datant du 4/5/2006.

28  Copie d’examen du 4/5/2006.

29  Copie d’examen du 4/5/2006.

30  Sur la distinction entre « libertés positives » et « libertés négatives », voir I. Berlin, « Deux conceptions de la liberté », [1958], Éloge de la liberté, [1969], (trad. fr.), Paris, Pocket, 1990, p. 167-218 ; ainsi que les commentaires de J. Leca, « Isaiah Berlin : Éloge de la liberté », F. Chatelet, E. Pisier, O. Duhamel (dir.), Dictionnaire des œuvres politiques, Paris, PUF, 1995.

31  Copie d’examen datant du 4/12/2006.

32  Copie d’examen datant du 4/5/2006.

33  Sur la constitution des auteurs marocains en tant qu’objet d’étude sociologique, voir l’approche de K. Zekri, Fictions du réel, modernité romanesque et écriture du réel au Maroc, Paris, L’Harmattan, 2006.

34  Sur cet aspect, A. Yassine, Islamiser la modernité, Al Ofok Impressions, 1998, notamment p. 42-43.

35  Ibid., p. 309.

36  Ibid., p. 311.

37  A. Laouini, Satan et la démocratie, Impression Fedala, 2001, p. 15.

38  M. Mouaqit, Du despotisme à la démocratie, héritage et rupture dans la pensée politique arabo-musulmane, Casablanca, Ed. Le Fennec, 2003 ; voir également dans cette optique G. El Khayat, Les femmes arabes, Casablanca, Editions Aini Bennaï, 2003 ; À. Khatibi, L’alternance et les partis politiques, Casablanca, EDIF, 2000 ; À. Laroui, La crise des intellectuels arabes, traditionalisme ou historicisme, Paris, Maspero, 1974 ; F. Mernissi, La peur modernité, conflit islam-démocratie, Paris, Albin Michel ; pour un usage de ce terme dans les années 80 ainsi que pour une objectivation de ses utilisations dans le champ politique marocain, voir À. Saaf, Images politiques du Maroc, Rabat, Okad, 1987, p. 62-74.

39  M. Mouaqit, Du despotisme à la démocratie, op. cit., p. 178.

40  A. Abderraziq, L’islam et les fondements du pouvoir, [1925], Casablanca, Le Fennec, 1994.

41  A. Filali-Ansary, L’islam est-il hostile à la laïcité ?, [1997], Casablanca, Le Fennec, 1999, p. 149.

42  M. Charfi, Islam et liberté, le malentendu historique, Paris, Albin Michel, 1998, p. 64 ; voir l’ensemble du chapitre II « L’islam et le droit » (p. 63-156).

43  Ibid., p. 10-12.

44  Ibid., p. 75.

45  Sur les principes de gouvernance, voir P. Laborier, P. Lascoumes, « L’action publique comprise comme gouvernementalisation de l’État », in Sylvain Meyet, Marie-Cécile Naves, Thomas Ribemont, Travailler avec Foucault, Paris, L’Harmattan, 2004.

46  P. Vermeren a opté pour ce type d’approche : Maghreb, la démocratie impossible ?, Paris, Fayard, 2004. Voir l’introduction.

47  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité » in G. Salamé, Démocraties sans démocrates, op. cit., p. 45.

48  G. Sartori, Théorie de la démocratie, Paris, Armand Colin, 1973, p. 325 et p. 341.

49  Sur le problème de l’effectivité des droits humains au Maghreb voir le dossier « Régimes politiques et droits humains au Maghreb : crises politiques et droit de l’Homme, tortures, disparitions, alternance politique, mondialisation », Confluences Méditerranée, n° 51, automne 2004.

50  A. Lahouari, L’Algérie et la démocratie, pouvoir et crise du politique dans l’Algérie contemporaine, Paris, La Découverte, 1994.

51  G. Deleuze et F. Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, Paris, Minuit, 1991, p. 102-106. Ces derniers ont critiqué le plaidoyer d’Habermas en faveur d’une démocratie basée sur le consensus et la communication. Selon eux, ce raisonnement ne prend en compte ni les dérives répressives que les gouvernements démocratiques peuvent exercer sur les populations qu’ils gouvernent, ni les sinistres alliances que les démocraties opèrent avec les États dictatoriaux.

52  A. Al-Azmeh, « Populisme contre démocratie. Discours démocratisants dans le monde arabe », in G. Salamé, Démocraties sans démocrates, op. cit., p. 233-252.

53  A. Oumlil, Islam et État national, Casablanca, Ed. Le Fennec, 1992, p. 66-69 ; on verra également de quelle façon Michel Camau pose le problème ; « Sociétés civiles “réelles” et téléologie de la démocratisation », Revue internationale de politique comparée, vol. 9, n° 2, 2002, p. 213-232.

54  A. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, GF Flammarion, 1981, vol. I, p. 55.

55  Ibid., p. 424-425.

56  A. Oumlil, Islam et État national, op. cit., p. 141-142.

57  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité » in G. Salamé, Démocraties sans démocrates, op. cit., p. 58.

58  Bien souvent cette conception d’un peuple inculte et stupide n’est qu’un prétexte pour légitimer les violences arbitraires que le pouvoir exerce sur lui ; voir sur cette question, J. Zaganiaris, « Un remède pire que le mal : Carl Schmitt et les apories des régimes républicains », Mouvements, janvier-février 2005.

59  Sur cette question des « Contre-Lumières », voir J. Zaganiaris, Spectres contre-révolutionnaires, interprétations et usages de la pensée de Joseph de Maistre (XIXe-XXe siècles), Paris, L’Harmattan, 2006 ainsi que « Des origines du totalitarisme aux apories des démocraties libérales : interprétations et usages de la pensée de Joseph de Maistre par Isaiah Berlin », Revue Française de Sciences Politiques, 54, décembre 2004.

60  Sur ce point, voir les articles de N. Boumaza dans Les Cahiers du Centre Jacques Berque, n° 2, 2005 ainsi que A. Lamchichi, Islam, islamisme et modernité, op. cit., p. 53 et p. 203-204.

61  J. Rawls, Libéralisme politique, op. cit., notamment p. 109-110.

62  J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, op. cit., p. 54.

63  A. Roussillon, « Réformer la Moudawana : statut et conditions des Marocaines », Maghreb-Machrek, 179, mai 2004 ; Féminin, Masculin, la marche vers l’égalité (1993-2003), Fès, Friedrich Ebert Stiftung, 2004.

64  E. Hobsbawm, T. Ranger, The Invention of Tradition, Cambridge, Cambridge University Press, 1983.

65  A. Laroui, La crise des intellectuels arabes, op. cit., p. 124-125 ; A. Lamchichi, Islam, islamisme et modernité, op. cit., p. 35.

66  Sur la décolonisation de la sociologie, voir A. Khatibi, Essai de sociologie, chemins de traverse, Rabat, OKAD, 2002, p. 113-124 .

67  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 206 ; sur l’idée de « démocratie radicale » chez Habermas, voir Y. Cusset, Habermas, op. cit., p. 110-111.

68  I. Taboada Leonetti (dir.), Les femmes et l’islam, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 254.

69  E. Saïd, Culture et impérialisme, Paris, Fayard, 2000, p. 29 : « Je ne supporte pas l’idée que “nous”devrions nous intéresser exclusivement ou essentiellement à ce qui est à “nous”, pas plus que je ne saurais accepter qu’en réaction à cette idée on exige que les Arabes lisent des livres arabes, utilisent des méthodes arabes, etc. Comme le disait C. L. R. James, Beethoven appartient autant aux Antillais qu’aux Allemands : sa musique est le bien commun de l’humanité » ; nous pensons qu’il en est de même des principes démocratiques, dont la diversité des usages humanistes dont ils font l’objet au sein d’espaces publics concrets empêche que ces derniers ne soient uniquement ces concepts “mous”et “abstraits” fustigés autant par Arendt que par Deleuze, les jugeant incapables d’empêcher les immondices de toutes sortes.

70  A. Laroui, La crise des intellectuels arabes, op. cit., p. 192-197.

71  H. Arendt, Qu’est-ce que la politique ?, Paris, Points Seuil, 1995, p. 153-156.

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Pour citer cet article

Référence papier

Jean Zaganiaris, « De la démocratie au Maroc : usages sociaux des normes juridiques et conceptualisation politique des principes de justice », L’Année du Maghreb, III | 2007, 459-478.

Référence électronique

Jean Zaganiaris, « De la démocratie au Maroc : usages sociaux des normes juridiques et conceptualisation politique des principes de justice », L’Année du Maghreb [En ligne], III | 2007, mis en ligne le 01 novembre 2010, consulté le 14 juin 2015. URL : http://anneemaghreb.revues.org/392 ; DOI : 10.4000/anneemaghreb.392

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Auteur

Jean Zaganiaris

Chercheur au CURAPP/CJB, zagagniaris@yahoo.fr

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14-06-2015

Les arabes et les incertitudes

Dans le tourbillon des incertitudes

Je décide d’écrire puis je m’arrête et je me dis à quoi bon. Avec le facebook ,l’engagement , la liberté et le talent n’ont plus ni pertinence, ni valeur ou couleur . «  QUI dit quoi, pourquoi » ne paramètrent plus rien. Seule notre monde arabe offre une image conforme à ce brouillard qui finirait par nous ensevelir.

Quand « le printemps arabe »avait commencé , on s’est dit qu’en fin les choses allaient bouger. Mais , aussitôt  la première étincelle fut partie que la cécité nous eut frappés et notre raison eut chaviré.

En écho à ce que la Roumanie, et les pays de l’Est  avaient effectué une décennie auparavant, la Tunisie a vite eu raison de  son dictateur  qui   a hâtivement  quitté le pays .En beauté flamboyante , ce printemps a débuté mai sans atteindre l’été  et les moissons , il a vite traversé vers un  automne   où toutes les certitudes  ont disparu. C’est vrai que je  ne comprends plus rien . Ce qui  est apparent exige beaucoup d’imagination et de logique pour être  compris.

Un octogénaire en Tunisie

La Tunisie a fait son numéro . Si les intégristes de la Nahda  s’ étaient  démocratiquement écartées  du pouvoir, l’élection d’un octogénaire  laisse perplexe. D’ailleurs , les ennuis sécuritaires sont dus en partie à  cette curieuse  élection. On se demande  pourquoi une bonne partie des forces vives du pays avait opéré ce choix . C’est choquant surtout quand on constate que sur l’autre rive en Italie ,Matteo Renzi , un jeune de trente neuf ans , plein d »énergie et d’enthousiasme » était mis aux commandes d’un pays qui souffre seulemnt des retombées   de la  récession due à la crise  économique mondiale.  Mêmes Tony Blair ou Obama sont arrivés au pouvoir  pour  donner plus de dynamique à la politique de leur pays. Les tunisiens , au contraire ont opté  sinon pour la stagnation du moins pour le recul. Le prétexte est devenu un vieux cliché : l’essentiel était d’empêcher  les intégristes , qui avaient soutenu  Marzouki, d’accéder au pouvoir. ..De toute façon c’est un choix contestable et un alibi défaillant

La Libye la poudrière

En Libye  voisine , les reliefs d’une poudrière sont bien sculptés actuellement. Les intégristes se sont emparés du pays pour y semer   mort et désolation. La démocratie ou la démocratisation n’ont point droit de cité. Le pays est  tournée vers le passé mythique  aux couleurs de sang et de feu. Ce qui se passe en Libye  s’inscrit , bien entendu  , dans la volonté d’anéantir les peuples arabes  en vue de conquérir  de nouveaux espaces  vivants  indispensables aux   grandes puissances qui mènent une course effrénée vers la technologie de pointe et les marché où écouler leurs produits. Un vaste espace comme le monde arabe , il faut l’immobiliser  et le noyer dans ses folies   pour l’asservir. DAECH est  l’outil parfait de cette destruction massive des patrie et des peuples.

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L’Égypte ,le réflexe de l’armée

En Egypte,le jeu valait vraiment la chandelle. Vite, une partie des forces vives du pays avait eu le flair  et le réflexe pour tout arrêter…La démocratie en a apparemment  pâti  mais  la logique profonde y était sauvé. Si les Frères musulmans croyaient sincèrement à la démocratie, un siècle leur aurait suffisant pour la  cultiver  au sein de l’Islam. Autrement dit, au lieu d’incuber des terroristes et des assassins , cette force politique aurait dû réfléchir  a accommoder islam , démocratie et modernité au lieu de se concentrer sur un pouvoir  qui a tout le temps cherché à les vaincre  même violemment.  Ces Frères musulmans savent bien que les musulmans dès qu’ils  commencent à réfléchir , ils ne peuvent tomber d’accord avec eux. Il faut l’avouer ,la pomme de discorde  demeure dans le but stratégique de ces Frères : islamisation de l’Etat et de la société au lieu de la modernisation. Que ces deux choix se complètent ou s’excluent , personne d’entre eux ne les a explicitée.

Assad: mission accomplie!!

La Syrie  transformée en enfer par la volonté d’un petit dictateur qui croit  avoir  su profiter des rivalités géopolitiques des puissances mondiales pour préserver son pouvoir. Mais en fait, c’est un traitre  car quoi que ce soit ,il a  bien joué son rôle : anéantir son pays…Le fait de lui trouver des excuses  en évoquant les intégristes qui  l’affrontent n’a aucun sens .Il avait la possibilité de sauver ses meubles avant que les choses ne se fussent envenimée.

. Mais en fait, c’est un traitre  car quoi que ce soit ,il a  bien joué son rôle : anéantir son pays…

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03-06-2015

« Couvrez ce sein que je ne saur « Couvrez moi ce sein que je ne saurais voir /Par de paraeils objets , les âmes sont blessées,/Et cela fait venir de coupables pensées ». »

Ces militants  choyés!!

Le Maroc pullule de parvenus  militants  dont la majorité écrasante  s’ est  mobilisée durant les jours qui courent pour dénoncer Mawazine , le show de Jennifer Lopez et le film de Nabil Ayyouch.   C’est dire que la bataille est menée dans les parages de l’art et  concerne plus directement la femme.Ces  pseudo politicien ont eu le vent en poupe  et pourtant  leur appétit n’ a pas de limites .Ils se proclament de l’internationale islamiste et  pourtant  ils  se cantonnent au pouvoir , en profite énormément  avec l’intention malveillante de l’investir pour l’éternité

Pour ce qui  ce qui est du Film, je ne l’ai pas encore vu pour en dire quelque chose. Mais cela ne m’empêche  pas  de dénoncer les  dimensions sensationnelle   , exotique et scandaleuse  du choix même du thème. Une doc-fiction   qui transpose la réalité   à l’écran …Un détail de la misère parmi d’autres.  Mais si Ayyoych  avait  vraiment  voulu  produire un cinéma réaliste  , il aurait dû faire une petite lecture de notre réalité politique contemporaine …Elle est pleine de sensations  amères, de tristes  paradoxes

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 et surtout d’impostures énormes…

Aftati  qui a le pet   de travers

Commençons par la fin , par la dernière information  qui fait la une des journaux  aujourd’hui même…Un certain Aftati , militant pejediste , parlementaire  turbulent,  polémiste de pointe de son parti…Lors des dernières élections ,ils  est allé se plaindre des autorités du  Maroc auprès de l’ambassadeur fr

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ançais… Quand je  constate les échos de ses paroles et de  ses acrobaties ,j’ai la nausée. On vient de le démettre de ses fonctions et ses responsabilités au sein de son parti…J’ai lu dans les manchettes des journaux qu’il déclare avoir raison et que mawazine est un crime à l’égard du peuple…Le comble de la bêtise !!! Le peuple , lui il connait le peuple !!!Mais si ,n’a-t-il pas osé  discuter en public le  budget de la famille royale et maintenant Mawazine?  Un héros du PJD???HI ?hi, hi mais que gagne-t-il en  affichant sa complaisance et sa distinction??? Garder la crédibilité du PJD , de Benkirane qui  n’a pas cessé de prendre les mesures anti populaires , antidémocratique et anti nationaliste????Ils se partagent les tâches , une vieielle stratégie…Selon des informations ce » courageux » député a fait un escapade vers les frontières algériennes et a été surpris par une patrouille militaire ?Pour justifier sa présence dans cette zone  sensible , il a du prétendre  être en  mission  commandée par Benkirane  qui n’était même pas au courant.

Et ceux-ci , n’aimaient-ils pas assez leur patrie?

Puis je  me rappelle de tous ces militants qui ont passé des années et des années dans les geôles du régime durant les années de plomb !!!et je me dis si Aftati  et Cie militaient en faveur du peuple , que faisaient alors Abdallah ZAAZaa, Aderrahaman BenAmr

ou , Ahmed Benjelloun , Bensaid Ait Ydder , Abdellatif Laabi , Abdekader Chaoui , Driss Bouissef Rekab,  Nordine Khamali  Brahma, amine ,,Seddik Lahrach
Mohamed khotbi, Abdelfettah Fakahani et tous les autres…Ils  ont milité pour rien ou pour plier bagage et s’exiler , leur amour était « aveugle », stoïcien, violent…Ils ne servent plus à rien sauf à la méditation de cette patrie  ridiculisée, dénigré, pillée, manipulé…

Ni les fesses de Jennifer ni la grande gueule ne nous intéressent !!!

C’est qui cet Aftati  qui pavane, trotte, épate et excite l’opinion publique ?Comment peut-on

s’assurer de sa bonne foi ?Quels sont les sacrifices qu’il a fait pour ce peule ?

Ce sont pas les fesses de Jennifer Lopez qui font le mal du peuple , c’est la misère où il patauge à cause des  faiseurs d’illusions comme Aftati et Cie. Les autres , le peuple les connait et ils le connaissent bien !!!

Ne nous trompez pas , si l on vous a imposé Jennifer Lopez , eh bien soyez honnêtes  et démissionnez !!!  Ne touchez pas vos grands salaires, c’est du haram  comme vous le dîtes. Ce ne sont pas  les  anathèmes que vous jetez sur le corps nu de Gennifer qui  vont  vous permettre de vous racheter  aux des sinistrés ; même si  vous continuez à  user de la religion pour les manipuler:  Gennifer et sa danse  « provoquent les sentiments religieux et moraux de la société marocaine ».

 

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28-05-2015

La prostitution au Maroc est ses enjeux: déshonneur social et culpabilisation politique

La prostitution au Maroc est ses enjeux: déshonneur social et culpabilisation politique

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      mai 28, 2015 La prostitution au Maroc est ses enjeux: déshonneur social et culpabilisation politique2015-05-28T20:18:36+00:00     Uncategorized     No Comment

Maroc La prostitution : du déshonneur social à la culpabilisation politique .

La mai de la politique est bien là

Le Maroc n’avait pas besoin du film de Nabil Ayyouch pour révéler ses faces cachées. La prostitution n‘est pas un secret de polichinelle  sans   pour autant être saisie dans son contexte et ses véritables dimensions. C’est un produit légitime de la politique de paupérisation, de l’ « analphabétisation »  et surtout du mépris   généralisé mené par l’Etat marocain à l’égard du marocain dans le but d’endiguer le flot de ses légitimes rêves et de l’asservir d’une manière ou d’ une autre .  C’est incontestablement la pierre angulaire de la stratégie destructive de   la dignité   marocaine soigneusement esquissée et savamment exécutée jadis par le colonialisme puis par leurs héritiers locaux. De même, c’est une manne qui profite essentiellement aux professionnels du trafic humain car les prostituées seraient contraintes de vendre leurs charmes par la traite ou lors de passe strictement gérés …

L’imposture   de  l’Orient et l’hypocrisie de l’Occident

Cependant , en dépit des considérations politiques, la réalité d’un pays comme le Maroc , déchirés entre une occidentalisation tordue et une « orientalisation » perfide , est souvent médiatisée dans le but de porter atteinte au régime en place en l’occurrence la monarchie.. Une vérité exagérée au point de frôler les limites de l’exotisme et du folklore et surtout du racisme . L’Occident mobilise souvent ses médias pour dénicher le sensationnel derrière les portes des maisons closes ou à travers les plis d’une misère implacable. L’Orient tout en colportant ses impostures, les semant , les cultivant et finit par récolter l’ivraie et le bon grain au nom de d’une vile pseudo fraternité et d’une coreligion venimeuse . L’Occident critique notre libéralisme sauvage et minée de mauvaises fois et l’Orient   nous en achète ce qui est susceptible de conforter ses mythes puritains et assouvir ses instincts primitifs.

Epouser « islamiquement  » quatre , les expatrier chez lui et   devenir  leur  entremetteur

Nos « frères » arabes musulmans viennent chez nous , abusent de notre gentillesse, demandent les mains de nos filles , parfois ils épousent quatre conformément à la loi islamique puis ils les amènent chez eux pour les exploiter dans la prostitution déguisée ou déclarée. Qui est responsable dans ce cas là ? Ce ne sont pas toujours les riches du khalige qui commettent ces turpitudes , il y a aussi les jordaniens qui passent pour des maîtres dans le domaine. Ce qui a poussé le ministère de l’intérieur de la Jordanie à interdire le séjour des marocaines dans leur pays.

Un simple trafic humain!!!!!

Le ministère de l’extérieur des USA avait diffusé un rapport qui fait état   de la prostitution des   millions de marocaines dans plusieurs pays du monde. Le Maroc est considéré comme une source et un lieu de transit de toutes les formes du trafic humain .Le régime marocain est critiqué pour ne pas déployer des efforts suffisants   en vue de faire face à ce fléau. Le rapport explique que dans la plupart des cas , ces jeunes filles sont victimes de faux contrats de travail dans des hôtels , des salons de coiffuresou même chez des familles riches.Mais dès leur arrivée, elles se trouvent obligées de pratiquer la prostitution

Un pays ouvert aux quatre vents!!!

Et pourtant il faut le dire, la prostitution au Maroc n’est pas un phénomène de masse comme le présente ces occidentaux malhonnêtes et ces orientaux complexés. Marrakech n’est pas un bordel , c’est un haut lieu de tourisme mondial qui attirent non pas seulement des touristes mais suscite aussi la jalousie et la rancune .S’il y a des pédophiles , ce n’est pas parce que des familles sont prêtes à offrir leurs enfants mais c’est parce que le pays est grand ouvert aux quatre vents .Un pédophile ou un client de prostitués sont d’abord le produit de leurs sociétés. La perversion est une séquelle d’enfance , la fornication est l’expression d’un refoulement sexuel imposé par des sociétés aux structures bloquées.

Il faut agir pour prouver qu’on n’est pas complice!

Que peut-on faire pour venir à bout de ce phénomène ?Fermer nos frontières en imposant le visa ? Instaurer un Etat policier où chaque visiteur serait strictement surveillé lors de son séjours ?Lapider les prostituées et décapiter publiquement les pédophiles ?   Autant de solutions qui feraient le bonheur des certains mais qui auraient de répercussions négatives .

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23-05-2015

Maroc :la poussée du haram et l’abence de débats reponsables

Des amalgames  sciemment maintenus par les responsables

Des cas et des cas qui  prouvent  que la majorité des marocains sont des intégristes potentiels  du fait que leur conception de la religion est strictement traditionaliste ; c’est parce qu’ un théologien  avait  expliqué telle chose ainsi , le raisonnement est totalement suspendu chez eux. On se demande  sur l’absence de débats  au sujet de la modernité et de sa relation avec la religion au quotidien. Pourquoi les mass-médias  n’adoptent –ils pas des approches  rigoureuses et convaincantes pour  dissiper ces malentendus ?Pourquoi les vrais intellectuels  ne sont que très rarement invités pour aider les gens à comprendre et à se débarrasser des remords injustifiés et de complexes de péchés imaginaires ?  Pourquoi maintient-on ces amalgames  au détriment de la modernisation du pays et du bien être des citoyens ?

Les risques de la généralisation du haram

C’est dire que les cerveaux sont bien défrichés pour y semer toute les monstruosités. Alors qu’il est très simple de prendre le taureau par les cormes et dire que l’ « usure » est haram du moment qu’elle naît d’une volonté d’exploiter  le malheur de l’autre. Une telle attitude est strictement inhumaine , elle pourrait déclencher un processus de haine , de rancune et de vengeance sociales.

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Ce qui est abhorré par l’Islam tandis que les banques sont   liées à  l’Economie modernes , à la révolution industrielle , à la consolidation du capitalisme…En tant que créatures de l’homme avide du gain , parfois elles dérapent, deviennent en déphasage avec l’évolution sociale , économique et politique ; la crise économique que traverse le monde actuelle   serait la preuve que ces institutions doivent revoir leur mécanisme et leur stratégie…

Mettre la main à la pate

Il s’agit là du type de problématiques qui  demeurent mystérieusement  irrésolues  sur le plan de la religion  car on y touche pas de crainte de je sais quoi. Elles se développent à l’image de tumeurs malignes qui finiraient par ravager tout le corps. Il faut  lui trouver une solution adéquate , convaincante saine   et définitive     .

L’argent est aussi la source de passions monstrueuses

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En fait l’argent soulève beaucoup de passions . Les riches aiment  en ramasser davantage, ils usent de tous les moyens pour y arriver. Les pauvres en ont besoin  pour  vivre. L’indigence pousse parfois ces derniers à le maudire, à diaboliser  l’espace où il circule à flot. Et il n’y a pas une meilleure façon de  le  faire autre que de  le  mariner dans  le haram  .   Le problème né du moment que cette    notion  de haram rebondit dans les cerveaux   de monsieur tout le monde et finit par stigmatiser l’Etat  et ses institutions. Une fracture qui s’élargit avec le temps et , bien entendu , elle est comblée par les  intégristes assoiffés du pouvoir .

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23-05-2015

Le Maroc le haram tiré par les cheveux et la négation de la modernité

Je  traversais la rue quand j’ai entendu  derrière moi une voix jeune  qui disait : «  ils travaillent dans les assurances , dans les banques , toute leur vie est  haram ».Je me suis retourné et effectivement j’ai aperçu un adolescent qui expliquait  à ses amis  que toute la vie des marocains baigne dans le haram. Détendu chez moi , j’écoutais l’animatrice qui présentait l’agenda des activités  du conseil régional des Oulémas de Casablanca. Enormément de rendez-vous  où des « fonctionnaires » donneront des leçons  pour préparer le ramadan… En fait, ces speeches auront  lieu dans les mosquées notamment après la prière de l’Asr.

Apologie ,clichés et stérilité

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  Cependant ,Leurs thèmes   puisent dans la littérature apologique de l’Islam  se focalisent sur des clichés qui ont perdu toute pertinence  pour pouvoir apporter une solutions aux problèmes actuels que vivent les musulmans. Il ne serait pas exagéré de dire que  pareilles activités  n’ont

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pas d’autres vertus que d’occuper l’espace des mosquée sans pour autant  soigner le mal qui ronge les cerveaux et les âmes de la société. Autrement dit c’est une activité  stérile du fait qu’elle reste incapable d’aller de l’avant et de se focaliser sur  les maux générés par la conception de la religion telle qu’elle est  mijotée et consommée par les population  a travers les chaines  où des religieux sont passés pour de stars.

Des intégristes parmi nous

Mon père et mon vieil ami

Mon père lui-même refuse de percevoir les intérêts générés par se

s placements à la banque.  Mon vieil ami âgé de plus de soixante ans   qui  paye toujours le loyer car sa femme est convaincue que les prêts bancaires sont haram.

Même un   lauréat de grande  éc

ole

La semaine dernière , j’ai rencontré un jeune ayant le grade de master en économie qui était catégorique sur  le refus les crédits bancaires , « c’est haram et je pourrais t’expliquer cela scientifiquement, selon Al boukhari…Ibn Taymyya… » m’a-t-il défié. Ce jeune  portant un smoking très élégant ,  instruit  et  issu d’une grande famille bourgeoise  , débitait sans arrêt des blagues , parlait des lois mais paraît intransigeant  face à la question de l’ « usure » des banques. J’ai  beau  mobilisé   mes  stratégies didactiques   pour l’amener à  se mettre d’accord avec moi sur   une certaine logique  ,aussi succincte et simple soit-elle,  pour comprendre les textes sacrés, il est resté intrépide .Au fond de sa raison , la vérité est ce que disent les oulémas .C’est  potentiellement un intégriste convaincu malgré sa modernité apparente

Un médecin spécialiste

Une fois ,j’ai rendu visite à un cousin qui est médecin spécialiste dans une ville marginale. Je lui ai dis qu’il était temps  pour lui  de rentrer à Casablanca   car  ses enfants  grandissaient et sa famille devait être dénichée de la misère. Il m’a répondu qu’il ne quitterait pas cette ville car il n’était pas prêt à contracter des crédits haram pour acheter un appartement … En dépit des  bienfaits sociaux dus à sa présence dans cette contrée du Maroc « inutile » et sa  conduite exemplaire ,  ce médecin est un intégriste potentiel qui serait prêt à tout faire pour concrétiser ses convictions . Quand on rejette les banques  qui serait l’illustration du haram selon lui ; eh bien tout le système moderniste est condamné.

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19-05-2015

A ouezzane la politique chasse la religion de la mosquée

La veille du ven

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dredi , des festivités « sacrées »  enflammaient les foules

La veille de ce vendredi là, les autorités locales avaient organisé une soirée dans la grande place publique à laquelle avaient assisté une grande foule. C’était à l’occasion de la tenue du forum internationale des villes antiques. J’y avais fait un tour et j’ai constaté  la joie des gens .L’orchestre  traditionnel présentait des chants exclusivement religieux au cœur d’une ambiance  enflammée strictement surveillée par les agents de sécurité. On m’avait même dit que l’avant-veille ,il y avait le grand chanteur  Nouaamane Lahlou qui avait présenté une belle c

hanson sur la ville d’Ouezzane  …

Le vendredi à la mosquée , les croyants sont blâmés pour avoir participé aux diverses manifestations du forum

Une prêche qui était en effet une sévère  attaque contre les autorités, une  désapprobation  piquante du comportement tolérants des citoyens/croyants qui ont permis à leur famille d’y assister , une diatribe mordante contre les  efforts d

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éployés tant bien que mal par les uns et les autres pour arracher la vielle de l’oubli et la faire connaître.

Le forum n’était qu’une occasion pour inciter les ouezzanis à la débauche

L’Imam faisait bel et bien de la politique en puisant jusqu’au cou dans les thèses intégristes, que les femmes se trouvent à côté des hommes est la calamité des calamité, de telles festivités sont tout simplement une invitation à la débauche. La musique  et  la danse  sont l’expression de la  perversion, du  dévergondage, du dérèglement des mœurs …Toute la manifestation selon notre prêcheur s’inscrit dans le cadre d u processus de la démolition de la religion islamique …

Et si tu prononces la moindre parole mot  quand l’Imam fait sa prêche tu seras foutus…

Le prêcheur semblait maitre de son discours car il  disait ; qu’un développement  de ce genre aille à l’enfer ,nous n’en avons pas besoin…Le développement doit se faire dans le cadre de l’Islam et loin de la dépravation entretenue par « eux ».Et puis pour jeter la poudre aux yeux  et se prémunir contre toute réaction des autorité, il cite  Hassane Deux et finit  par faire des prière à Mohamed 6

Un laisser-faire suspect.

 

Il est évident qu’il s’agit là d’une  grande erreur de la part des autorités.Bien entendu, pareils imams qui usent du respect du aux lieux sacrés pour donner libre court à leurs fantaisies politiques qui s’inscrit dans une polémique inadmissible , doivent être remis sur la bonne voie. La prêche de vendredi n’est pas l’espace propice pour exprimer des points de vue politiciennes  maquillées   par la religion.Au contraire , elle doit servir à inculquer aux croyants  ce qui plaide en faveur de l’unanimité et de l’union de la communauté. Je n’ai aucune relation avec ce forum ni avec les autorités …Je désapprouve la politique adoptée et les options choisies mais je crois que la mosquée n’est pas le lieu propice pour le faire.En tant que citoyen engagé, cet imam aurait du imposé son point de vue autrement . De même, on peut se demander si les autorités qui prétendent protéger la sécurité sociale et spirituelle des marocains font bien leur travail .Ont-ils conscience de pareils actes ou bien sont-ils  démunis au point de ne rien comprendre?Autrement dit sont-ils aptes à accomplir leur devoir ou bien ils sont là tout simplement par le hasard , le clientélisme , le favoritisme et le népotisme? Laissent-ils pousser les germes de l’intégrisme pour les beaux yeux du PJD qui cherchent à neutraliser l’administration  en faisant brandir la carotte et le bâton?

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19-05-2015

La joie scandaleuse du forum international d’Ouezzane

Une atrophie ,une résignation partout

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Souvent , on assiste à des agressions caractérisées dans la rue mais on constate amèrement que l’absence de toute réaction de la part des citoyens , la mollesse des réflexes   décolletés d’une conscience déchiquetée :les symptômes certains que l’immunité sociopolitique est complètement ravagée sans parler de l’éthique humaine ou religieuse. C’est dire que cette société est résignée , prête à avaler toutes les couleuvres. Une telle impression m’est venue le vendredi dernier quand j’ai assisté à la prière dans une mosquée au milieu de ma ville natale.

Bâillonner les esprit et faire avale des couleuvres dans les mosquées

En fait, de temps en temps j’aime aller  faire la prière à la mosquée et surtout écouter le prêche de vendredi pour savoir où on est avec ce mariage forcené, contre-nature voire démentiel de la religion et la politique. J’ai fait de nouveau mon constat de   toujours ,le sceau entérinant ce mariage est   d’autant plus indélébile que débile. Avec ces deux dires coraniques faiblement authentifiés et   sournoisement enchainés pour hypnotiser les esprits en bâillonnant les bouches, le chemin de la peine capitale est déblayé en permanence.

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Un sacré tiré par les cheveux

« Si tu demandes à ton compagnon – de la prière- de faire attention à ce que dit le prêcheur lors de sa prêche de vendredi , tu  bavarderas ». «  Dans un autre dire prophétique, quiconque bavardera lors de la prêche de vendredi sera privé des vertus supplémentaires de la prière de vendredi », une pure machinette à même de permettre toutes les folies. M

 

ais qu’avait dit le jeune prêcheur ce jour là ?

La joie est un pur sacrilège

La joie en Islam doit naitre dans les cœurs des croyants après avoir accompli les devoirs religieux. Elle doit être exclusivement exprimée par des prières. Faute de pouvoir   étayer son propos par   un verset coranique explicite, le prêcheur a évoqué des faits historiques , des batailles remportées par le prophète, des incidents relatés par des compagnons … Mêmes les joies permises dans la vie  comme les femmes , la nourriture ,la sagesse et les senteurs sont omises. Il parait que ce prêcheur ait oublié ce verset: فَانكِحُواْ مَا طَابَ لَكُم مِّنَ النِّسَاء مَثْنَى وَثُلاَثَ وَرُبَاعَ فَإِنْ خِفْتُمْ أَلاَّ تَعْدِلُواْ فَوَاحِدَةً أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ ذَلِكَ أَدْنَى أَلاَّ تَعُولُواْ، وَآتُواْ النَّسَاء صَدُقَاتِهِنَّ نِحْلَةً فَإِن طِبْنَ لَكُمْ عَن شَيْءٍ مِّنْهُ نَفْسًاVerset 3(annissae). : il est permis d’épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n’être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves(4) que vous possédez. Ou celui-ci :: ((Dis : « Qui donc interdit les parures que Dieu a faites pour Ses adorateurs et les nourritures pures et agréables [qu’il leur donne] ? » Dis : « ces biens sont aux croyants dans cette vie, et purement à eux au [pointde vue du] Jour de la résurrection. » Ainsi exposons-Nous les signes [et les versets] à l’intention de ceux qui savent.)) (Coran VII, 32).

De l’intégrisme au terrorisme

Pour ce prêcheur, tout concept de joie est compromis du moment qu’il est considéré comme étant incompatible avec les ambiances de festivités remontant à très longtemps. La foi est présentée comme un processus d’assombrissement ontologique, de sincérité morbide et mortuaire et d’isolement apocalyptique . D’ailleurs , il s’agit là de la mentalité qu’on cherche à enraciner vite dans les cerveaux des jeunes intégristes enrôlés ensuite vers le djihad et le terrorisme .Bien que des croyants murs comme les marocains puissent faire la part des choses et rester impassibles à cette logique macabre, les jeunes souffrant du clavaire social et de la sous-alimentation culturelle seraient enclin à adopter cette conception suicidaire du monde s. C’est dire une prêche emprunt du politique qui revêt dans de tels cas le caractère de « proximité »

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18-05-2015

le ganstérisme à Casablanca frôle le limites du terrorisme

Délinquance et discrétisation de l’Etat et de la société au Maroc

      mai 18, 2015 Délinquance et discrétisation de l’Etat et de la société au Maroc2015-05-18T00:43:11+00:00     Le Maroc sans tain     No Comment

 

Au Maroc , les indices économiques ne sont pas tellement prometteurs au

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point de nous plonger dans un optimisme béat. La part de l’industrie dans le tissu économique national a reculé de 27%à17% au cours de la dernière décennie tandis que l’agriculture reste toujours dépendante des aléas climatiques. Au niveau social ,il serai judicieux de rappeler que le malaise a fini non pas par disparaitre mais par étouffer toute allergie aux injustices. Autrement dit , on a cessé de crier car on a su que ça ne sert à rien. Et puis Benkirane est là pour nous réprimer légalement , « islamiquement » et démocratiquement. La corruption va bon train. Le chômage est en nette progression.

Un délinquant peut écoper de cinq ans de prison et puis relâcher quelques mois après. Des militants de droits de l’homme ou de la société civile pourraient à tout instant devenir des trafiquants de drogues-dures- et renvoyés sine die en prison …Des incertitudes qui planent au-dessus de la société et de l’Etat . La politique est déshydratée , le moral s’effrite et les désespoirs fleurissent.

Absence d’allergie face aux injustices??

Au Maroc , les indices économiques ne sont pas tellement prometteurs au point de nous plonger dans un optimisme béat. La part de l’industrie dans le tissu économique national a reculé de 27%à17% au cours de la dernière décennie tandis que l’agriculture reste toujours dépendante des aléas climatiques. Au niveau social ,il serai judicieux de rappeler que le malaise a fini non pas par disparaitr

e mais par étouffer toute allergie aux injustices. Autrement dit , on a cessé de crier car on a su que ça ne sert à rien. Et puis Benkirane est là pour nous réprimer légalement , « islamiquement » et démocratiquement. La corruption va bon train. Le chômage est en nette progression.

En réalité,le moral s’effrite!!

Un délinquant peut écoper de cinq ans de prison et puis relâcher quelques mois après. Des militants de droits de l’homme ou de la société civile pourraient à tout instant devenir des trafiquants de drogues-dures- et renvoyés sine die en prison …Des incertitudes qui planent au-dessus de la société et de l’Etat . La politique est déshydratée , le moral s’effrite et les désespoirs fleurissent.

Un jour comme les autres:

Ce jour même, j’ai assisté une  fois  de plus à une agression  caractérisée à l’égard d’un homme en plein public sans qu’il y ait la moindre intervention ou même réaction des autres. Un terrorisme sournois qui niche dans une société de plus en plus fébrile sans ,pour autant, posséder une volonté réelle d’agir . Une petite bande de malfaiteurs ,qui se frayent chemin au milieu

des masses dans un lieu public,   s’emparent d’un citoyen et lui arrachent ses biens tout en menaçant les passants témoins en brandissant des armes blanches. Même la victime finit par baisser sa tête et se contente peut être d’être épargné des coups et blessures…

Humiliation  et menace!!!

La grande foule endimanchée à Lagri3a, ce vaste marché aux puces, ce jour là s’offrait les spectacles les plus épouvantables dans un espace jonché de détritus, d’eaux stagnantes, d’urine…quand les pickpockets sont en train d’exécuter leur sale besogne, les passants , tous les passants, sont insultés, menacés, apeurés, terrorisé et  sommés de baisser leur regard et de filer. On se demande alors s’il n’y a pas parmi ces humiliés, un karatéka, un agent de police ou même un intégriste obsédé par le désir de changer le monde ,de crier au scandale , de dénoncer le mal même avec sa langue.

La violente réaction des marocains de jadis!!

Jadis , les voleurs arrêtés en flagrant délit dans les souks étaient immédiatement exécutés .Tout la foule y prenait part de façon à ce que l’identification de l’auteur du coup de grâce fût impossible. On disait aux gauches, aux fainéants qu’ils ne pouva

ient point réaliser de succès à l’image des voleurs qui opéraient dans les souks. De tels malfaiteurs étaient considérés tellement bête qu’ils ne pouvaient rien gagner…

Une insurrection systématisée plutôt qu’une anarchie.

Cependant ce que nous constatons actuellement dans   les lieux publics n’est pas un simple délit de délinquants mais c’est plutôt de la pure insurrection à l’égard de l’Etat, des codes éthiques et légaux. Les régions du Maroc insoumises au pouvoir central et désignées sous le nom du pays du Siba toléraient pareils actes de pillage , de vandalisme mais c’était surtout à l’égard de l’Autre ,c’est-à-dire celui appartenant à une autre tribu…C’est dire que le droit des pauvres , des faibles et des prochains étaient respecté contrairement à la siba moderne où on risque de perdre nos biens et même notre vie à tout moment car il y a des énergumènes qui rodent parmi nous et sont démunis de toutes les considérations…

Attention à la discrétisation de l’Etat!

Actuellement , le roi et à Casablanca, de grandes forces de sécurité sont mobilisées dans la ville et surtout dans les parages de Derb Soltane et pourtant le charisme et le prestige de l’Etat sont compromis par des délinquants qui sèment la terreur et le malheur. Il est prioritaire pour l’Etat de combattre tous les aspects du gangstérisme et du crime de « proximité » car il s’agit là d’un processus de discrétisation politique négateur de tous les efforts déployés en vue d’améliorer les conditions de vie des citoyens. La sécurité est la priorité des priorité.

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15-05-2015

Ouezzane et la curée des parenus

En taxi vers ma ville natale

Lors d’un petit voyage à ma ville natale, j’ai dû prendre plusieurs fois des taxis, Curieux, je m’attendais souvent à ce que les chauffeurs  fassent  des confidences relatives  à leur situation insoutenable surtout face aux propriétaires d’arguments sans lesquels ils seraient en chômage. C’est en effet la pierre angulaire  d’un système économique  basé sur la rente et la corruption. Pour gratifier  ceux qu’il  « aime », l’Etat marocain  essore ceux qu’il « déteste » et extorque  d’eux de l’argent.  Une  flagrante injustice.

Les agréments sont la cause directe de l’hécatombe des routes marocaines

La souffrance  physique et morale étaient apparentes .Il  a fait vite son calcul et m’a confirmé que  le temps du repos qu’un chauffeur doit prendre  pour être en forme   et s’acquitter convenablement  de sa  tâche  est exploité pour davantage de travail en vue d’assurer  le prix de l’agrément. Autrement dit,  l’entreprise est censée dépasser ses limites pour  garantir sa survie.  Un lot de conséquences néfastes  finit par empoisonner la vie des marocains .Il s’agit des accidents de la route qui ne sont que des erreurs humaines ajoutées à des anomalies techniques…Des résultats fâcheux d’une politique qui privilégient  les uns au détriment des autres. Il serait regrettable de constater   que cette faille politique  n’est point évoquée lors des analyses concernant le fléau des accidents de la route  ou l’hécatombe des temps modernes marocains.

Les scandales succèdent d’un président   parvenu à l’autre

Mon bref séjour dans ma ville natale, m’a donné l’occasion  d’observer les changements  advenus lors de ma langue absence. En fait , celui qui a accédé aux commandes du conseil municipal n’est qu’un pur parvenu. Qui venait de remplacer un grand et méchant parvenu. Ils se distinguent cependant par les moyens  utilisés pour arriver. Le premier a usé d’une intelligence et d’une volonté  personnelles qui l’auraient amené loin tandis que le second  a emprunté la voie  et le carburant partisans .Le  premier  a nourri des ambitions bêtes qui lui étaient fatales tandis que le second n’a fait que brandir  l’étendard d’une appartenance politique suspecte    et rien de plus. D’ailleurs , leurs parcours  et souvenirs scolaires  témoignent  de l’avilissement de la chose politique actuelle…

La fidélité au parti ou à la patrie ?

Ce constat m’a fait rappelé  les deux ministres du gouvernements Benkirane qui viennent d’être démis de leurs fonctions à cause de leurs comportements  scandaleux .C’est dire que de nos jours , il suffit  d’être « militant  fidèle » dans son parti pour accéder aux commandes.

Un président sans majorité politique ?

Ce président du conseil municipal de la ville est un militant uspéfistes des années 2000. C’est  dire  un « résident » qui cavale seul après le départ de tous ceux qui possédaient encore un brin de conscience .A ce titre il avait même occupé provisoirement la présidence de l’organisation des jeunes du parti. Il s’est fait distinguer par sa rapide ascension sociale et économique contrairement à d’autres  avocats  intègres qui exerçaient depuis des décennies.

En tant que démocrates , on s’interroge sur les raisons de son  nomination aux commandes en l’absence  d’une majorité partisane qui est censée le soutenir.  C ’est dire que c’est quelqu’un qui n’aurait point le culot de changer rien que ce soit. D’ailleurs l’enjeu issu des transformation au niveau des aménagement de la ville expliquent ce choix. Des opportunités qui doivent être  mises entre les mains des lobbies locaux qui aiment tout se tailler sur mesure

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12-04-2015

Le vert d’Ouazzane

Le vert d’Ouezzane

La parole ,quelle parole ?

Je ne crois pas  qu’en gardant le silence on peut  vivre en paix. Et c’est souvent un grand plaisir qu’on ressent après avoir déballé tout ce qui  aménage nos rêves , attise nos angoisses, taraude nos esprits   et torture nos consciences.

Et pourtant un certain malaise  paralyse ma volonté et m’empêche de m’exprimer .

Quand les morts crient au scandale !!

De retour à ma ville natale, j’essaie de tâter   l’âme d’une cité qui  était  privée pendant  très longtemps de tout espoir de progresser  et d’embrasser  les lendemains meilleurs. Le constat est un peu mitigé, la ville va recevoir le forum international  des vielles anciennes.On en parle partout. Pour ce faire , des chantiers  de rénovation   et  d’embellissement  sont à pied d’œuvre   partout dans la ville. Les autorités et leur  pouvoir sont visibles tandis que les conseillers municipaux sont aux abonnés absents. Bien que les échos de leurs scandales soient retentissants. Le président est toujours en cavale. Il n’ a pas  encore eu l’occasion  de  savourer le bonheur    de résider dans son palais   bâti au niveau de  la Route de Chefchaouen. Il a été piégé par la défunte  Guedira    qu’il avait  dépouillée  de ses biens  en falsifiant  des documents. Des fonds de sa tombe , cette brave femme   avait battu ce  pur produit  de la pourriture régnante  et  fertilisée par l’impunité et le laisser-faire.

Ouazzane , tentera-t-elle de se lever   ou ce n’est qu’un effort ultime  avant de rendre définitivement l’âme ?

Les rues sont bien astiquées et  complètement nettoyées des marchands ambulants   qui avaient transformé toute la ville en un marché de puces…Une disparition  regrettables des paysans et paysannes étalant leurs produits de terroir.   Une mesure  curieuse car on ne les rencontre nulle part.  Dans une ruelle  étroite  et  escarpées, j’ai rencontré le chanteur Noamane Lahlou entourés de fans , on m’a dit qu’il était en train de repérer les lieux de tournage pour sa nouvelle chansons ayant pour thème Ouazzane. Les artisans et les petits  commerçants entreprenaient une action colle19952359 - Copie (2)ctive pour peindre les murs et les portes en vert  selon  deux nuances : foncée et pistache. Apparemment , une conscience  lente mais forte est en passe de s’imposer  chez les populations qui se sont rendues que leur ville dispose de certains atouts  susceptibles  de leur fournir un minimum de subsistance et de fierté.  Un réveil brusque qu’une jolie et grosse surprise récupère. Il y a beaucoup de détails à dépoussiérer qu’on ne trouve pas ailleurs : les djellabas ,les  sibsis, les babouches et autres produits artisanaux  typiquement locaux.

Condamnée à l’amnésie, Ouazzane a erré pendant longtemps.

Ce vert   enchantant  qu’on est en train de disperser sur les espaces locaux était caractéristique de la ville par le passé. Mais il a disparu pendant les langues années de la guerre  symboliques menées contre la ville. On a essayé  bêtement de singer Chafchaouen en lui empruntant son bleu. C’était une pure mascarade.  Un vert qui serait d’autant plus authentique que prémonitoire d’une moisson   satisfaisante  à condition  que la volonté soit réelle et non pas assujettie à l’occasion d’un événement de grande envergure.

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10-04-2015

Grave accident de circulation au sud du Maroc.Une quarantaine de jeunes trouvent la mort

Un  épouvantable accident  de  route   vient de se produire  tôt ce matin sur la route reliant Tan-Tan à Laâyoune au sud du Maroc à hauteur  de la commune de Chbika  où une grande station balnéaire est en train de voir le jour. Un autocar   de la CTM est entré en collision frontale avec  un camion citerne provoquant sur le champ  l’explosion des deux véhicules et une terribles déflagration.

Selon les dernières informations ; le bilan est très lourd, le nombre de passagers ayant péri dans le drame   s’élève à une quarantaine d’enfants  de Layoune  qui viennent juste de participer  à la 6ème édition des Jeux nationaux des écoles . On déplore également le décès de l’athlète Assengar

En effet , le camion-citerne  transportait  illégalement du gasoil  compensé par l’Etat et destiné aux    provinces sahariennes vers le nord en vue de le revendre  à un prix plus élevé. Une activité  lucrative  qui est pratiquée  au vu et au su des autorités locales  .Autrement dit  , une contrebande qui fait fi des lois  et  des codes . Une catastrophe d’une telle ampleur dans une route relativement peu carrossables ne pourrait s’expliquer  que par le laisser-aller qui encourage le détournement des aides de l’Etat  et l’absence de toute conscience professionnelltanatantantanes.

C’est l’économie de la rente  qui est mise en cause,  une  pure négation de l’égalité  des citoyens  et du respect de toutes les lois.

La politique imposée par Basri et Cie n ‘a mené nulle part .Une corruption généralisée ayant   donné lieu à des  mafias  qui ont tout accaparé  au détriment des populations privées de leurs droits les plus élémentaires.

Les autorités se sont dépêchées sur le lieu de l’accident.Le roi a envoyé des messages de condoléances aux familles de victimes . on s’attend à ce que des mesures concrètes soient prises en vue  mettre fin aux pratiques mafieuses et au défis des lois et des réglements en vigueur.

 

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01-04-2015

UN PERSONNAGE DE ROMAN refuse d’être lâche et AGRESSE LE ROMANCIER A TAZNAKHT

Un personnage refuse d’être lâche et agresse le romancier

       avril 1, 2015 Un personnage refuse d’être lâche et agresse le romancier2015-04-01T12:17:04+00:00    Uncategorized     No Comment

 Un personnage  dangereux en cavale

Plus fort que « Le chat noir » d’Edgar Allan Poe  ou « Le nez » de Gogol , à Taznakht au Maroc c’est un personnage qui  s’est échappé du texte et a grièvement agressé son auteur-narrateur. Oui c’est du jamais vu et pourtant cela a eu  bel et bien  lieu dans cette région du Maroc. Taznakht, dans la région d’Ouarzazae , c’est dire la marge de la marge de la marge, le Maroc profond des profondeurs du profond…C’est là où  fleurissent souvent les idioties. C’est l’exil , le vide et la nature aride.

Philosophie , vacuité et  fraudes de petits apprentis-sorciers locaux

C’est là où atterrit un jour un jeune  et brillant professeur de philosophie. Il décida  spontanément d’aimer cette terre , de l’irriguer de son savoir et  son affection .Puis il eut l’idée  la reconfigurer selon sa sensibilité et  les lois de la raison qu’il avait apprises à l’université .Il plongea dans ses méditations , sa passion et entreprit  les mesures nécessaires  pour   charmer le  fleuve  qui    défendait  la ville par   ses eaux bénignes au moment de ses excès de folie hivernales. Un fleuve qui s’accaparait de son âme et et l’étreignait  contre lui.

Pour dompter   ce fleuve , les petits apprentis sorciers locaux  construisirent un pont qui s’écroula  sur le champ…On dirait que le fleuve  refusa de céder sa bien aimée aux énergumènes qui lorgnaient les montagnes , les mines et le soleil …

Sur les traces des romanciers  fantastiques

Aziz Benhadouch méditait ce conflit sourd entre la volonté de se libérer et celle d’ enchainer. Le désert caillouteux se déployant à perte de vue octroyait à chaque geste , à chaque regard , à chaque mot des sens  qui , à peine s’esquissèrent   qu’ils se jetèrent dans les eaux pour se noyer   volontairement

«  Le chat noir » d’Alain Edgar Poe  a fini par entrainer l’auteur et le narrateur vers les enfers de la folie et du suicide.  Se transformant en un mauvais  maitre  qui faisait subir  au chat qu’il aimait auparavant les supplices les plus impitoyables  jusqu’à ce que mort s’ensuivit. Pour Gogol , Le nez de l’assesseur coupé par inadvertance   symbolise le phallus. Le nez « mort » « tombé » symbolise la perte du phallus d’Ivan.  littéralement castré par sa femme. Il n’ose rien répondre: « où as tu coupé ce nez ? Plus qu’un phalllus , c’est la fierté et la dignité des hommes d’Etat  qui est bafoué.Le nez se met alors à circuler seul , libre, raisonnable sans qu’on ait osé  arrêter le barbier qui l’ avait coupé contrairement au Läche de Taznakht  qui  s’étaient étouffés à l’intérieur d’un texte. Notre philosophe eut   la volonté de construire sa propre cage pour y mettre ses propres mots.

Ce fut un roman intitulé L’ ILE DES MÂLES où  il évoquait la condition déplorable de la femme, l’histoire des amazighs de la région et leur gloire, le bien et le mal… Ses personnages sont l’enseignant ,l’élève, le berger,, Moha le falsificateur du cahier de l’ etat civil  sous le protectorat français en enregistrant des enfants fictifs en vue de percevoir un maximum d’indemnités…Des personnages réalistes qui ressemblent à ceux qui existent véritablement  dans la réalité . Après avoir fait des économie pendant presque une dizaine d’années , notre auteur publia son œuvre  à son compte. De retour à son lieu de travail , sa fierté était sans bornes pour  pouvoir rendre service au pays qui l’avait accueilli en  éternisant  son souvenir et sa douce vie.

La revanche d’un personnage  refusant sa lâcheté

Cependant ,tout se transforma brusquement en un cauchemar. L’un de taznakhtttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttses personnages  déverrouilla l porte du  texte et se jeta sur lui :

« le 22 mars, j’étais à l’intérieur  de ma voiture quand un notable connu dans la région, m’attaqua et me roua  de coups de bâton avec l’intention de me tuer. Il tenta alors de casser la par brise de la voiture  avant que  je ne me l’échappe bel pour m’arrêter devant les locaux de la gendarmerie. Mon corps saignait , je perdis connaissance avant de reprendre conscience   à l’hôpital d’Ouazazate , avait déclaré l’écrivain au média électronique Badil média..Selon cette même source , Aziz avait expliqué cette tentative de meurtre ainsi : «  Le roman que j’ai écrit présente une critique  des pratiques , des traditions et des conceptions religieuses  archaïques  au sein des sociétés conservatrices comme celle à laquelle j’appartiens. Je crois qu’un personnage que j’ai appelé « Bahous » qui signifie en tamazigh « lâche » « ، est la goutte qui a fait déverser le verre. L’agresseur a cru alors qu’il agit de  lui »

 

 

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