03-09-2015

Les élections au Maroc: Zeus , les Prométhé, le peuple et boite de Pandore

Les élections se succédaient, Basri  les mettait en scène, parfois il se déguisait  en  héros mythique parfois en un vulgaire magicien

  Basri Vulcain et la boite de Pandore

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 Revisiter nos souffrances  est une prétention  car nous  y  barbouillons  toujours  .Nos malheurs semblent s’éterniser. En effet La zone des ténèbres ne fait que s’élargir. Si dans  la mythologie grecque ,Prométhée  avait volé le feu aux Dieux p

our le donner aux hommes, dans l’Histoire du Maroc contemporaine, des militants nationalistes comme BelHassane Ouazzani, Mehdi BenBarka ou Abraham Sarfati avaient voulu   arracher  des acquis , des droits politiques et sociales pour les donner au peuple.

Vengeance et intelligence

Mais Zeus, le Dieu redoutable , n’avait pas du tout approuvé ce vol

, il décida alors de se venger des hommes par le biais de Vulcain  chargé de créer une femme faite de terre et d’eau , pétrie de qualités ;beauté, flatterie , amabilité, adresse , grâce, intelligence, mais aussi l’art de tromperie et de séduction.   Les milieux impérialistes et leurs valets locaux , eux aussi , avaient décidé de se venger du peuple en lui refusant le droit de disposer de lui-même .Et Reda Guedira puis Basri furent chargées de créer pour le peuple  une belle créature munie de tout sauf d’une âme authentique. C’était les élections. A l’image de Pandore, la belle femme créée par Zeus et envoyée à Prométhée puis épousée par  son frère ,cette créature  importée , marocanisée  et ornée  de tous les atours pour séduire , reçoit une mystérieuse jarre en guise de cadeau de mariage. Pour en jouir , il fallait respecter une condition fondamentale selon laquelle il ne fallait pas l’ouvrir

Le droit au malheur

C’est dire que la démocratie électorale marocaine devrait rester une affaire exclusivement  formelle  telle une jolie boite agréable qui engendre  rêves  et illusions  tant qu’elle sur une vitrine. Mais quand  les masses  avaient voulu s’en approprier  en  y participant  et en profitant  à l’image des pays développés, les voies de l’enfer s’ étaient ouvertes pour elles . La boite de Pandore  contenait tous les maux de l’humanité. En voulant défié Zeus, et surtout  par curiosité , la mariée l’avait ouverte,  tous les fléaux  s’ y évadèrent  pour se propager sur la terre .Seule l’Espérance resta au fond de cette boite maudite , elle permettait  aux hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux …

Des catastrophes en série

Ces élections  auxquelles se réduit la démocratie marocaine  sont la source de toutes les catastrophes que connait le pays. La pourriture politique , économique et sociale  a conquis mêmes les zones les plus lointaines du pays. Chaque douar , chaque village , chaque tribu , chaque ville connaissent parfaitement  les maîtres de leurs malheurs. En l’absence d’une justice à même de châtier les  coupables de crimes politiques , la tentation est irrésistible et tous les moyens sont permis pour s’accaparer des  droits des masses, abuser du pouvoir  ,  saboter l’avenir du pays et détruire les espoirs.

De la   misérable  démocratie   aux ténèbres islamistes

Il faut rappeler  que les bâtisseurs du malheur  ont revu, corrigé   et dédoublé la  raide démocratie  sclérosée .Maintenant, les masses  déprimées et exsangues s’en sont détourées. Elles veulent  l’Islam, la Charia. Une boite noire , qui une fois ouverte, laisse échapper des flots de  serpents vénéneux qui ne badinent pas avec les citoyens. Au-delà des injustices et des malheurs, les couleurs de la mort  arborées partout deviennent l’emblème   d’un anéantissement programmé. C’est une autre façon de se venger de ceux qui aspirent  au progrès, à la dignité et à l’équité .

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03-09-2015

La démocratie marocaine est un long fleuve boueux

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uoi ces élections?

En adolescents oisifs et assoiffés de connaitre ce qui m’entourait ,j’avais assisté  en compagnie de certains de  mes copains au meeting  du candidat de l’USFP   qui avait,

à l’occasion, tant critiqué et ridiculisé le  président du conseil municipal  de la  ville qui était ministre à cette époque-là.                                                           Beaucoup de ces copains avaient intégré la Jeunesse Ittihadiene. Je n’hésitais pas à  pénétrer dans le siège du parti et assister à des activités surtout quand il y avait des invités. J’aimais lire les journaux Alalam , l’Opinion puis Almouharrir.Mais mon existence était trop ancrée dans une terre hostile à toutes les croyances  pour me ranger correctement.J’étais même opposé  à moi même car mes fréquentations de l’époque étaient complétement hétérogènes qu’elles me contraignaient à faire un va-et-vient pénible entre  l’ univers des incultes, révoltés , délinquants et celui de pauvres apprentis politiques parfois fougueux mais sans charme attrayant.Ma tête bourdonnait tout le temps .

Un long  fleuve boueux?

Les échos de  ce discours au stade municipal retentissent touj

ours  dans ma mémoire  ;le grand budget  alloué par le conseil à l’assurance de ses membres, le droit   de pillage  octroyé par ce président à certains membres sous prétexte que c’était /c’est l’argent des marocains détourné et empoché par d’autres marocains , donc pas de problèmes…Désigné comme ambassadeur , ce député /président du conseil avait   libéré son siège , les élections étaient réorganisées  et tout le monde était sûr que le makhzen avait volé la victoire de si Bouayyad, le fou de la Palestine, et l’avait offerte à Majdoubi , encore étudiant  et président de l’UGEM  à l’époque…Une insulte que nous, les étudiants du début des années quatre vingts,  apprentis révolutionnaires, avons reçue en plein visage  au moment où notre conscience se mettait  à appréhender les dessous-des-cartes politique au Maroc  et surtout les subterfuges et les  stratagèmes de l’Etat marocain pour contrecarrer les libertés et dépouiller les masses de leurs droits fondamentaux.

Les élections se succédaient, Basri  les mettait en scène, parfois il se déguisait  en  héros mythique parfois en un vulgaire magicien.

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03-09-2015

Les réminiscences politiques d’une memoire rouillées

Des réminiscences politiques

Des réminiscences : dans la grande maison , mes cousins, alors p

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lus âgés que moi , débordant de joie et de zèle,  grouillaient, s’affaitaient et discutaient   tout en     tournant entre leurs mains  des casquettes , des balles ,des bols jaunes…   C’étaient  lors des premières élections qu’avait connues le Maroc.  J’étais trop petit pour comprendre ce qui se passait .                                                                                                                                                                                                        Quelques années plus tard, vers la fin des années  soixante, une série d’événements politiques avaient frôlés ma conscience sans pour autant m’imprégner :le décès du général De Gaule, de Nasser, les  scrut

ins  fantoches  du début des années soixante-dix et les campagnes folkloriques  ,le Destoue , la Constitution et l’avalanche des oui , des grades affiches  blanches ; l’interdiction catégorique des non , de la couleur bleue  qui , cependant,   jaillissait tôt le matin du  haut des murs décrépis de ma petite ville ,avant d’être bannie sur le champ. C’étaient des vaillants militants qui  placardait  discrètement ,pendant la nuit,ces  Non  contre une Constitution imposée  .                                                                                                                                                                                            Mêmes les coups d’Etat  montés et exécutés cotre Hassane Deux et les exécutions  des putschistes   n’avaient guère pu supplanter de la mémoire familiale les violences subies par le parti de la Choura en 1957…                                                                                                                                                                                                    J’étais éduqué pour abhorrer la politique  et m’en éloigner  sous peine  d’y laisser ma peau…

Les meetings de 1977  ou la  sculpture  politique indélébile

Jusqu’au milieu des années soixante-dix, les élections n’avaient aucune signification pour moi. En mille neuf cent soixante –sept, il y eut des élections qui avaient inauguré le processus démocratique mené par Basri et exclusivement  noyé dans  ce qu’on appelle communément la démocratie hassanienne  dont la philosophie était débitée  drôlement par Moulay Ahmed Alaoui sur les pages des quotidiens Le Matin et Maroc-soir

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22-08-2015

le labyrinthe politique marocain

Un candidat :six recommandations , six partis

Selon le quotidien Al Akhbar , un candidat aux élections locales de la ville de Taourirt avait pu avoir six recommandations   provenant de   six partis politique différentes ; c’est dire que ce candidat est censé appartenir à la fois à la gauche , à la droite , au centre…Pour lui, , c’est là une manière pour empêcher les autres de le concurrence !!!

Tizkiyya et tête de liste et rien de plus                                                                                                                                                                                       La recommandation partisane  connue sous le nom de la tazkya et un agrément octroyé aux candidats  pour se vêtir de la couleur du parti.  Lors  des élections locales et régionales  qui auront lieu le 4 septembre, ce problème de tazkyya est doublé d’un autre qui  est le classement des candidats sur la liste.  Un charivari inouï est souvent produit lors de la préparation des listes…Tous les candi

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dats veulent occuper la première place ; quand ils sont insatisfaits du rang qu’on leur a attribué , ces candidats claquent la porte et vont quémander d’autres tazkiyyat chez d’autres partis  .

La féodalité politique

La tazkiyya n’est rien d’autre  qu’une sorte de  droit de jambage    qui  est un droit qui aurait permis à un seigneur d’avoir des relations sexuelles avec la femme d’un vassal  la première nuit de son mariage. Autrement dit ,  tous ces partis ne visent que tirer profit  moral ou matériel ( il faut la monnayer parfois)d’une performance  pour laquelle ils  sont pour  rien. Une hégémonie et une dépendance absurdes  qui explique la stérilité et la médiocrité de la démocratie marocaine et surtout  la bassesse et  la médiocrité de la plupart des partis politiques.

La rente politique

C’est de la rente politique . Des partis sclérosés et creux , qui ne font l’affaire que de leurs chefs, retrouvent subitement la chaleur de  la vie ,renoue artificiellement les relations avec la société…Normalement, ils doivent disparaître car leur existence est préjudiciable au peuple. Il s’agit là de la majorité écrasante des partis en œuvre dans le champ politique marocains

La dame de Méknes en a fait tout un plat

Eliminée de la liste des candidats du parti(PAM), une dame  en  a fait tout un plat .Sur une vidéo  ,on la voit vilipender, insulter , noircir les responsables de ce parti à Meknès…Elle prétend même avoir versé quelques100000Dh  au secrétaire de la section locale en guise de contribution aux activités. Le secrétaire  en question a nié en bloc ces accusations et a déposé une plainte contre la candidate en colère. Mais , tout un groupe de membres , y compris certains membres du bureau local ont présenté leur démission…

Les analphabètes, les repris de justice dominent la scène

Selon le quotidien ALMassae , les analphabètes où ceux dont le niveau scolaire ne dépasse pas le primaire dominent les têtes de liste à Kénitra. Le parti de l’Istiqlal a mis à la tête de sa liste un ex président du conseil de la ville , repris de justice pour falsification électorale et titulaire du certificat des études primaires. Les hauts cadres , les universitaires ,les intellectuels sont où bien acculés aux derniers places où bien carrément éliminés…

On lui vole ses candidats, sa liste est rejeté, il tente de se suicider                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         Dans cette même ville   , le quotidien rapporte qu’un candidat tête de liste d’un parti qui s’appelle l’Union Démocratique,  a fait une tentative de suicide en avalant des insecticides      suite au détournement des membres de sa liste     par un parti rival. Le pauvre a passé des mois à élaborer ladite liste contenant 65 candidats, le jour où ils  s’apprêtait à la présenter, il a constaté’  que la majorité de « ses disciples » l’avait trahi…Sa liste défaillante a été refusée par les autorités.

Dans beaucoup de régions et de villes marocaines, la transhumance politique éhontée, le trafic des candidats (pour compléter et valider la liste)   ,   la présence persistante des figure de proue de la corruption, de la malversation , du détournement des deniers publics , des symboles du malheur et du désespoir sont   autant de mauvaises augures pour l’avenir du pays.

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18-08-2015

L’Absurde politicopartisan au Maroc

La peur

Quad tu fais connaissance d’ un je m’en foutiste ou d’ un  père    citoyen soucieux du devenir de sa  petite famille ,  tues assuré du bon déroulement de la vie dans cet étrange  Maroc  mais quand tu rencontres un barbu , sans famille ni instruction , imbu de soi et intrépide  , tu devras t’inquiéter pour ta vie même.

Le parapolitqiue crè

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ve les yeux

Il y a quelques année j’ai inscrit une thèse de doctorat en sociologie politique sous l’intitulé suivant ;les facteurs non politiques ou para politiques chez les formations  islamistes. J’ai abandonné mon projet quand on nous demandé de payer 5000Dh  en guise de frais de je ne sais quoi… De toute façon  ce n’était pas là  la seule raison de mon abandon, j’ai eu l’impression que ce que je devrais chercher  crevait les yeux partout. Des évidences. On devait et on doit voter pour ce qui est et non pour ce qui doit être

…C’est dire que les élections sont instrumentalisées pour légitimer les injustices et la paupérisation.

Un carnaval politique où on s’amuse sans jouer

La religion se trouve ainsi l’élément   le plus para politique  qui  soit  mobilisé pour   faire réussir des entreprises politiques tellement sournoises  qu’elle ont poussé les peuples au gouffre. L’absence de tout projet politique sérieux  susceptible d’améliorer le niveau et le mode de vie des masses  fait des partis en lice des pignons sur rue avec un capital , des marchandises, , du marchandage , une clientèle . Le malheur c’est que pour tirer profit de ces entreprises, il faut en faire partie. Cependant, cela  est pratiquement impossible car leurs activités sont éphémères. Le novice qui prend la décision d’y aller s’approvisionner sera traumatisé. Ces échoppes politiques qui s’alignent le long du regard sont occasionnels, l’exercice politique  pour leur gérants se réduit carrément à un festival…Changer leur disposition , leur couleur , leur animateur , leur candidat  est  leur  pratique la plus  courante…La bonne bonne intention, aussi sincère soit- elle , ne pourrait résister aux caprices et à l’absurde qui y prévalent. Si les élections sont un jeu , elles sont soumises à des lois.Ce n’est pas le cas  au Maroc , aucune loi  vraiment politique n’est respectée malgré l’arsenal juridique mis en place pour les règlementer…C’est tout simplement un divertissement où on s’amuse sans loi ni but  à l’exception des maîtres qui finissent par rafler toute la mise.

 Impuissance politique

Pour camoufler cet absurde exprimant une impuissance politique, les acteurs ont souvent recours aux notions parapolitiques comme la religion , le nationalisme , le régionalisme , le racisme ,le chérifisme (noblesse du sang), le gangstérisme, la théologie pour  donner l’impression de faire de la politique

Une  telle réalité chaotique  ferait appel à mon avis à un esprit  non méthodique pour être appréhender .C’est dire que la meilleure méthode pour décortiquer  ce domaine demeure intuitive , anarchique , poétique même… Peut-être , je n’ai pas raison .

 

 

 

 

 

Bon j’ai fait connaissance d’un  extrémiste

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16-08-2015

Elections marocaines :rude réalité et conviction désuète

Les démons sont désormais relâchés. Ils vont de nouveau  jouer la symphonie macabre . La mémoire de l’Espoir , ce grand défunt ,est célébré co

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mme à l’accoutumée une fois tous les quatre ans. Le Maroc y survivrait ?

Les élections auront lieu  avec ou sans toi

« Qu’il aillent à l’enfer , tous ces marchands ambulants qui  engorgeaient les ruelles de la ville ! Que les pauvres périssent ! Que tu participes aux élections ou non , elles auront lieu, les candidats et les électeurs ne feront pas défaut.

Moi ,je n’ai plus de problèmes, mes filles sont mariées et mon fils  vient d’être   embauché  dans un service publique  après une dizaine  d’années de chômage. Si  ton visage est trop sensible pour que tu puisses faire face  aux indigents et aux misérables , il y en a qui sont capables de les manipuler et les essorer  une dizaines de fois sans qu’ils aient froid aux yeux… »

Mon voisin trop âgé pour réfléchir autrement se mettait à m’adresser des critiques sarcastiques à peine cachées même si, moi aussi , je n’ai pas hésité à hausser le ton pour lui rappeler  que je ne serais  jamais   prêt à assumer  une part  de  responsabilité  dans l’assassinat de l’Avenir des générations montantes  et que je serais toujours à l’affût des pourris ,des hommes de paille , des pillards  de fond publics…Pour les dénoncer et les démasquer

Mais en fait, je dis ce que je dis   sans grande conviction car moi-même j’ai subi l’injustice et la répression de plein fouet.Je suis à bout de souffle Et je regrette le fait d’ avoir porté et transmis pareille conception à mon entourage.

Le sort des vrais militants

J’ai dit au vieux voisin  que je ne prendrai guère part à des élections de ce genre  tans que ceux qui ont commis des  forfaits, ne sont   pas soumis aux lois au moins celles qui sont en vigueur  pour être châtiés afin que l’hémorragie et l’absurde  arrêtent .J ’ai ajouté que des gens comme moi  existent. Je lui ai donné  l’exemple du coiffeur  du coin qui garde jalousement ses cartes d’électeurs vierges depuis le début des années soixante.   Mon Interlocuteur fut  choqué  et rétorqua tout en affichant une attitude méprisante à l’égard du type : «  mais  c’est un type qui n’a plus  ses esprits ; c’est un fou déclaré ,habillé de haillons et  se nourrit des déchets des souks… »

-Mais où est le problème ; si on est pauvre, si on  a  enfanté des pauvres malgré des diplômes  et les peines subies pour les arracher. Ne sais-tu pas que ce pauvre homme était arrêté et emprisonné sous le protectorat ? Ne sais-tu pas qu’il était militant  actif de l’Istiqlal puis de l’UNFP …Il était même représentant unique du mouvement ILAAMMAM dans notre ville ?

-Non je ne sais rien ,c’est un  mahboul et se comparer à lui ou le prendre comme exemple ne t’honorera pas…

-Ce qui m’honorerait pas  c’est de participer au bal masqué des loups ou de jouer le rôle de crieur lors  de  cette curée  dans les ténèbres

Ils seront réélus comme par le passé

Mon vieux  voisin continuait de défendre la gestion de la ville même si  tout est détruit…Les anciennes énergumènes ,  les taupes que le makhzen avait adoptées  et a engraissées dans ses silos et ses entrepôts  sillonnent la ville  à visages  découverts ,trainant arrogamment  leurs besaces  …Ils sont devenus redoutables  et  puissants …Ils seraient réélus et rien ne changerait.

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10-08-2015

Le makhzen n’aime pas la démocratie?

Même la volonté d’exister s’affaisse et s’abîme quand on constate notre   impuissance à digérer le torrent d’informations tragiques   qui , à peine s’infiltrent-elles dans notre conscience qu’elles ressortent  exécrablement  .   Un vomissement qui  essore nos entrailles  et  les peint d’une   douleur noire. Je n’écris pas car je n’écris que pour moi-même. Quand je n’écris pas , je m’efforce de chercher des justifications  pour me convaincre , calmer mes sens et ma conscience .

La mauvaise foi de l’Etat makhzénien

Aujourd’hui  , un attentat suicide vient de dévaster   une mosquée en Arabie Saoudite. DAECH    l’a revendiqué. Dans une mosquée , des musulmans tuent d’autres musulmans pour un double objectif ; aller au paradis et  servir une stratégie politique. C’est dire faire du bon Dieu une valeur ajoutée aux relations humaines  éternellement défectueuses. C’est incompréhensible car les guerres aussi ont leur déontologie et  leurs règles.

Le makhzen contrecarre les aspirations du peuple

Je suis allé me reposer  sur une colline  qui surplombe ma ville natale, celle que je connaissais  jadis comme ma poche , je méditais son extension tirée par les cheveux  car aucune source productrice de richesse  n’y a vu le jour.  Les conditions de vie se sont détériorées davantage. J’ai voulu oublier ce marasme car l’obsession tragique de ces musulmans assassinés par d’autres musulmans alors qu’ils faisaient la prière dans la mosquée   me hantait.  Mais  je l’ai apprivoisée  vite, je l’ai comprise , cette réalité affreuse.  Je l’ai même vécue, je la vis toujours . Priver son frère , son prochain de ses droits fondamentaux ;n’est-ce pas une agression caractérisée ?  Que dire d’un système politique qui se fixe un  et un seul objectif : dépouiller les gens  de leurs droits fondamentaux et les acculer à la misère et au misérabilisme extrêmes ? Un régime qui détruit l’Ecole du peuple tout en prétendant la réformer, renforce la corruption  tout en exprimant l’intention de la combattre, consolide le chômage et la pauvreté et   dit qu’il est décidé à l’éradiquer… Duperie, falsification , mensonge , hypocrisie…

Une guerre perdue contre la mauvaise foi

Et moi aussi , en tant que citoyen malheureux et marginal  , n’assumé-je pas une part de responsabilité ?  j’ai tenté de  localiser ces  moments d’inattention  qui se sont échappés  d’entre nos mains et  qui  ont permis à  cet esprit suicidaire et à ces monstrueuses convictions de  pousser dans les cerveaux de toute une génération  gavée d’ antivaleurs  et de désespoir. J’ai beau fouillé dans ma mémoire, je n’ai rien trouvé. En fait, mes congénères, qui sont aussi porteurs du syndrome Immunitaire  active contre  la mauvaise foi makhzénienne , se sont cassés les dents en voulant croquer une réalité rocailleuse qui  affiche cependant un doux et pitoyable  appel à l’aide  et à la correction . Mais , on était forcé de passer notre vie dans des luttes sourdes et sauvages face à  la mauvaise foi de l’Etat  makhzénien. Les tragédies qui parsèment la scène arabo-musulmane,   y compris le Maroc, résulte de cette mauvaise foi qui avait opté pour l’illettrisme au détriment de l’Instruction, pour la paupérisation systématique au lieu de l’amélioration des conditions de vie…Cet Etat qui a coopté toutes les vermines sociales et les a élevés au rang de responsables  notables dignes de confiance tout en décimant les réelles énergies sociales …

 

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Le makhzen et la démocratie s’excluent mutuellement.

Le soi-disant et interminable   processus démocratique marocain n’est qu’une escapade labyrinthique  qui ponctue périodiquement  une descente  vers l’enfer  .L’enfer c’est la souffrance. Tout chacun vivant au Maroc  constate que la souffrance des populations vont crescendo. La souffrance  s’amplifie et n’épargne plus personne. Toute la classe moyenne de la société marocaine est en passe de disparaitre. Le fossé s’élargit  très rapidement entre une poignée de riches et tout un peuple proie au malaise et au désespoir.

Une démocratie momifiée

Le makhzén  a fait de la démocratie une occasion où viennent concourir  tous les fumistes et autres opportunistes et menteurs de tous les acabits ; les candidats honnêtes sont  là pour épicer le jeu qui risque  de ne plus intéresser personne. Le dindon d’une farce  déclarée. Oui le makhzen  renouvelle ses élites ,il s’ en procure de la société en faisant miroiter son argent et son or. Il  offre une immunité  ainsi que les moyens adéquats pour mettre main basse sur les maigres  populations  habituelles des ures. Le minimum de déontologie  politique , de sérieux et de responsabilité est absent. Ce qui explique le faible taux de participation. Le laisser-aller makhzénien face aux détourneurs de deniers publics , face aux criminels politiques de tout genre n’a d’égale que son enthousiasme  pour fabriquer de fausses accusations à l’égard des véritables militants. Le trafic et l’usage des stupéfiants  sont devenus  des délits passe-partout qu’on colle aux militants pour les faire taire

Le makhzen n’est ni sérieux  ni prêt pour la démocratie , c’est une vérité indéniable . Les mêmes énergumènes sont de retour sur la scène politique. Maintenant , ils volent de leurs propres ailes, ils étaient pauvres  puis se sont enrichis grâce à la politique, ils étaient des misérables  , ils sont devenus des magnas faisant partie intégrante du makhzen , ils sont là , ils vont tout gagner  mais démocratiquement par-dessus le toit.

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27-07-2015

Comment l’Etat marocain a-t-il éteint les LUMIERES?

L018e problème de l’int

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égrisme et du terrorisme est fondamentalement  culturel. Exception faite des facteur politiques et politiciens, la culture réduite  à la littérature religieuse est à l’origine du malaise  qui sévit chez  les peuples arabes .Mais comment est-on arrivé là ?

Le sabotage systématique de l’épanouissement culturel

En prenant le cas du Maroc , on constate qu’il y a eu d’’abord  un sabotage systématique de tout ce qu un épanouissement  culturel pourrait  exiger :  l’esprit critique , le rationalisme ,   la formation du jugement, du goût et de la sensibilité. Ces composantes et autres sont censés enrichir la perception du monde  dans toutes ses dimensions , l’ouverture de l’esprit à  la diversité des situations humaines,  la stimulation  , la libération  et l’orientation des  sentiments en vue de réagir face   à tout ce qui est esthétiques.  Acquérir une culture présuppose également  le pouvoir et la compétence  d’analyser et d’interpréter des divers  textes et  œuvres   susceptibles de permettre  une certaine imprégnation progressive  des connaissance  et des idées découvertes selon une démarche et un efforts personnels.  Les luttes de la gauches contre la dictature et les injustices , les erreurs inhérentes à ces mêmes luttes, les réactions brutales  du régime avaient sérieusement entravé  ce processus  .

Il faut rappeler qu’ au moins  deux facteurs décisifs  avaient  approfondi le marasme de cette société :

Une stratégie ténébreuse

-l’élaboration d’une stratégie  antirationaliste dans le domaine de la culture .Le régime marocain s’était rendu compte au début des années quatre-vingt que  les programmes enseignés dans les lycées et les universités marocains étaient trop  progressistes et risquent de  faire des Lumières politiques une urgence et une nécessité. L’État  avait décidé alors de s’attaquer à la philosophie. Dans l’ université , elle a été supplantée par les Études islamiques. Depuis lors, la vie intellectuelle et culturelle s’assombrissait en parallèle avec des bouleversements géopolitiques menés par les USA  prêchant  un libéralisme sauvage sous la présidence de  Reggan. .. Cette marche maléfique vers   les ténèbres était jalonnée par des décisions arbitraires de grande envergure , L’interdiction des revues culturelles   édités par des intellectuels  était le point culminant de cette guerre sans répit contre la culture …

La mise en panne de l’ascenseur social et l’annulation de la méritocratie

-L’État marocain s’était attelé à saboter l’ascenseur sociale   qui ne fonctionnait plus. Les injustices , le népotisme , le clientélisme et le favoritisme n’ont point cessé de s’amplifier  en parallèle avec une politique de paupérisation accrue …Pour donner le coup de grâce , cet État avait établi des « réformes »  qui visaient  l’instauration  de l’opacité absolue.  L’État s’est arrogé le rôle de faire le beau et le mauvais temps en faisant fi  des compétence et de tous les apports potentiels de la société et de ses éléments les plus dynamiques .La

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méritocratie était battue en brèche. Pour se faire , il s’était mis à gangrener les syndicats et les partis  de gauche pour les neutraliser. L’effort personnel , la créativité , le dynamique et autre  faits indispensables à l’illustration  de toute volonté de changement étaient étouffés. En ce faisant , l’État marocain avant liquidé le champ politique en faisant des élections l’occasion de promouvoir   une nouvelle couche sociale  pourries jusqu’aux os. Les élections ont été réduites à un carnaval  de couleurs  qui ne dépasse point une manifestation folklorique.Les valeurs étaient alors complètement renversées

Pour combler le vide culturel , l’Etat  a procédé à la création des  festival s où les populations sont invitées à   « se défouler »…

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25-07-2015

‘La violencia en nombre de la religión es violencia contra la religión’

NTREVISTA

FAISAL BIN MUAMMAR / Secretario general de KAICIID

‘La violencia en nombre de la religión es violencia contra la religión’

El diálogo entre religiones como herramienta para la resolución de conflictos en el mundo ha sido la idea clave abordada esta semana en Barcelona, en una reunión de expertos y representantes de varias instituc

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iones auspiciada por el Ministerio de Asuntos Exteriores español y la Unión para el Mediterráneo. Entre los presentes en la cumbre estaba Faisal Bin Muammar, secretario general del Centro Rey Abdulá para el Diálogo Interreligioso e Intercultural (KAICIID, en sus siglas en inglés) -institución con sede en Viena, financiación saudí y apoyada políticamente por Austria, España y el Vaticano, como Estado observador-, quien concedió a EL MUNDO.es esta entrevista telefónica.

¿Cuáles han sido los logros de esta primera reunión de alto nivel sobre diálogo interreligioso?
Hemos establecido una conexión para compartir experiencias y conocimientos con el fin de trabajar por el diálogo interreligioso y combatir el extremismo.
¿Cuáles son los principales retos que se han marcado en la lucha contra el extremismo?
El extremismo es un problema mundial. Intentamos encontrar un modo de construir relaciones entre líderes religiosos y políticos y que participen en la lucha contra el extremismo. El papel de las religiones ha sido negado en el pasado, pero ahora la sociedad ha descubierto que el diálogo interreligioso es clave. El extremismo no es sólo patrimonio de una religión y debemos encontrar modos para frenarlo a través de las instituciones y de las políticas.
La religión ha servido y sirve de acicate de conflictos. ¿Qué se puede hacer para que se convierta en herramienta para resolverlos?
Hemos visto la manipulación que el extremismo ha hecho de la religión y cómo algunos grupos se han aprovechado de ella para cubrirse a ellos mismos bajo un manto religioso. Nuestro objetivo es construir puentes entre religiones y culturas para que no se asocie el extremismo a la religión. Debemos tener cuidado y estar unidos frente a ello. Lo que ocurre en Oriente Próximo es que se manipula la religión. Debemos llamar a estos grupos por su nombre: terroristas.
Oriente Próximo está bajo la amenaza de un enfrentamiento entre suníes y chiíes debido al auge de Daesh (acrónimo en árabe del autodenominado Estado Islámico). ¿Cuál es la mejor estrategia para combatir contra este grupo?
Debemos llamarles terroristas, no Estado Islámico. Luchar contra ellos y sus actos criminales no sólo requiere una estrategia militar, sino que se debe implicar a los medios, a las instituciones educativas y trabajar con los líderes religiosos locales. No hay una sola solución a Daesh, sino que se necesita una estrategia más completa.
Las minorías religiosas, como la cristiana, sufren la persecución a manos de Daesh.
Atacan a todos: musulmanes, chiíes, suníes, yazidíes, cristianos… La violencia en nombre de la religión es violencia contra la religión misma. Los cristianos son parte de Oriente Próximo, para nosotros no son una minoría sino ciudadanos esenciales de nuestras sociedades que tienen derechos y a los que hay que proteger.
En Europa también hay problemas de convivencia entre religiones, antisemitismo e islamofobia. ¿Cómo trabaja su organización para luchar contra esta discriminación?
Creemos que el diálogo es la vía para resolver estos problemas y pensamos que la unión contra el extremismo, tanto cultural como político, es la vía. Estamos viviendo una situación alarmante en Europa y debemos tener cuidado de no asociar la religión al extremismo.
¿Han detectado mayores recelos contra la comunidad musulmana en Europa después de los ataques de ‘Charlie Hebdo’ en París?
Estamos contra cualquier tipo de violencia. Lo que ocurrió [en París] debe ser interpretado como lo que fue: un ataque terrorista. Lo condenamos y llamamos al diálogo, al respeto y la libertad.
Arabia Saudí, uno de los fundadores de KAICIID junto con otros Estados, es un país que ha recibido críticas por promocionar este organismo internacional en pro del diálogo interreligioso mientras dentro del reino no hay libertad religiosa. ¿Piensa que promover instituciones como ésta puede ayudar a que eso cambie en el futuro?
Como representante de un organismo internacional, no hago comentarios sobre políticas internas de los países. Pero hay que tener en cuenta que Arabia Saudí es el corazón del mundo islámico y que las iniciativas para promover el diálogo son importantes para construir puentes en el ámbito internacional y ayudan a fomentar el respeto y la tolerancia.

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24-07-2015

Salaires et islamistes

Dans le siège d’une compagnie d’assurance

J’attendais mon tour pour remettre mon dossier d’assurance maladie  au jeune fonctionnaire  qui ne cessait de sourire. Il était seul à s’occuper d’une file interminable  de personnes venues de partout .Sa collègue ,qui  le côtoyait  ,s’était   retirée quelque part…La chaleur du début de l’été se faisait bien sentir  bien que la vaste salle fut climatisée.  Un silence  doux  et limpide régnait. Les bribes de mots échangées ci et là , étaient à peine audibles. C’était un après-midi  ramadanesque.

Des petits fonctionnaires qui errent

Debout , les sièges étaient tous occupés,  Je contemplais le   jeune  qui souriait spontanément chaque  fois qu’on lui remettait un nouveau dossier. Il  faisait à peine la trentaine , un légère barbe ornait son petit visage où se mêlaient innocence et maigreur, où seul  le regard clair et franc  révle une  maturité  étrangement ferme .   Les gens qui se présentaient devant lui étaient de petits fonctionnaires   dont l’allure     lasse et  triste  contrastait avec   la somptueuse salle de la compagnie d’assurance .Ils s’introduisaient  timidement à l’intér

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ieur du building  à travers de géants portails surveillés par de robustes  agents de sécurité.  A les voir  errer  dans les ruelles  adjacentes   fastidieuses de ce coin de Casablanca , on dirait qu’ils sont    vraiment    étrangers  dans ce  bled qui les avait vus peut-être  naitre .

Un retraité plein d’énergie

Un siège venait de vaquer, je m’y suis vite jeté. Je méditais la foule qui s’égrenait  le  long du comptoir en métal brillant  derrière lequel le jeune homme  à l’agréable humeur  ne se fatiguait point d’offrir ses belles paroles et son rassurant sourire . Derrière moi , il y avait  un  homme aux joues bombés et pourpres, il faisait la soixantaine .Je l’avais aperçu  dès mon arrivée, il y avait une chaise libre à côté de lui mais je n’avais pas cherché à m’y assoir  Mon regard eut croisé le sien , j’y ai lu une invitation  que j’ai refusée  sans réfléchir. Il était corpulent , peut-être  je n’ai pas voulu le contraindre à se contracter  un peu  pour me libérer le passage ou je n’étais pas prêt à  parler étant   sans forces  à cause du jeun.

Un salaire très bas

L’homme ventru  à côté du qui je n’ai pas voulu m’assoir semblait  avoir trouvé à qui parler :

« … et dis combien tu touches ?  Tu es affilié dans quel organisme ?… »

D’une  voix incertaine et fatiguée ,  son interlocuteur  essayait de ne pas répondre mais l’autre insistait.

« Eh  bien je touche 2500DH, deux mois avant c’était seulement 2250Dh.Je suis retraité. J’étais soldat et j’ai  fait l’essentiel de  ma carrière au Sud ».

« C’est quoi ce salaire , ce n’est même pas 100dirhams par jour ?! » rétorqua le gros qui se mettait alors  à parler  à bâton rompu :

«  tu sais il y a quelques mois , quand je venais ici , il y avait peu de monde, les fonctionnaire n’étaient pas encore au courant des services rendus par cette compagnie…Moi j’étais dans l’enseignement. Mon premier jours du travail  avait coïncidé avec  un étrange  début  de ramadan,   on nous avait  ordonné de jeuner après le petit-déjeuner  . Ils venaient d’apercevoir tard le croissant …»

Un islamiste dans la salle

Le voisin qui se trouvait à ses côtés restait muet mais un autre  lui ré

pliquait :

« Ce problème de croissant n’est qu’un prétexte pour  diviser la Oumma islamyya .Nous sommes tous des musulmans , nous devons commencé et terminé le jeun  à la même date »

 

Le  gros  dont je reconnaissais alors la voix riposta  vivement par ce verset coranمْ

.. «  مِنْكُمُ شَهِدَ فَمَنْ, quiconque d’entre vous voit   le croissant, doit  jeuner »

« Une seule Nation , une seule religion » annonça autoritairement l’homme debout

Le gros s’emporta et s’interrogea  : « une seule nation doit ou non  psa

lmodie à haute voix le coran au moment de l’enterrement. ?? Je viens de participer à un enterrement , je fus choqué de l’ambiance  inhumaine qui y régnait , on dirait qu’n enterrait un chien, ni compassion , ni larmes , ni même de la tristesse …C’est cela la  seule nation et la seule religion… ???? »

L’intrépide  attaqua , il y beaucoup de manifestations et des pratiques non islamique qu’il faut combattre , les banques, le travail de la femme , l’alcool… » le gros qui s’apprêtait  à quitter son siège car son tour était  arrivé , ne rata pas l’occasion pour taquiner  le barbu qui le contrariait :

iSALMISTES AVEC GROS SALAIRES

« oui justement c’est comme un grand directeur de cette compagnie même qui lui et sa femme   50000DH  et 40000DH et  disent qu’ils sont musulmans , s’interdisent d’ acquérir un logement à crédit  et payent un loyer d10000Dh  , ils ont quand même de quoi mais tant pis pour les autres  qui les  autres qui font comme eux alors qu’ils pataugent dans la misère »

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07-07-2015

La daechisation s’accélère en Tunisie

Le drame  ressenti  après   la disparition de trente jeunes Tunisiens de  la région de Ramada   de la  province de Tetaouine, ayant  rallié  les  foyers de tension    continue  de  soulever de grandes  controverses  au sein des médias et de l’opinion générale quand  une autre « fugue » massive   et spectaculaire a  eu lieu ; trente  cinq personnes  sont parties  faire le djihad le mardi 7juillet à l’aube.

Selon  une déclaration à une radio locale faite par un  témoin oculaire, l’escapade   a été  instigué voire organisée  par  le plus vieux  contrebandier  qui  a embarqué son épouse    au sein d

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u groupe composé , entre autres, d’ un  handicapé, d’  un élève âgé  de 15 ans  ,  d’un  fonctionnaires ,de trois   officiers de l’armée nationale, l’un d’eux  est   pilote de chasse  et de  beaucoup de  jeunes en chômage

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Selon cette même source , qui a  voulu gardé l’anonymat   , le vieux contrebandier est bien  connu pour  avoir déjà envoyé beaucoup de Tunisiens vers la Syrie ,son intégrisme et son dévouement inconditionnel  pour DAECH n’échappent point aux services de sécurité et pourtant  rien n’a été entrepris à son égard .Pour ce même observateur , l’absence des mesure de  la  surveillance et de la  vigilance seraient  vraiment étrange et  inquiétante.

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29-06-2015

Justice farfelue ,foule folle et femmes sacrifiées

Encore un sit-in élitiste

Un sit-in  de militantes féministes et activistes des droits de l’homme  a eu lieu  dans la  Place des Nations Unies à Casablanca  en signe de solidarité avec deux filles  accusées d’atteinte à la pudeur et aux mœurs    p

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ne. Deux filles  dont le délit est d’avoir porté des habits  jugés   provocateurs  .Traquées par une foule en délire , les deux filles s’étaient refugiées dans une boutique ,elles l’ont échappé belle grâce à l’intervention des forces de l’Ordre. Ces dernières les avaient arrêtées et présentées devant le parquet d’Inezgane   Poursuivies  en état de liberté , leur  chef d’accusation  est un comportement vestimentaire  jugé contraire au goût des extrémistes.

Le sit-in était animée par les éléments de l’élite. Les mêmes figures  qu’on rencontre à chaque manifestation protestataire. Une élite politique et sociale qui se gargarise de ses convictions sans se soucier d’aller vers les masses  et  les impliquer  dans son action. Une grandes foules de citoyens se baladait dans les lieux   sans  rien comprendre de ce qui se déroule sous ses yeux. Pourquoi cet affaissement  et cet isolement alors que ce qu’on défend concerne toute la société ?  Si vraiment on veut confirmer une certaine identité moderniste ,émancipatrice et démocratique, il faudra construire  les ponts avec les masses. Si on continue ainsi , bientôt il n’y aura plus rien !!!

La foule en délire

La foule qui a traqué les deux filles d’Inezgane est la même qu’on peut rencontrer dans n’importe quelle ville du Maroc . C’est ,bien entendu , le prélude à une folie collective meurtrière. Je me rappelle de ce que m’avait raconté

notre voisine  , de nationalité algérienne , qui s’était rendue en Algérie , à Blida , pour  rendre visite à sa famille qu’elle n’avait jamais connue auparavant. Elle portait une robe , la foule là-bas l’avait lapidée, elle avait risqué  de justesse la mort. C’était vers les années quatre vingts. C’est à dire au moment où les islamistes algériens avaient  déjà conquis les masses qui avaient voté pour eux puis brandis les armes…

La lutte doit être globale

Autrement dit , il faut mener la bataille au sein de ces masses mêmes à l’intérieur de leur cerveau !!!Mais ces masses  déculturées  s’abreuvent en cachette et en public de la culture intégriste…L’Ecole publique et ses acteurs sont liquidés, les mass-média continuent sans relâche leur œuvres abrutissantes, l’Etat même privilégie les mesures sécuritaires, s’abstient de corriger les injustices  sociales et politiques .en témoigne l’attitude scandaleux du parquet d’Inezgane qui a concédé ses compétences à la foule aguerrie et enragée. Un coup fatal pour l’Etat de droi

t et de loi   Quant à  la société, elle est tiraillée entre l’opportunisme et l’extêmisme.Si on n’arrive pas à avoir et à  saisir les opportunités en vue de réaliser ses intérêts personnels , on bascule consciemment vers l’extrémisme…Certains extrémistes sont de parfaits opportunistes. Les antivaleurs  dans la politique  sont la monnaie courante mais en société elles nourrissent une hypocrisie criarde…Est-ce impossible de faire quelque chose ?

DAECH et facebook

« Nous sommes tous contre Al Ahdath Almaghribya » est une page du facebook qui donne un bel aperçu  sur la vraie mentalité de la foule…On y trouve même des incitations à l’assassinat des journalistes et des intellectuels. Said Lakhal , un intellectuel qui s’est spécialisé dans la critique des thèses islamistes au Maroc  est menacé directement … C’est grave mais rien n’est entrepris pour endiguer la dérive  qui secoue déjà les esprits des masses .Said Lakhal a appelé les familles à faire attention à leurs enfants  au cas où ils commencent brusquement à pratiquer la religion …Lakhal veut dire évidemment que les parents doivent protéger leurs enfants de l’intégrisme…Mais en chœur, les commentaires  l’ont inondé d’insultes , qualifié d’impie, d’athée, d’apostat… un élan nauséabond de spéculations  ouvertement hypocrites et mensongères.

 

 

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28-06-2015

Le terrorisme est-il une fatalité?

DAECH déverse mort et  haine

Trois attentats  simultanés dans trois continents ,des centaines de victim

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es innocentes , une consternation  profonde et une perplexité insensée chez  les responsables et surtout au sein de l’opinion publique  .On dirait des étincelles jail

lissant de la zone  funèbre animée par DAECH  qui   poursuit  ses massacres au vu et au su du monde entier .Plus de 150 civils, dont  des p

ersonnes âgées, des femmes et des enfants  ,ont été massacrés. C’est l’un des grands   carnages  de civils commis par DAECH  depuis la découverte en décembre dernier des corps de 230 membres de la tribu d’Al Cheitaat dans un charnier dans la province orientale de Daïr Az Zour.  Les ondes de la mort qui transpercent les frontières , les cerveaux  et détruisent  nos rêves

Le complot du silence

Au Maroc, à l’exception de l’Etat qui renforce ses mesures sécuritaires et d’une partie de la société civile qui s’émeut sans pouvoir  rien mobiliser  , le terrorisme est vécu comme une fatalité. Et qui dit fatalité  octroie une certaine légitimité  à ce phénomène  purement inhumain, immoral, irréligieux …

Pourquoi donc on   se recroqueville  dans un attentisme  et une résignation suspects ? Pourquoi ne procède-t-on pas  à séparer le bon grain  de l’ivraie?

Pavé jeté dans la marre stagnante

Au cours de cette semaine , Sayyed AlKomni , un intellectuel égyptien était invité par une association pour parler des lectures « terroriste » du coran opérées par les intégristes  voire par tous ceux qui se réclament de l’islam politique ;un pavé  jetée dans la marre  sans pour autant engendrer l’effet voulu sauf chez les ultras de l’intégrisme  qui ont revendiqué carrément la dissol

ution de PAM , parti Authenticité et Modernité, qui a organisé l’événement.  En fait, Sayyed Al Komni n’a fait dans ses interventions que rappeler que la sacralisation des luttes idéologiques et politiques de l’Histoire de l’Islam est la source des maux que nous vivons actuellement.

Le terrorisme ,une fatalité ?

Il est triste de constater que par exemple chez les facebookiens , les points de vue  qui dominent n’arrivent point à se démarquer des réactions naïves ou des calculs politiciens.  Sans réticence aucune , on ne peut que suspecter le PJD, les islamistes soi-disant modérés au pouvoir. Grace à leurs « bases » et  leur position aux commandes du pouvoir au Maroc , ils ont la possibilité  d’agir et de  dénoncer le terrorisme intégriste avec une certaine  efficacité. Mais malheureusement ils ne font rien .Au contraire , ils lâchent certains de leurs  grands gueules pour   contrecarrer toute tentative  de faire face à cette folie meurtrière qui s’épanouissent dans les cerveaux  des masses.

La théorie du terrorisme :« Celui qui exerce la politique sans religion se laïcise , celui qui pratique la religion sans politique se catholicise (devient comme un prêtre), celui qui arrive à détenir religion et politique atteindra le succès »

, l’auteur de cette réflexion est Ahmed Rayssouni , un wahhabiste  fondateur du PJD mais « mis à l’écart » pour agir plus librement  en faveur de son parti. Il s’agit  de la règle fondamentale de l’Islam politique. Evidemment,  pour dominer la société et les esprits , il faut d’abord  attaquer la laïcité et  la mystique , lesquelles sont considérées comme des ennemis déclarés de l’islam politique que ces islamistes  veulent passer pour le vrai islam.

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21-06-2015

L’Ecole au Maroc ;des angoisses royales à l’instauration des anti-valeurs

Ce que je crois

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Moi je ne suis pas journaliste, je suis enseignant et je suis mal à l’aise  dans ma peau. Mon métier  ne me permet guère de m’exprimer ni de m’épanouir. J’ai décidé plusieurs fois de braver la loi du silence  et j’en ai fait les frais.   Je dis bien que le complot contre l’Ecole marocaine est total, minutieusement préparé et scrupuleusement exécuté. Ma certitude  est la suivante ; la volonté de plonger le peuple dans l’ignorance  pour  l’abrutir  est belle et bien  réelle  . Mais pourquoi donc cette volonté du mal ?

Les  angoisses de Hassane II  dissipées par Basri

Il me semble  que la réponse demeure dans la lutte des classes. Mais une lutte truquée car les  adversaires  ne  disposent pas des mêmes armes. Feu Hassane II se plaig

nait toujours des enseignants qu’il avait qualifiés une fois de pseudo-intellectuels. Il les accusait d’inciter les élèves et les étudiants aux grèves. Feu Basri , plus royaliste que le roi, traduisait les angoisses et les impressions royales en programmes d’action inéluctables.

Le processus de la  liquidation  de l »Ecole marocaine

Pour liquider l’Ecole du peuple , il fallait  d’abord  aliéner , bailler et neutraliser le co

rps enseignant .C’est dire  mettre hors d’état d’agir-de nuire- ou de réfléchir l’acteur principal du  faire  éducatif .

Les procédés mis en œuvre pour liquider ce corps étaient nombreuses ;

-          Les sanctions arbitraires  qui allaient des  licenciements              abusifs jusqu’à la condamnation à de lourdes peines de prison de ceux  qui représentaient une  élite avant-gardiste en symbiose avec les mouvances sociopolitiques. Les grèves menées par la CDT vers la fin des années 70  avaient  mis la puce à l’oreille aux autorités  makhzéniens.  La nécessité d’anéantir    ce corps était devenue une urgence.  En ce faisant l’espace politique  serait sinon   empoisonné du moins  apprivoisé.

-          Les réformes   fatales qui avaient pour objectif fondamental    d’appâter une partie de cette élite   tout en semant les  injustices  et surtout   en encourageant   la vilenie, l’opportunisme , l’intérêt personnel… Tout  en faisant miroiter les opportunités de promotion devant le corps enseignant , le maghzen s’était attelé à désarticulé l’université et surtout à dévaloriser les diplômes et l’effort personnel. Autrement dit, l’Etat a donné le coup de grâce à l’Enseignement en Interdisant tout effort personnel d’apprendre et d’aspirer légitiment à la promotion. Il s’est érigé en maître absolu capable de  faire le beau et le mauvais temps. La promotion  professionnel dans le secteur de l’Education était devenue alors l’apanage de l’Etat qui l’octroie   pour des raisons politiques.

-          Le sabotage  de l’Ecole  a commencé par l’instauration d’une ambiance où  le mépris du savoir  et de tous les efforts fournis pour l’acquérir  étaient  les bases.

-          Le clientélisme duquel  avaient profité une bonne partie des « militants syndicalistes et politiques ».D’abord , les enseignants ,   sans conscience ni science, qui ont été « élus » sous les bannières des partis appelés à l’époque administratifs ont raflé tous les privilèges. Car  ils étaient les éléments clef qui  qui ont permis au makhzen d’ouvrir une brèche monumental  dans ce corps  qui  était tout le temps appelé à jouer un rôle déterminant au sein de la classe moyenne susceptible de guider les changements et les réformes.

-          Cette instrumentalisation pernicieuse  de l’administration pour étouffer et déshonorer  le corps  enseignant a conduit à une certaine aliénation où l’enseignant  exécute les ordres  sans discuter …Paupérisé et réprimé, le salut personnel   est devenu son objectif suprême.

-          Cette politique a instauré les anti-valeurs,  ses conséquences s’étaient faites ressentir par les partis politiques…Devenus politiquement   précaires où les  parvenus et  les opportunistes de toutes les couleurs nichaient , ils étaient incapables de se dresser ou d’exécuter un minimum de leurs programmes alors qu’ils avaient accédé aux commandes. Les luttes d’intérêts personnels étaient tellement exacerbées qu’elles avaient débouché sur des scissions partisanes et syndicales.

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14-06-2015

De la démocratie au Maroc : usages sociaux des normes juridiques et conceptualisation politique des principes de justice

Sommaire
Droit et société au Maghreb

De la démocratie au Maroc : usages sociaux des normes juridiques et conceptualisation politique des principes de justice

Jean Zaganiaris
p. 459-478

Entrées d’index

Géographie :

Maroc

Haut de page

Notes de l’auteur

Merci à Abderrahim El Maslouhi pour la précieuse lecture qu’il a effectuée de la première version de ce texte.

Texte intégral

« Dans la justice, on se réclame d’une conformité, même si c’est à des règles qu’on invente, à une transcendance qu’on prétend dévoiler ou à des sentiments qui vous poussent. La justice, la justesse, sont de mauvaises idées. Y opposer la formule de Godard : pas une image juste, juste une image. C’est la même chose en philosophie, comme dans un film ou une chanson : pas d’idées justes, juste des idées. »

Gilles Deleuze, Claire Parnet, Dialogues.

1Les espoirs démocratiques n’appartiennent pas uniquement à l’Occident mais également à tous les Marocains, les Algériens et les Tunisiens aspirant à vivre dans une société où les droits et libertés de chacun seraient garantis. Toutefois, plutôt que prescrire aux sociétés du Maghreb une conception universaliste du droit, de la justice ou bien de la démocratie, il serait préférable d’examiner de quelle manière celles-ci s’approprient certains principes universels garants du bien-être commun de l’humanité et comment elles construisent des normes juridiques, des principes de justice, des visions politiques. Si on l’aborde sous l’angle des sciences humaines et sociales, l’étude du droit permet d’analyser les éléments empiriques à travers lesquels les populations sont agencées et gouvernées. Ensuite, elle contribue à clarifier les données contextuelles à partir desquelles les normes juridiques se sont édifiées, imposées mais aussi réceptionnées et utilisées de différentes façons au sein des sphères sociales. Enfin, elle interroge les paramètres politiques et éthiques d’une civilisation donnée, censés contribuer au bien être collectif mais aussi individuel des personnes. Le droit n’existe pas sans des acteurs sociaux qui produisent et utilisent son contenu. Il n’existe pas non plus sans la vision normative de ces mêmes acteurs, souhaitant impulser ou imposer certaines visions du monde au sein de l’espace public, en fonction de ce qu’ils estiment être « bon » ou « juste » pour la société. Si la norme juridique possède ses conditions sociales de production au sein du champ, ainsi que des usages sociaux qui lui sont propres, elle se rattache également à une idée de justice de la part de ceux qui la produisent ou l’utilisent.

  • 1  Aristote, Ethique à Nicomaque, Paris, J. Vrin, 1994, p. 216.
  • 2  Ibid., p. 220 : « L’homme le plus parfait n’est pas l’homme qui exerce sa vertu seulement envers (…)
  • 3  Sur cette question, A. Lamchichi, Islam, islamisme et modernité, Paris, L’Harmattan, 1994, p. 107 (…)
  • 4  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité », in(…)

2Pour Aristote, l’homme juste est celui qui respecte l’égalité entre les êtres, ne prend pas plus que son dû et obéit aux lois de la cité, censées apporter bien-être et bonheur à tous les citoyens1. La justice est une vertu, lorsque celui qui la pratique ne cherche pas uniquement son bonheur privé mais aussi celui des autres2. Au sein de l’islam, la notion de justice (‘adl) est liée à la « piété » et à la solidarité entre musulmans, ainsi qu’à l’appel de la « commanderie du bien » et à « l’interdiction du mal »3. Les liens existant entre le droit, la justice et la démocratie interpellent notre monde contemporain et soulèvent des questions importantes : quelles sont les conceptions de la justice dans une société donnée et de quelle manière sont-elles conciliées avec le droit pour favoriser la transition démocratique ? À travers quels processus et quels usages interprétatifs le droit devient-il un instrument visant à faire avancer certaines revendications estimées être « justes » par les acteurs ? Quelles sont également les conceptions de la démocratie au sein des pays maghrébins et de quelle façon le droit incarne-t-il un facteur important de démocratisation aux yeux des populations ? Pour tenter d’apporter quelques éléments de réponse à ces questions, nous nous intéresserons à la phase de « démocratisation » que connaît le Maroc depuis 1999. Cette année est importante pour comprendre la nature de ce fait social complexe que l’on nomme la « transition démocratique ». Elle est marquée par l’intronisation de Mohammed VI, nouveau souverain affichant une volonté de changement, notamment par rapport à l’image démocratique de la nation marocaine. À partir de là, dans un contexte marqué par les attentats du 11 septembre 2001 et par la deuxième guerre du Golfe, un ensemble d’événements juridiques et politiques se sont produits au Maroc et montrent la nature spécifique de sa démocratisation : réforme de la Moudawwana (code de la famille), ayant conduit au début 2004 à l’égalité entre la femme et l’homme au sein du couple (cette réforme a été accompagnée d’un grand débat de société) ; élections législatives de 2002 qui ont été marquées par l’essoufflement de la gauche au pouvoir et par l’essor du PJD au sein du champ politique ; attentats du 16 mai 2003 à Casablanca qui vont conduire à des renforcements sécuritaires déplorés par les militants des droits de l’Homme; affaires de justice « médiatisées », telles que l’emprisonnement du journaliste Lamrabet, de jeunes écoutant du black-métal ou de filles d’Agadir, qui ont été présentées et discutées au sein de l’espace public ; formation de l’IER (Instance équité et réconciliation) qui a organisé des auditions publiques des victimes torturées au cours des « années de plombs » ; un projet de loi sur les partis politiques ainsi que des discussions récentes sur une loi contre la torture au Maroc ou sur l’éventualité d’abolition de la peine de mort ; un grand débat public sur « l’islamisme » (mot par ailleurs aux usages problématiques et controversés), qui se termina par une grande manifestation le samedi 29 janvier 2005 à Rabat, entre les « progressistes » et les « islamistes » à propos de l’article du journal Attajdid, qualifiant la catastrophe du Tsunami de « châtiment divin ». Bien que tous ces événements politiques, présentés certes rapidement, nous montrent la spécificité de la démocratisation marocaine, nous pensons, avec Jean Leca, qu’il serait souhaitable de ne pas évincer trop rapidement les pays arabo-musulmans des théories comparatistes concernant les valeurs et les régimes démocratiques4.

  • 5  N. Bouderbala, « La régulation par le droit au Maghreb : une approche critique », La lettre du CJB (…)

3Dans un contexte où la norme juridique représente une caractéristique décisive pour renforcer la régulation démocratique de la société et permet d’offrir à tous les citoyens des garanties et des libertés fondamentales5, il est important d’examiner la nature des rapports entre « droit » et « démocratie », en s’intéressant aux concepts et aux pratiques sociales. C’est ce que nous ferons dans une première partie, en insistant sur l’exemple du Maroc. Toutefois, si l’on veut penser les espérances démocratiques au sein de la nation marocaine, il faut se pencher aussi sur les liens entre, d’une part, les « principes de justice » et, d’autre part, les usages sociaux et intellectuels des normes juridico-politiques. Si l’on admet que la « justice » ne se limite pas au « judiciaire » et qu’elle a trait également avec les confrontations entre les représentations antagonistes du monde, les interrogations normatives sur ce qu’est une « société juste » ne peuvent être évincées. C’est ce que nous présenterons dans une 2e partie.

Penser le « droit » et la « démocratie » au Maroc : pour une complémentarité des approches conceptualiste et contextualiste

  • 6  M. Weber, Le savant et le politique, (trad. fr.), Paris, 10/18, 1963.
  • 7  J. Habermas, Droit et démocratie, entre faits et normes, (trad. fr.), Paris, Gallimard, 1997, p.  (…)
  • 8  J. Habermas, L’espace public, archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la socié (…)
  • 9  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 80-96.

4Les sciences humaines offrent deux types d’approche pour penser le droit. La première a trait avec la philosophie politique. La dimension juridique est abordée dans une architecture intellectuelle visant à penser les bases morales et politiques de l’État de droit. Selon Jürgen Habermas, le « droit » est relié à la « démocratie » dans la mesure où il permet de penser la nature des rapports entre gouvernés et gouvernants. Le travail sur les normes juridiques s’inscrit dans une tentative extrêmement fructueuse, visant à proposer un modèle de substitution au paradigme de Max Weber sur la domination6. Au rapport vertical entre gouvernant et gouverné, justifié par le monopole de la physique légitime, Habermas propose un rapport horizontal entre État et citoyens, légitimé par la participation du plus grand nombre à la construction législative7. Dans son livre L’espace public, Habermas décrit le processus au cours duquel le public, constitué par les individus faisant un usage autonome de leur raison, s’approprie la sphère publique contrôlée par l’État et la transforme en un lieu de communication8. C’est au sein de toutes ces surfaces situées en dehors du domicile (de la sphère domestique), que les individus discutent et débattent entre eux des affaires qui les concernent et que se crée ce que l’on nomme la « société civile », constituée d’acteurs affranchis des tutelles politiques et religieuses. Dans Droit et démocratie, Habermas revient sur ses positions et reconnaît qu’il est nécessaire de tenir compte des impératifs de la domination, c’est-à-dire des sphères de gouvernance chargées de garantir la stabilité de la société, notamment par l’application du droit9. En même temps, il prend position pour un espace public radicalement démocratique, avec un État Providence non paternaliste capable de venir en aide aux plus démunis sans forcément provoquer en retour une perte d’autonomie de la société civile.

  • 10  Y. Sintomer, La démocratie impossible ? Politique et modernité chez Weber et Habermas, Paris, L (…)

5Pour Habermas, l’espace public est une sphère communicationnelle de libre expression et de libre accès, où l’opinion communiquée émergerait à partir de discussion entre des protagonistes, se trouvant dans une « situation de communication idéale » et faisant appel à des arguments rationnels. Dans cet espace public, le droit est ce qui permet de concilier deux pôles apparemment antithétiques, à savoir la « légitimation démocratique » et la « domination politique »10. À travers l’expérience délibérative, Habermas montre que les individus peuvent participer directement ou indirectement au processus législatif, que ce soit par le biais du suffrage universel ou bien par le recours à la communication, pour interpeller le pouvoir et faire entendre des revendications au sein de l’espace public :

  • 11  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 204. Y. Cusset a montré que chez Habermas, l’éth (…)

« Les discussions menées par représentations ne peuvent satisfaire à cette condition d’une participation égale de tous les intéressés que si elles demeurent perméables, sensibles et ouvertes à toutes les suggestions, à tous les thèmes et à toutes les contributions, à toutes les informations et raisons qui lui arrivent d’un espace public pluraliste, lui-même structuré en fonction de la discussion, et donc pauvre en teneur de pouvoir et proche de la base11. »

  • 12  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 248-251.

6Habermas plaide pour des univers sociaux pluralistes où les normes juridiques produites et appliquées pour rendre justice sont le fruit d’une interaction effective entre les dirigeants politiques et la société civile, et non pas une imposition de normes forgée par les délires décisionnistes du pouvoir et à laquelle les sujets doivent se soumettre passivement12.

  • 13  Sur le débat Rawls-Habermas, voir leur contribution respective dans J. Habermas, J. Rawls, Débat s (…)

7Des conceptions analogues, liées à la problématique générale de la contractualisation entre l’État et la société civile, sont également présentes chez le philosophe politique américain John Rawls. Adoptant une démarche beaucoup plus philosophique qu’Habermas, qui reste l’héritier d’une tradition pluridisciplinaire impulsée par les tenants de l’École de Francfort13, John Rawls rattache le droit à la théorie de la « justice comme équité » :

  • 14  J. Rawls, Théorie de la justice, [1971], (trad. fr.), Paris, Seuil, 1987. p. 90.

« Le caractère inévitablement vague des lois en général et le vaste champ qu’elles offrent à l’interprétation encouragent un certain arbitraire dans le processus de décision que seule une fidélité à la justice peut réduire14. »

8Pour limiter cet arbitraire, John Rawls a recours à un instrument analytique qui est celui de la position originelle. Les partenaires rationnels et raisonnables sont placés dans une situation où ils ne connaissent pas leur propre position sociale et au sein de laquelle ils ne peuvent donc élaborer des principes pour leurs avantages privés :

  • 15  Ibid., p. 560.

« Le voile d’ignorance nous empêche de constituer notre conception morale en fonction de nos intérêts et de nos attachements particuliers. Nous ne considérons pas l’ordre social à partir de notre situation, mais nous adoptons un point de vue que chacun peut adopter sur un pied d’égalité15. »

  • 16  J. Rawls, Libéralisme politique, Paris, PUF, 1995, p. 28.
  • 17  Ibid., p. 131-132 ; voir aussi J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, op. cit., p (…)

9Dans ce système, la norme juridique est secondaire et fait partie des outils visant à concilier les impératifs de « justice » et « d’égalité » avec les principes d’une société libérale. John Rawls a affirmé que l’un des enjeux politiques de nos civilisations actuelles est de comprendre de quelle façon on peut établir les principes d’une société « juste », constituée de citoyens libres et égaux mais qui possèdent chacun des doctrines raisonnables différentes16. Constatant que ces derniers ne peuvent unanimement se mettre d’accord sur aucune autorité morale, Rawls plaide pour une conception « constructiviste » de la coopération sociale qui soit « politique » et non pas « métaphysique ». Il prend position pour un recours à la raison pratique, susceptible de conduire les citoyens à trouver des principes de justice que tous peuvent accepter, quelles que soient les doctrines « compréhensives » d’ordre moral, philosophique ou religieux auxquelles ils se rattachent17.

  • 18  N. Bouderbala, P. Pascon, « Le droit et le fait dans la société composite, essai d’introduction au (…)
  • 19  Sur les questionnements que la sociologie pose au droit, voir l’introduction de L. Israël, G. Sacr (…)
  • 20  Sur ces attaques, voir P. Bourdieu, Méditations pascaliennes, Paris, Seuil, 1997, p. 67-68.
  • 21  Sur cette approche, voir P. Bourdieu, « La force du droit. Éléments pour une sociologie du champ j (…)
  • 22  P. Bourdieu, « La force du droit. », op. cit., p. 4.

10Un deuxième type d’approche, que nous pouvons désigner comme étant contextualiste, considère que le droit n’est pas autonome par rapport à la société et qu’il faut aller voir dans les pratiques sociales la nature de « ce conglomérat de pratiques juridiques que le formaliste a érigé en système »18. À ce niveau, il faut reconnaître l’apport important des questionnements de la sociologie juridique : Comment est-ce que le droit est produit ? Comment est-il appliqué ? Comment est-ce que certains groupes sociaux se saisissent et utilisent le droit ? Comment est-ce que des pratiques juridiques se créent en dehors de ce qu’il est communément admis d’appeler le droit 19 ? Comme l’a indiqué notamment Pierre Bourdieu, il est difficile d’étudier les registres juridiques sans tenir compte de leurs conditions sociales de production ainsi que de l’aspect proprement sociologique de leur réception. Dans ses attaques contre « l’épistémocentrisme herméneutique de la lecture » considérant le langage comme « un objet d’interprétation » et de « contemplation » plutôt que comme un instrument d’action et de pouvoir20, le sociologue français invite le chercheur à faire abstraction de l’aspect proprement philosophique de l’État de droit pour s’intéresser aux mutations et aux usages sociaux des différentes normes juridiques21. Les pratiques et les discours sur le droit sont le produit du fonctionnement d’un champ juridique. L’enjeu n’est pas d’interpréter le contenu des œuvres constitutionnelles ou législatives mais d’examiner la réalité sociale au sein de laquelle est produit le droit. Il ne s’agit pas de dire ce qui est « juste » pour la société mais d’étudier empiriquement de quelle façon les différents agents, qu’ils soient dominants ou dominés, expriment leur conception personnelle de la « justice », et de mettre à jour les conflits latents et les rapports de domination existant dans les différents champs sociaux. Selon Bourdieu, le champ juridique est le lieu d’une concurrence pour le monopole « du droit de dire le droit »22. Les textes juridiques n’ont pas pour objet de penser la « démocratie » ou la « justice sociale ». Il s’agit de pratiques et de discours à travers lesquels se dessinent des enjeux spécifiques au champ, notamment celui visant à imposer une interprétation reconnue. Dès lors, en étudiant les conditions sociales de production des normes juridiques ainsi que des pratiques mises en œuvre par les agents, le chercheur en sciences humaines peut essayer de comprendre les mécanismes de fonctionnement de ce champ, notamment pour ce qui concerne l’imposition d’une vision « juste » de la « justice ».

  • 23  L. Boltanski, L’Amour et la Justice comme compétence. Trois essais de sociologie de l’action, (…)

11Ces deux approches montrent que l’étude du droit ne peut être abordée en se situant de manière exclusive soit dans « le conceptualisme », soit dans le « contextualisme ». En conciliant les apports de la théorie politique avec une étude des réalités empiriques des sociétés, il s’agit de penser les rapports entre les registres juridiques et les principes démocratiques dans une société administrée par les détenteurs de la violence physique légitime. Plutôt que de se demander de manière descriptive quels sont les différents « droits » (droits de la femme, droits de l’environnement, droits associatifs, droits de l’Homme) existant dans tel ou tel pays, nous voulons savoir, pour paraphraser un titre de Pierre Bourdieu, « ce que parler du droit au Maghreb veut dire » ? Cela signifie qu’au lieu de se demander abstraitement si le monde arabo-musulman est démocratique ou pas, il est préférable de savoir comment les Marocains, les Algériens et les Tunisiens interprètent et utilisent le terme « démocratie ». La nature des discours tenus par certains acteurs de la société civile marocaine (universitaires, journalistes, étudiants…) constitue un terrain d’enquête permettant d’examiner de quelle façon ces derniers parlent de la « démocratie », de « l’État de droit », des « droits de l’Homme ». Penser le droit au Maroc consiste également à savoir de quelle manière certaines catégories de la société civile marocaine pensent « la démocratie » et utilisent certains langages pour communiquer publiquement le fruit de leur pensée. En fonction de quelles conceptions de la justice et de la liberté mais aussi au sein de quelles contraintes (pour reprendre les termes de Boltanski23), les Marocains se réfèrent-ils aux valeurs, au concept ou bien au terme « démocratie » ? Quelles significations, quelles représentations et quels idéaux sont produits à partir de ce référent ?

  • 24  Sur la sociologie des discours étudiants tenus au sein de l’université, voir F. Rhissassi (dir.), (…)
  • 25  Ce travail sur l’usage du mot « démocratie » au Maroc ne peut être dissocié d’une étude plus large (…)
  • 26  Copie d’examen datant du 4 décembre 2006. Nous avons retranscrit les propos tels quels. De plus, i (…)
  • 27  Copie d’examen datant du 4/5/2006.

12Pour comprendre cela, il existe de nombreux terrains de la société marocaine qui méritent d’être analysés. Il est possible d’analyser les discours de certaines catégories de la société civile, notamment les enseignants et les étudiants de l’enseignement supérieur public ou privé, et s’intéresser à la manière dont le mot « démocratie » est étudié dans les salles de classe, dans les copies, dans les conférences, dans les colloques, dans les couloirs, dans les cafétérias24. Tout en n’étant pas dissociés des valeurs islamiques auxquelles les gens demeurent très attachés, les référentiels démocratiques se rattachent également à des significations fortement imprégnées par des idéaux politiques tels que les droits de l’Homme, les élections, le refus de la corruption et les garanties de libertés, notamment de liberté d’expression25. Certains discours étudiants sont très optimistes quant à la démocratisation qui a lieu actuellement dans le Maroc des années 2000, notamment depuis l’avènement du nouveau souverain : « Il y a des améliorations au Maroc, avec le nouveau roi qui a instauré la démocratie »26. Dans une autre copie, rédigée six mois plus tôt, nous avons pu lire des propos analogues : « Après la nomination de Mohamed VI au pouvoir, il est devenu évidant que le Maroc commence à se démocratiser lentement mais sûrement, et cela par la création de plusieurs associations privées et publiques, ainsi que par le changement de plusieurs décrets de loi dont la Moudawwana »27. Il ne s’agit pas de savoir si nos enquêtés ont raison ou pas de parler de cette manière, d’utiliser tel terme plutôt que tel autre mais plutôt de comprendre, à travers leur discours, ce que veulent dire les gens lorsqu’ils parlent de démocratie au Maroc. On voit que celle-ci est fortement liée dans les discours des étudiants à la personnalité du nouveau roi, mais également à des valeurs telles que la liberté d’expression :

  • 28  Copie d’examen du 4/5/2006.

« Depuis l’arrivée du roi Mohamed VI au trône en 1999, les marocains ont eu droit à la démocratie, soit à une liberté d’expression qui a commencé lorsque le roi a montré sa femme au peuple marocain (ce qui était inconcevable avant). Ce fut le très grand pas vers la démocratisation du pays parce qu’il a montré au peuple marocain qu’il n’avait rien à cacher et que si quelqu’un avait quelque chose à dire, qu’il le dise que ce soit des critiques ou des propos, car tout le monde a le droit de donner son avis et peut en parler à la lumière du jour28. »

13D’autres propos sont plus pessimistes dans leur conception de la démocratie et sur les possibilités de son existence effective au Maghreb :

  • 29  Copie d’examen du 4/5/2006.

« On parle beaucoup de démocratie au Maroc mais en réalité c’est de l’hypocrisie, en réalité il n’y a pas de liberté d’expression, mes parents m’ont appris à ne jamais parler de politique car sinon on risque la prison. Je ne peux pas faire ce que je veux au Maroc, je ne peux pas m’habiller comme je veux29. »

  • 30  Sur la distinction entre « libertés positives » et « libertés négatives », voir I. Berlin, « Deux (…)

14Cette vision « désenchantée » à l’égard de la démocratie montre que le souvenir des « années de plomb » ainsi que les formes de censure sociale sont des données importantes pour comprendre la nature de la démocratisation qui s’effectue actuellement au Maroc. Elle indique aussi qu’une société démocratique ne peut qu’être une société « juste », c’est-à-dire une société où les individus ne sont pas privés arbitrairement, c’est-à-dire « injustement », de certaines libertés considérées comme étant fondamentales à leurs yeux. Comme l’a montré Isaiah Berlin, la démocratie est définie par des « libertés positives » mais aussi par des « libertés négatives », telles que le fait de pouvoir se vêtir de la manière souhaitée dans l’espace public, sans se heurter à la réprobation moralisante30. Nous avons pu lire également dans des copies que la démocratie était une « utopie » non seulement au Maroc, mais aussi dans le monde entier. L’agression de l’Irak par les États-Unis est un argument souvent invoqué pour démontrer que l’Occident ne possède pas non plus de régime démocratique digne de ce nom. Pour certains, la démocratie au Maroc est une « hypocrisie ». Une étudiante écrit dans une copie :

  • 31  Copie d’examen datant du 4/12/2006.

« La démocratie au Maroc, c’est de l’hypocrisie. Il n’y a pas de liberté d’expression au Maroc ; des journaux tel que Tel Quel ou le Journal qui ont critiqué des tabous ont été condamnés […] Même les démocraties « soit disant avancées », ce sont elles qui ont colonisé le Maroc et au XXe siècle, ce sont elles qui font la guerre en Irak31. »

  • 32  Copie d’examen datant du 4/5/2006.

15D’autres personnes avancent des discours nuancés, proclamant leur foi en l’avenir : « Je vais conclure ma dissertation en affirmant qu’il y a une démocratie au Maroc ; peut-être pas au sens large mais je garde toujours espoir en notre pays »32. Quoi qu’il en soit, la démocratie n’est pas définie comme une notion extérieure à la culture marocaine ou bien étant contraire aux valeurs de l’islam. Peu de copies ou de discours oraux affirment que la démocratie et l’islam sont incompatibles, même si la complexité des liens entre liberté d’expression et religion est parfois évoquée.

  • 33  Sur la constitution des auteurs marocains en tant qu’objet d’étude sociologique, voir l’approche d (…)
  • 34  Sur cet aspect, A. Yassine, Islamiser la modernité, Al Ofok Impressions, 1998, notamment p. 42-43
  • 35  Ibid., p. 309.

16Un autre terrain pour étudier les usages sociaux et intellectuels du mot « démocratie » au Maroc peut être constitué à partir des écrits des intellectuels marocains33. Nous pouvons y trouver un vaste panorama des appropriations du terme « démocratie », s’étendant d’une conception émancipatrice et humaniste, voyant dans ce mot des espoirs de justice sociale, de droits humanistes octroyés et de pluralisme, jusqu’à une conception répulsive, considérant les valeurs démocratiques comme des modes de vie étrangers, imposées de l’extérieur par un Occident laïc, colonisateur, incapable de maîtriser la décadence en son sein34. Plutôt que de parler de « démocratie » (c’est-à-dire de « pouvoir du peuple, signifiant que le peuple se gouverne sans une autorité supérieure »), le Cheikh Yassine préfère utiliser le terme Choura qui signifie « consultation », c’est-à-dire « effort d’interprétation, d’adaptation et de compréhension pour mettre en pratique la Loi révélée que les hommes n’ont pas le droit de changer »35. Il affirme que la « démocratie » des musulmans est cette Choura et que la « transition démocratique » dont il est question au cours de la fin des années 1990 ne peut être dissociée de la « Loi coranique » :

  • 36  Ibid., p. 311.

« Les islamistes éprouvent quant à eux de sérieuses difficultés à faire comprendre aux démocrates laïques que la règle du jeu démocratique qu’on essaye d’imposer aux peuples musulmans ne prendra jamais racine tant qu’elle restera en porte à faux avec la Loi coranique. Comment expliquer aux laïques bien de chez nous et « tous musulmans » que la démocratie occidentale ne peut être appréhendée en dehors de l’itinéraire historique qui l’a vue naître et évoluer ? Dans quelle langue leur expliquer que la choura, jusqu’ici mise en veilleuse, ne peut être abstraite de son contexte coranique ? Dans la sourate ach choura, le politique est indissociable du social et celui-ci fait partie intégrante du religieux ; d’où l’ineptie laïque qui veut que le domaine du pouvoir et de son organisation soit séparé des préoccupations religieuses36. »

  • 37  A. Laouini, Satan et la démocratie, Impression Fedala, 2001, p. 15.

17Pour le Cheik Yassine « la démocratie » occidentale ne peut que nuire à la civilisation musulmane, à laquelle il convient d’appliquer plutôt des règles de vie et de gouvernement issu d’une interprétation fondamentaliste du Coran. Les ouvrages d’Ahmed Laouni, « Satan et la démocratie », publié en 2001 par l’imprimerie Fedala, ou bien « L’esclavage libérateur de la dictature des colons “démocrates” », publié aux éditions de Rabat Top Press en 2004 présentent la démocratie comme une « duperie » adressée par les régimes coloniaux aux musulmans. L’auteur rappelle que « seules les libertés déterminées par Dieu sont utiles » et « qu’il ne peut y avoir de démocratie sans religion monothéiste à sa base »37. Bien évidemment, l’auteur du livre possède sa conception personnelle sur le contenu de ces « libertés déterminées par Dieu », situées aux antipodes de celles « déterminées par la sincérité douteuse des hommes ».

  • 38  M. Mouaqit, Du despotisme à la démocratie, héritage et rupture dans la pensée politique arabo-musu (…)
  • 39  M. Mouaqit, Du despotisme à la démocratie, op. cit., p. 178.
  • 40  A. Abderraziq, L’islam et les fondements du pouvoir, [1925], Casablanca, Le Fennec, 1994.

18Ces propos ne résument pas la diversité des points de vue du champ intellectuel marocain. Le livre de Mohamed Mouaquit, Du despotisme à la démocratie : héritage et rupture dans la pensée politique arabo-musulmane, publié en 2003, contient un point de vue aux antipodes des précédents discours38. Dans cet ouvrage, cet universitaire casablancais retrace le rapport du monde arabo-musulman avec le concept de démocratie, et à la fin de l’ouvrage, il prend position pour l’avènement des modèles démocratiques, compatibles avec les référents islamiques. Mohamed Mouaqit se positionne autant par rapport à Abdallah Laroui parlant d’un islam des Lumières que vis-à-vis de Al Jabri reliant démocratie et islam à partir d’un point de vue théocratique. Fustigeant les usages du terme « démocratie » par les islamistes, il plaide pour un islam qui soit à la fois en harmonie avec sa spécificité historique et théologique. Au-delà de l’apport théorique fondamental que représente cet ouvrage, il montre également de quelle manière le concept de « démocratie » est utilisé par un intellectuel marocain communiquant au sein de l’espace public. Pour cet auteur, la démocratie est indissociable d’une « éthique non théologique » ou bien d’une « éthique politique humaniste » s’inscrivant dans les spécificités historiques et culturelles des sociétés arabo-musulmanes39. Abdou Filali-Ansary, directeur de la revue Prologues (une revue bilingue au Maroc), va beaucoup plus loin et se présente comme le partisan d’une conciliation entre « islam » et « laïcité ». S’inspirant d’Ali Aberraziq qui, dans un livre paru en Égypte en 192540, rappelait que l’islam était une religion et non pas un mode de gouvernement, Abdou Filali-Ansary écrit que les musulmans seraient beaucoup plus à l’aise dans une société laïque :

  • 41  A. Filali-Ansary, L’islam est-il hostile à la laïcité ?, [1997], Casablanca, Le Fennec, 1999 (…)

« D’un point de vue islamique on peut répondre lorsqu’on fait la part de la norme et celle de l’histoire, que la laïcité peut être un cadre, une forme d’organisation qui permet de travailler d’une manière plus intelligente et plus efficace à diffuser les bienfaits des systèmes politiques modernes et à limiter les injustices. Elle apporte avec elle non pas le libéralisme pur, mais la philosophie des droits de l’Homme et la démocratie, toutes deux des formulations modernes et des outils éprouvés qui permettent de réaliser les aspirations ou finalités que la religion s’est assignées41. »

19Pour Filali-Ansary, les sociétés musulmanes ne sont pas incompatibles avec la laïcité ou la démocratie.

20Il est capital de souligner que l’ensemble des intellectuels ayant utilisé le terme de démocratie ne dissocie pas celui-ci de l’islam, vis-à-vis duquel ils tentent de se positionner dans un pays où elle est religion d’État. Par contre, la divergence entre les auteurs a lieu au niveau de l’interprétation du Coran et du rapport à l’islam (relié soit à une éthique humaniste non théologique, soit à une ardente profession de foi, allant jusqu’au désir de vivre dans un État fondamentaliste ayant imposé la Charia). L’une des spécificités de ces discours d’intellectuels marocains est la volonté d’imbriquer ou de « désimbriquer » les valeurs démocratiques avec celles de l’islam, en fonction à la fois de l’incorporation personnelle du religieux et de la vision du monde à l’égard de l’Occident. Quoi qu’il en soit, ce métissage des cultures dans les paroles des enquêtés amène à s’interroger sur les rapports, les dialogues, les débats, les « intimités » pouvant exister entre la théorie politique démocratique et la société civile marocaine.

Droit, justice et démocratie au Maroc

  • 42  M. Charfi, Islam et liberté, le malentendu historique, Paris, Albin Michel, 1998, p. 64 ; voir l’ (…)
  • 43  Ibid., p. 10-12.
  • 44  Ibid., p. 75.

21Comme l’a rappelé Mohamed Charfi, le droit musulman classique est un corpus de règles juridiques traitant de tous les problèmes de la vie en société. Malgré la grande césure connue par la communauté musulmane (entre sunnites, chi’ites et kharidjites) et malgré la division de chacune des grandes familles en différents rites, le droit musulman semble garder une certaine cohérence42. Ce droit a progressivement régi la société musulmane citadine depuis le IIe siècle de l’hégire (VIIIe siècle après J. C.). Actuellement, même si l’influence occidentale s’est imposée comme une source importante de régulation, les processus de codification de la norme juridique que connaissent les pays du Maghreb continuent de puiser leurs sources au sein du droit musulman, notamment pour ce qui concerne le statut personnel. Une attention mérite d’être accordée à l’adaptation des principes divins, définis comme immuables car étant issus de la Révélation, avec les réalités sociales de l’époque contemporaine. Comment construire une norme juridique conciliant, d’une part, les impératifs religieux de l’islam qui, dans des pays comme le Maroc est « religion d’État », et, d’autre part, la diversité du rapport au religieux existant au sein des sociétés contemporaines auxquels le droit est censé s’appliquer ? Mohamed Charfi constate que « le régime juridique nouveau » qui s’implante dans les pays du Maghreb n’a rien à avoir avec la charia que souhaite instaurer les fondamentalistes43. Selon lui, « par plusieurs de ses aspects, la charia a été construite par les hommes, contre les principes coraniques »44. Le droit nouveau est adopté par le Parlement théoriquement issu du suffrage universel, alors que la charia est l’œuvre des théologiens. Selon le juriste tunisien, le droit pénal nouveau édifié au Maghreb est conçu pour réhabiliter le délinquant ou pour le mettre hors d’état de nuire, alors que le droit pénal charaïque est fait de châtiments corporels – notamment celui de la lapidation – dont le but est de faire souffrir.

  • 45  Sur les principes de gouvernance, voir P. Laborier, P. Lascoumes, « L’action publique comprise com (…)
  • 46  P. Vermeren a opté pour ce type d’approche : Maghreb, la démocratie impossible ?, Paris, Fayard, (…)
  • 47  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité » in (…)

22Le travail de construction de la norme juridique dans les pays arabo-musulmans pourrait être pensé à la lumière de cette rupture incarnée par la démocratisation des pays du Maghreb au sein de l’ère postcoloniale ainsi qu’à la lumière des pratiques de gouvernance45. Pour travailler sur cette question, nous devons nous positionner face à deux problèmes sérieux. D’une part, il faut se méfier de la position « colonialiste » ou « occidentalo-centriste ». Plutôt que de prescrire une conception occidentale de la démocratie au Maroc, il est préférable de s’intéresser à la manière dont la culture arabo-musulmane génère sa propre voie d’accès à la démocratisation politique46. D’autre part, on ne peut pas non plus adopter l’attitude « relativiste », qui est aussi parfois celle de la « muse enrôlée »47. Le chercheur ne peut qualifier de « démocratique » n’importe quel régime méprisant les droits humains les plus élémentaires. Face à ce double refus de la posture « colonialiste » et de la posture « relativiste », nous aurons une position critique vis-à-vis de l’universalisme des valeurs tout en refusant certaines formes de relativisme débouchant sur l’anti-humanisme et la caution des régimes despotiques.

  • 48  G. Sartori, Théorie de la démocratie, Paris, Armand Colin, 1973, p. 325 et p. 341.
  • 49  Sur le problème de l’effectivité des droits humains au Maghreb voir le dossier « Régimes politique (…)
  • 50  A. Lahouari, L’Algérie et la démocratie, pouvoir et crise du politique dans l’Algérie contemporain (…)
  • 51  G. Deleuze et F. Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, Paris, Minuit, 1991, p. 102-106. Ces (…)

23Bien souvent, l’universalisme des valeurs mène à imposer l’idéal démocratique comme étant réservé aux sociétés occidentales. Pour Giovanni Sartori, le concept de « démocratie » se limite à l’Occident car il est le seul à contenir le principal vecteur de démocratisation, à savoir le libéralisme48. Une démocratie ne peut être qu’une démocratie libérale, telle que la définit par exemple Alexis de Tocqueville dans son plaidoyer pour les libertés des individus et contre les dérives de l’égalité. Si Sartori a raison de refuser le relativisme terminologique pouvant conduire le « pseudo-démocrate » à parler de démocratie ou bien le « vrai démocrate » à employer le mot « démocratie » pour désigner les pays pseudo-démocrates, nous ne pouvons pas le suivre dans la délimitation du concept démocratie au contexte occidental et aux valeurs libérales. Il serait illusoire d’opposer un Occident démocratiquement respectable, soucieux du respect des droits et des libertés, à l’autoritarisme des régions prétendument « sous développées » ou « exotiques » du monde, incapables de respecter les valeurs humaines les plus élémentaires. Bien sûr, il ne s’agit pas d’occulter les victimes de toutes les pratiques inhumaines ou intolérables existant en Amérique latine, sur le continent africain ou bien en Asie49. En même temps, il serait discutable de réduire les nations du Maghreb à leurs aspects autoritaires, occultant ainsi une tradition pluraliste forte, telle que celle existant par exemple au Maroc, ou bien des expériences démocratiques telles que celle entamée en Algérie et qui a été dramatiquement bloquée en décembre 199150. Il serait également naïf de croire en la vertu des États occidentaux et à la perfectibilité de l’application en leur sein des grands principes démocratiques dont ils se réclament. Les violences policières et militaires de toutes sortes, le non-respect du droit par les gouvernants, les affaires de corruption de la classe politique ou bien encore les traitements inhumains infligés à la société civile ou aux flux migratoires ont montré les limites de la frontière instaurée entre les États prétendument démocratiques de l’Occident et les États prétendument autoritaires du monde arabo-musulman. Comme l’avaient indiqué Gilles Deleuze et Félix Guattari, l’histoire de la respectable social-démocratie européenne montre qu’elle n’a pas hésité à envoyer les forces policières armées réprimer les foules lorsqu’elles manifestaient pour crier leur famine ou bien pour revendiquer leurs droits51.

  • 52  A. Al-Azmeh, « Populisme contre démocratie. Discours démocratisants dans le monde arabe », in G. S (…)
  • 53  A. Oumlil, Islam et État national, Casablanca, Ed. Le Fennec, 1992, p. 66-69 ; on verra égalemen (…)

24La question qui se pose dès lors est de savoir dans quelle proportion les interprétations et les usages du terme « démocratie » relèvent des convictions ou bien des intérêts. Faut-il en déduire comme Aziz Al Azmeh que la profusion des discours sur la démocratie dans le monde arabe est liée à un artifice rhétorique et à une instrumentalisation des valeurs occidentales en fonction des intérêts des agents qui se les approprient 52 ? S’il est indéniable que la référence à des écrits et à des positions spécifiques à propos de la démocratie est tributaire des intérêts des agents au sein du champ (et qu’il y a certains discours employant les valeurs démocratiques qui s’adressent à certains publics spécifiques – l’usage du français plutôt que l’arabe n’étant pas anodin), il est difficile d’occulter les revendications, voire les convictions qui sont également susceptibles d’impulser des usages de ce terme53. C’est pour cela que l’on ne peut réduire la « démocratie » à son visage occidental et libéral, et prétendre que les discours démocratiques au Maroc ne sont uniquement que des artifices rhétoriques. Au contraire, sans avoir forcément un regard complaisant, il est nécessaire d’aller regarder les dimensions que revêtent les référentiels démocratiques dans les pays arabes, ainsi que les effets de réalité qu’ils impulsent lorsqu’ils sont réappropriés au sein de la société civile.

  • 54  A. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, GF Flammarion, 1981, vol. I, p. 55.
  • 55  Ibid., p. 424-425.

25Comme l’a montré Sartori dans son approche pourtant très « euro-centrique », nous pouvons trouver chez Tocqueville des pistes de réflexion importantes pour penser la démocratie en dehors de la sphère européenne. Dans De la démocratie en Amérique, celui-ci écrivait qu’il ne fallait pas « tourner nos regards vers l’Amérique pour copier servilement les institutions qu’elle s’est données, mais pour mieux comprendre celles qui nous conviennent, moins pour y puiser des exemples que des enseignements, pour lui emprunter des principes plutôt que les détails de ses lois »54. S’il existe des principes universaux qui la caractérisent, comme par exemple la substitution des « bonnes lois » à « l’arbitraire » du despote ou bien la garantie du « bien être » des citoyens, force est de constater que les pratiques démocratiques ne sont pas les mêmes selon les mœurs, les croyances, les passions, les mentalités, les consensus moraux, l’économie ou bien le passé historique des nations. Plutôt que de se rattacher à une vision occidentalo-centriste pour penser les théories politiques démocratiques, il faudrait au contraire suivre les pas de Tocqueville et radicaliser son approche méthodologique en faisant l’effort d’aller chercher « l’intimité » existant entre la « démocratie » et les sociétés du Maghreb.Bien qu’il ait également justifié la violence d’État lors des soulèvements de 1848, l’un des intérêts de la pensée de Tocqueville est de s’être penché conceptuellement sur le régime démocratique et de l’avoir pensé en dehors de sa conception européenne ou antique. Tocqueville a souhaité non pas proposer les lois anglo-américaines à l’imitation de tous les peuples qui possèdent un état social démocratique mais plutôt de montrer, par l’exemple de l’Amérique, que les lois, et surtout les mœurs, pouvaient permettre à un peuple de rester libre55. Outre que l’observation des pratiques et des discours sur la démocratie au Maroc peut aider à penser ceux existant dans les civilisations occidentales, elle contribue également à connaître « autrui » et à comprendre son rapport aux éléments culturels importés.

  • 56  A. Oumlil, Islam et État national, op. cit., p. 141-142.
  • 57  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité » in (…)
  • 58  Bien souvent cette conception d’un peuple inculte et stupide n’est qu’un prétexte pour légitimer l (…)
  • 59  Sur cette question des « Contre-Lumières », voir J. Zaganiaris, Spectres contre-révolutionnaires, (…)

26En effet, le mot « démocratie » ne fait pas initialement partie du monde arabo-musulman. Il a été forgé au sein de la civilisation occidentale. C’est donc par la suite, notamment au cours des ères coloniales, que le terme a été importé dans les cultures politiques maghrébines. L’aspect langagier doit donc être pris en compte. Au Maroc, l’arabisation de la société n’a pu être effectuée après les années qui ont suivi l’Indépendance et la réalité sociale montre que la plupart des Marocains parlent darija (arabe dialectal) et en français. La traduction actuelle du terme « démocratie » dans la langue arabe est dimouqratiyya. Il n’y a pas de mot spécifique pour traduire « démocratie » dans les différentes langues parlées au Maroc (le foçha, langue officielle, c’est-à-dire l’arabe classique ; le darija, un dialecte national, ainsi que les différentes langues berbères). Au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le terme Choura (consultation) a été utilisé par les réformistes religieux comme un équivalent de celui de « démocratie », mais l’apparition du concept était reconnue comme liée à l’Occident56. Jean Leca ajoute également les termes de itjihad (raisonnement indépendant) et de ijma (consensus), voire celui de bay’a (l’acception quasi-contractuelle du roi par les tribus et les corporations marocaines), afin de présenter des éléments de la culture démocratique incorporés au sein de l’islam57. Malgré cette importation du concept occidental, il nous semble discutable de présenter ces pays comme ne possédant aucun intérêt pour une théorie politique de la démocratie. On ne peut considérer les populations marocaines comme étant stupides et incultes (en invoquant le fort taux de pauvreté et d’analphabétisation), comme étant incapables d’avoir accès aux débats, d’avoir une opinion sur les affaires qui les concernent, d’accéder à cette majorité dont parlait Kant58. Ces visions péjoratives à propos d’une société civile considérée intrinsèquement comme mauvaise sont celles des « Contre-Lumières », pensant que la stabilité sociale ne pouvait être garantie que par la soumission des individus aux volontés plus ou moins arbitraires des gouvernants, ainsi que par les actes de répression préventifs ou punitifs du pouvoir59.

  • 60  Sur ce point, voir les articles de N. Boumaza dans Les Cahiers du Centre Jacques Berque, n° 2, 200 (…)

27Il est important de reconnaître que les problématiques liées à la production et à la réception des normes juridiques, ainsi que celles inhérentes à l’État de droit, ne se limitent pas à des objets construits au sein des frontières occidentales et qu’il n’y aurait rien de plus abject que de considérer les populations du Maghreb comme étant des peuples « sous-développés », auxquels les libertés et les garanties démocratiques ne s’appliquent pas. Le rapport entre le « droit » et la « démocratie » n’est pas une caractéristique propre des civilisations occidentales. Le mot « démocratie » n’appartient pas uniquement à l’Occident, qui serait le seul détenteur de la bonne interprétation et de la bonne application des principes le constituant. Les valeurs démocratiques incarnent des espérances communes de « justice » propres à l’ensemble des sociétés humaines. De même, le pluralisme des valeurs et des visions du monde présenté comme critère de démocratisation des sociétés occidentales existe également dans des formes analogues au sein des civilisations arabo-musulmanes. La tentative d’homogénéiser les musulmans sous une vision erronée de l’islam, censée être appliquée de la même manière par tout le monde, a longtemps masqué non seulement la réalité sociale des différentes « islamités »60 mais également la diversité effective que l’on peut trouver dans les sociétés du Maghreb, constituées comme toute autre civilisation d’athées, d’agnostiques, de croyants. Il est important de reconnaître que l’on trouve non seulement un caractère composite inhérent à la société marocaine mais aussi une coexistence multiple de valeurs et de visions du monde qui la rattache à toutes les théories politiques occidentales insistant sur les liens entre « démocratie » et « pluralisme ».

  • 61  J. Rawls, Libéralisme politique, op. cit., notamment p. 109-110.

28Le fait qu’il existe des spécificités au Maroc, notamment que les normes de respectabilité et d’estime de soi sont étroitement liées au référentiel islamique, n’implique pas que nous pouvons faire nôtre la position « culturaliste », insistant sur le fossé culturel entre les sociétés maghrébines et occidentales ainsi que sur les conditions historiques rendant quasiment impossible pour la première d’avoir accès aux avancées démocratiques connues par la seconde. En même temps, reconnaître que les idéaux et les normes démocratiques ne sont pas incompatibles avec les différentes cultures et traditions des pays du Maghreb ne sous-entend pas, de notre part, que nous plaidions pour une transposition simpliste des référents sur n’importe quel contexte. Au Maroc, les usages et les discours sur le droit, la justice et la démocratie sont soumis à un ensemble de règles mais aussi de « contraintes » – au sens que Luc Boltanski donne à ce terme –, liées principalement aux respects de la personne du Roi, de l’islam et de l’intégrité du territoire. Toutefois, ces spécificités ne doivent pas nous autoriser pour autant à faire du référentiel islamique ou de la nature du régime des critères occultant les espérances démocratiques des sociétés du Maghreb. L’accès immanent à la démocratie peut exister sans passer forcément par l’opposition tranchée entre les valeurs « éthiques » ou « métaphysiques », c’est-à-dire les principes moraux, religieux ou philosophiques auxquels chacun adhère en fonction de ses sensibilités personnelles, et les valeurs « politiques », c’est-à-dire les principes fixés en dehors de toute morale transcendante, par l’usage autonome de la raison des citoyens61. Il ne s’agit pas de cautionner des régimes théocratiques, où l’imposition de normes religieuses conduit à nier toute liberté négative au sein de l’espace public. Par contre, il est possible d’admettre avec John Rawls que si les termes de la coopération sociale doivent être formulés indépendamment de toute doctrine

  • 62  J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, op. cit., p. 54.

« compréhensive » à caractère religieux, philosophique ou moral (car ceux qui professent une doctrine compréhensive, aussi raisonnable soit-elle, doivent se demander eux-mêmes sur la base de quelles conditions politiques ils sont prêts à vivre avec d’autres doctrines de ce type dans le cadre d’une société libre), cela ne sous-entend pas pour autant qu’une conception « politique » de la justice ne puisse pas être dérivée ou soutenue par des doctrines « métaphysiques62. »

  • 63  A. Roussillon, « Réformer la Moudawana : statut et conditions des Marocaines », Maghreb-Machrek, 1 (…)
  • 64  E. Hobsbawm, T. Ranger, The Invention of Tradition, Cambridge, Cambridge University Press, 1983.
  • 65  A. Laroui, La crise des intellectuels arabes, op. cit., p. 124-125 ; A. Lamchichi, Islam, islamis (…)

29Des sociétés où l’islam est religion d’État sont capables de se démocratiser en élaborant des principes politiques qui, sans être coupés de l’influence religieuse, ne priveraient la société civile ni de son pluralisme, ni de ses capacités à faire un usage public et autonome de son raisonnement. L’étude des processus et des contextes s’oppose aux visions téléologiques pensant les changements de manière abstraite et déshistoricisée. Plutôt que de mettre l’accent sur l’évolution linéaire des sociétés maghrébines soit vers le conservatisme, soit vers le progressisme, un travail sur les productions juridiques et les métamorphoses sociales pourrait s’interroger sur la manière dont le « nouveau » s’imbrique avec « l’ancien ». De quelle manière la réforme de la moudawwana combine-t-elle les fondements de l’Islam et le besoin de renouvellement de la société63 ? Pour reprendre l’expression de Éric Hobsbawm, la « tradition » est quelque chose « d’inventée » puisque sa perpétuation implique en même temps certains renouvellements exigés par l’adaptation aux nouvelles conjonctures64. L’étude des processus historiques peut dès lors expliquer de quelle manière l’édification de la règle de droit par les acteurs sociaux permet de préserver la tradition en l’adaptant au monde moderne où elle sera appliquée65. En même temps, la tradition créée quelque chose de nouveau qu’il s’agit d’appréhender en tant que tel, à travers l’étude des usages et des conceptions philosophiques du droit.

  • 66  Sur la décolonisation de la sociologie, voir A. Khatibi, Essai de sociologie, chemins de traverse, (…)
  • 67  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 206 ; sur l’idée de « démocratie radicale » chez (…)
  • 68  I. Taboada Leonetti (dir.), Les femmes et l’islam, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 254.

30Pour conclure, nous pouvons dire qu’il est difficile de penser le droit au Maroc sans prendre le soin de « décoloniser » les sciences humaines 66, mais qu’en même temps, cette « décolonisation » ne signifie pas qu’il faille tordre le bâton dans l’autre sens et chercher les formes « pures » d’une culture juridique et politique proprement marocaine. Il faut dépasser l’alternative entre le « théoricisme décontextualisé » et le « culturalisme monolithique ». Les questionnements de John Rawls et de Jürgen Habermas au sujet d’une « démocratie radicale » impulsée par un usage autonome de la raison dans des espaces publics pluralistes peuvent être mis en relation avec les espérances et les mutations que connaissent actuellement les sociétés maghrébines67. L’acception de la diversité des normes et des valeurs peut être reliée avec un « pluralisme moral » et non pas forcément avec un relativisme de mauvais aloi, mettant sur le même plan culturel les valeurs démocratiques de l’État de droit et la barbarie de certaines coutumes telles que l’excision ou bien la lapidation des femmes. La force du droit est sa capacité à se substituer progressivement à l’arbitraire des rapports de force et à l’incertitude des conditions de vie précaires68. En effet, c’est à travers une loi que l’esclavage a été supprimé, que des droits sociaux sont accordés aux plus démunis ou bien qu’une « moralisation » des comportements (politiques, commerciaux, culturels) peut être instaurée. En même temps, les ambitions restent lettre morte si la production de la norme juridique n’est pas accompagnée d’une application efficace, visant à octroyer de manière effective les droits promulgués.

  • 69  E. Saïd, Culture et impérialisme, Paris, Fayard, 2000, p. 29 : « Je ne supporte pas l’idée que “n (…)
  • 70  A. Laroui, La crise des intellectuels arabes, op. cit., p. 192-197.
  • 71  H. Arendt, Qu’est-ce que la politique ?, Paris, Points Seuil, 1995, p. 153-156.

31À ce niveau, il est bien entendu important de dissocier une conception du droit « humaniste », chargée de la protection des individus, d’une conception « sécuritaire », chargée de réguler la société dans les situations de crise ou bien de traduire en acte législatif la volonté arbitraire des despotes. Cette distinction rejoint notre hypothèse de départ, à savoir que « penser le droit » dans une société donnée permet de connaître éthiquement et politiquement une partie de ses caractéristiques internes, selon que les normes et les applications soient portées plutôt vers l’humanisme ou vers le sécuritaire. Il n’y a pas de contradiction entre, d’une part, la portée universelle de certains principes de justice, censés protéger des individus concrets, singuliers, quels qu’ils soient, et, d’autre part, la réalité sociale et la diversité humaine existant au sein du monde arabo-musulman. Il est discutable d’affirmer que les « droits de l’Homme » appartiennent uniquement à l’Occident. Edward Saïd avait très bien posé le problème en critiquant ceux qui cloisonnaient culturellement les savoirs et rejetaient toute interpénétration des idées, susceptibles de renforcer le bien commun de l’humanité69. Comme l’a montré aussi Abdallah Laroui, « l’identification quasi-magique avec la grande époque de la culture arabe classique » peut être une forme d’aliénation tout aussi importante, voire pire, que celle d’une « occidentalisation » a-critique des principes de gouvernement du monde arabe70. Par delà les différences sociales et culturelles des civilisations, Hannah Arendt avait rappelé que les individus peuplant tous les continents faisaient partie d’un « monde commun »71. Lorsque des gens sont torturés dans les prisons tunisiennes, algériennes, marocaines, c’est l’ensemble de l’humanité qui est interpellé. C’est à travers l’octroi de nouveaux droits « humanistes » que les populations maghrébines peuvent prétendre à ce « bien être » universel offert par les sociétés « démocratiques » et « justes ». Sans doute l’enjeu politique et juridique majeur des années à venir au Maroc est celui de la constitution d’une société civile, capable de se conduire de manière éthique et responsable au sein des différentes sphères publiques.

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Bibliographie

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Notes

1  Aristote, Ethique à Nicomaque, Paris, J. Vrin, 1994, p. 216.

2  Ibid., p. 220 : « L’homme le plus parfait n’est pas l’homme qui exerce sa vertu seulement envers lui-même, mais celui qui la pratique aussi à l’égard d’autrui.»

3  Sur cette question, A. Lamchichi, Islam, islamisme et modernité, Paris, L’Harmattan, 1994, p. 107-118.

4  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité », in G. Salamé, Démocraties sans démocrates, politique d’ouverture dans le monde arabe et islamique, Paris, Fayard, 1994, p. 81.

5  N. Bouderbala, « La régulation par le droit au Maghreb : une approche critique », La lettre du CJB, n° 5-6, 2004.

6  M. Weber, Le savant et le politique, (trad. fr.), Paris, 10/18, 1963.

7  J. Habermas, Droit et démocratie, entre faits et normes, (trad. fr.), Paris, Gallimard, 1997, p. 311-340.

8  J. Habermas, L’espace public, archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, [1962], (trad. fr.), Paris, Payot, 1992, p. 38-40.

9  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 80-96.

10  Y. Sintomer, La démocratie impossible ? Politique et modernité chez Weber et Habermas, Paris, La Découverte, 1999, p. 232 ; sur les rapports entre J. Habermas et le droit, voir A. Ferrara, « Reflection on Habermas’s « constitutional democracy », Political Theory, vol. 29, 6, novembre 2001, p. 782-791 ; S. Haber, J. Habermas, une introduction, Paris, Pocket, 2001, p. 204-214.

11  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 204. Y. Cusset a montré que chez Habermas, l’éthique de la discussion ne peut être dissociée d’un cadre juridico-politique instituant les conditions universelles d’une participation non sélective aux discussions publiques, Habermas, l’espoir de la discussion, Paris, Michalon, 2001, p. 100-110.

12  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 248-251.

13  Sur le débat Rawls-Habermas, voir leur contribution respective dans J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, Paris, Le Cerf, 1997 ; voir aussi À. Ferrara, « Two notions of humanity and the judgment argument for human right », Political Theory, vol. 31, 3, juin 2003, p. 392-420.

14  J. Rawls, Théorie de la justice, [1971], (trad. fr.), Paris, Seuil, 1987. p. 90.

15  Ibid., p. 560.

16  J. Rawls, Libéralisme politique, Paris, PUF, 1995, p. 28.

17  Ibid., p. 131-132 ; voir aussi J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, op. cit., p. 78-79.

18  N. Bouderbala, P. Pascon, « Le droit et le fait dans la société composite, essai d’introduction au système juridique marocain », Bulletin économique et social du Maroc, avril-juin 1970, p. 2.

19  Sur les questionnements que la sociologie pose au droit, voir l’introduction de L. Israël, G. Sacriste, A. Vauchez, L. Willermez, (dir.), Sur la portée sociale du droit, Paris, PUF, 2005 ; E. Rude-Antoine, « Vers un dépassement de la frontière sur l’objet « droit » entre le juriste et le sociologue », in E. Rude-Antoine, J. Zaganiaris, Croisée des champs disciplinaires et recherches en sciences sociales, Paris, PUF, 2006, p. 11-30.

20  Sur ces attaques, voir P. Bourdieu, Méditations pascaliennes, Paris, Seuil, 1997, p. 67-68.

21  Sur cette approche, voir P. Bourdieu, « La force du droit. Éléments pour une sociologie du champ juridique », Actes de la recherche en sciences sociales, septembre 1986, n° 64, p. 3-19 ; pour ce qui concerne la sociologie juridique ou politique du champ de la justice marocaine, voir L. Contet, « La modernisation de la justice au service de la libéralisation de l’État marocain ? Acteurs et enjeux d’une politique de réforme », in L. Israël, G. Sacriste, A. Vauchez, L. Willermez, (dir.), op. cit.

22  P. Bourdieu, « La force du droit. », op. cit., p. 4.

23  L. Boltanski, L’Amour et la Justice comme compétence. Trois essais de sociologie de l’action, Paris, Métailié, 1990, p. 15-27.

24  Sur la sociologie des discours étudiants tenus au sein de l’université, voir F. Rhissassi (dir.), Femmes, violences et universités au Maroc, Casablanca, Eddif, 2004.

25  Ce travail sur l’usage du mot « démocratie » au Maroc ne peut être dissocié d’une étude plus large s’intéressant au rapport que les individus ont à l’égard du politique ; sur cette question, D. Gaxie, « Le vote désinvesti. Quelques éléments d’analyse des rapports au vote », Politix, n° 22, 1993, p. 138-164.

26  Copie d’examen datant du 4 décembre 2006. Nous avons retranscrit les propos tels quels. De plus, il faut ajouter que ces observations ont été effectuées dans des milieux francophones et qu’ils ne prétendent pas être exhaustifs quant à la diversité des usages du mot « démocratie » au sein de la nation marocaine. Les propos tenus s’inscrivent beaucoup plus dans le cadre de « pistes programmatiques de recherche » que dans celui d’une enquête menée à son terme.

27  Copie d’examen datant du 4/5/2006.

28  Copie d’examen du 4/5/2006.

29  Copie d’examen du 4/5/2006.

30  Sur la distinction entre « libertés positives » et « libertés négatives », voir I. Berlin, « Deux conceptions de la liberté », [1958], Éloge de la liberté, [1969], (trad. fr.), Paris, Pocket, 1990, p. 167-218 ; ainsi que les commentaires de J. Leca, « Isaiah Berlin : Éloge de la liberté », F. Chatelet, E. Pisier, O. Duhamel (dir.), Dictionnaire des œuvres politiques, Paris, PUF, 1995.

31  Copie d’examen datant du 4/12/2006.

32  Copie d’examen datant du 4/5/2006.

33  Sur la constitution des auteurs marocains en tant qu’objet d’étude sociologique, voir l’approche de K. Zekri, Fictions du réel, modernité romanesque et écriture du réel au Maroc, Paris, L’Harmattan, 2006.

34  Sur cet aspect, A. Yassine, Islamiser la modernité, Al Ofok Impressions, 1998, notamment p. 42-43.

35  Ibid., p. 309.

36  Ibid., p. 311.

37  A. Laouini, Satan et la démocratie, Impression Fedala, 2001, p. 15.

38  M. Mouaqit, Du despotisme à la démocratie, héritage et rupture dans la pensée politique arabo-musulmane, Casablanca, Ed. Le Fennec, 2003 ; voir également dans cette optique G. El Khayat, Les femmes arabes, Casablanca, Editions Aini Bennaï, 2003 ; À. Khatibi, L’alternance et les partis politiques, Casablanca, EDIF, 2000 ; À. Laroui, La crise des intellectuels arabes, traditionalisme ou historicisme, Paris, Maspero, 1974 ; F. Mernissi, La peur modernité, conflit islam-démocratie, Paris, Albin Michel ; pour un usage de ce terme dans les années 80 ainsi que pour une objectivation de ses utilisations dans le champ politique marocain, voir À. Saaf, Images politiques du Maroc, Rabat, Okad, 1987, p. 62-74.

39  M. Mouaqit, Du despotisme à la démocratie, op. cit., p. 178.

40  A. Abderraziq, L’islam et les fondements du pouvoir, [1925], Casablanca, Le Fennec, 1994.

41  A. Filali-Ansary, L’islam est-il hostile à la laïcité ?, [1997], Casablanca, Le Fennec, 1999, p. 149.

42  M. Charfi, Islam et liberté, le malentendu historique, Paris, Albin Michel, 1998, p. 64 ; voir l’ensemble du chapitre II « L’islam et le droit » (p. 63-156).

43  Ibid., p. 10-12.

44  Ibid., p. 75.

45  Sur les principes de gouvernance, voir P. Laborier, P. Lascoumes, « L’action publique comprise comme gouvernementalisation de l’État », in Sylvain Meyet, Marie-Cécile Naves, Thomas Ribemont, Travailler avec Foucault, Paris, L’Harmattan, 2004.

46  P. Vermeren a opté pour ce type d’approche : Maghreb, la démocratie impossible ?, Paris, Fayard, 2004. Voir l’introduction.

47  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité » in G. Salamé, Démocraties sans démocrates, op. cit., p. 45.

48  G. Sartori, Théorie de la démocratie, Paris, Armand Colin, 1973, p. 325 et p. 341.

49  Sur le problème de l’effectivité des droits humains au Maghreb voir le dossier « Régimes politiques et droits humains au Maghreb : crises politiques et droit de l’Homme, tortures, disparitions, alternance politique, mondialisation », Confluences Méditerranée, n° 51, automne 2004.

50  A. Lahouari, L’Algérie et la démocratie, pouvoir et crise du politique dans l’Algérie contemporaine, Paris, La Découverte, 1994.

51  G. Deleuze et F. Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, Paris, Minuit, 1991, p. 102-106. Ces derniers ont critiqué le plaidoyer d’Habermas en faveur d’une démocratie basée sur le consensus et la communication. Selon eux, ce raisonnement ne prend en compte ni les dérives répressives que les gouvernements démocratiques peuvent exercer sur les populations qu’ils gouvernent, ni les sinistres alliances que les démocraties opèrent avec les États dictatoriaux.

52  A. Al-Azmeh, « Populisme contre démocratie. Discours démocratisants dans le monde arabe », in G. Salamé, Démocraties sans démocrates, op. cit., p. 233-252.

53  A. Oumlil, Islam et État national, Casablanca, Ed. Le Fennec, 1992, p. 66-69 ; on verra également de quelle façon Michel Camau pose le problème ; « Sociétés civiles “réelles” et téléologie de la démocratisation », Revue internationale de politique comparée, vol. 9, n° 2, 2002, p. 213-232.

54  A. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, GF Flammarion, 1981, vol. I, p. 55.

55  Ibid., p. 424-425.

56  A. Oumlil, Islam et État national, op. cit., p. 141-142.

57  J. Leca, « La démocratisation dans le monde arabe : incertitude, vulnérabilité et légitimité » in G. Salamé, Démocraties sans démocrates, op. cit., p. 58.

58  Bien souvent cette conception d’un peuple inculte et stupide n’est qu’un prétexte pour légitimer les violences arbitraires que le pouvoir exerce sur lui ; voir sur cette question, J. Zaganiaris, « Un remède pire que le mal : Carl Schmitt et les apories des régimes républicains », Mouvements, janvier-février 2005.

59  Sur cette question des « Contre-Lumières », voir J. Zaganiaris, Spectres contre-révolutionnaires, interprétations et usages de la pensée de Joseph de Maistre (XIXe-XXe siècles), Paris, L’Harmattan, 2006 ainsi que « Des origines du totalitarisme aux apories des démocraties libérales : interprétations et usages de la pensée de Joseph de Maistre par Isaiah Berlin », Revue Française de Sciences Politiques, 54, décembre 2004.

60  Sur ce point, voir les articles de N. Boumaza dans Les Cahiers du Centre Jacques Berque, n° 2, 2005 ainsi que A. Lamchichi, Islam, islamisme et modernité, op. cit., p. 53 et p. 203-204.

61  J. Rawls, Libéralisme politique, op. cit., notamment p. 109-110.

62  J. Habermas, J. Rawls, Débat sur la justice politique, op. cit., p. 54.

63  A. Roussillon, « Réformer la Moudawana : statut et conditions des Marocaines », Maghreb-Machrek, 179, mai 2004 ; Féminin, Masculin, la marche vers l’égalité (1993-2003), Fès, Friedrich Ebert Stiftung, 2004.

64  E. Hobsbawm, T. Ranger, The Invention of Tradition, Cambridge, Cambridge University Press, 1983.

65  A. Laroui, La crise des intellectuels arabes, op. cit., p. 124-125 ; A. Lamchichi, Islam, islamisme et modernité, op. cit., p. 35.

66  Sur la décolonisation de la sociologie, voir A. Khatibi, Essai de sociologie, chemins de traverse, Rabat, OKAD, 2002, p. 113-124 .

67  J. Habermas, Droit et démocratie, op. cit., p. 206 ; sur l’idée de « démocratie radicale » chez Habermas, voir Y. Cusset, Habermas, op. cit., p. 110-111.

68  I. Taboada Leonetti (dir.), Les femmes et l’islam, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 254.

69  E. Saïd, Culture et impérialisme, Paris, Fayard, 2000, p. 29 : « Je ne supporte pas l’idée que “nous”devrions nous intéresser exclusivement ou essentiellement à ce qui est à “nous”, pas plus que je ne saurais accepter qu’en réaction à cette idée on exige que les Arabes lisent des livres arabes, utilisent des méthodes arabes, etc. Comme le disait C. L. R. James, Beethoven appartient autant aux Antillais qu’aux Allemands : sa musique est le bien commun de l’humanité » ; nous pensons qu’il en est de même des principes démocratiques, dont la diversité des usages humanistes dont ils font l’objet au sein d’espaces publics concrets empêche que ces derniers ne soient uniquement ces concepts “mous”et “abstraits” fustigés autant par Arendt que par Deleuze, les jugeant incapables d’empêcher les immondices de toutes sortes.

70  A. Laroui, La crise des intellectuels arabes, op. cit., p. 192-197.

71  H. Arendt, Qu’est-ce que la politique ?, Paris, Points Seuil, 1995, p. 153-156.

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Pour citer cet article

Référence papier

Jean Zaganiaris, « De la démocratie au Maroc : usages sociaux des normes juridiques et conceptualisation politique des principes de justice », L’Année du Maghreb, III | 2007, 459-478.

Référence électronique

Jean Zaganiaris, « De la démocratie au Maroc : usages sociaux des normes juridiques et conceptualisation politique des principes de justice », L’Année du Maghreb [En ligne], III | 2007, mis en ligne le 01 novembre 2010, consulté le 14 juin 2015. URL : http://anneemaghreb.revues.org/392 ; DOI : 10.4000/anneemaghreb.392

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Auteur

Jean Zaganiaris

Chercheur au CURAPP/CJB, zagagniaris@yahoo.fr

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14-06-2015

Les arabes et les incertitudes

Dans le tourbillon des incertitudes

Je décide d’écrire puis je m’arrête et je me dis à quoi bon. Avec le facebook ,l’engagement , la liberté et le talent n’ont plus ni pertinence, ni valeur ou couleur . «  QUI dit quoi, pourquoi » ne paramètrent plus rien. Seule notre monde arabe offre une image conforme à ce brouillard qui finirait par nous ensevelir.

Quand « le printemps arabe »avait commencé , on s’est dit qu’en fin les choses allaient bouger. Mais , aussitôt  la première étincelle fut partie que la cécité nous eut frappés et notre raison eut chaviré.

En écho à ce que la Roumanie, et les pays de l’Est  avaient effectué une décennie auparavant, la Tunisie a vite eu raison de  son dictateur  qui   a hâtivement  quitté le pays .En beauté flamboyante , ce printemps a débuté mai sans atteindre l’été  et les moissons , il a vite traversé vers un  automne   où toutes les certitudes  ont disparu. C’est vrai que je  ne comprends plus rien . Ce qui  est apparent exige beaucoup d’imagination et de logique pour être  compris.

Un octogénaire en Tunisie

La Tunisie a fait son numéro . Si les intégristes de la Nahda  s’ étaient  démocratiquement écartées  du pouvoir, l’élection d’un octogénaire  laisse perplexe. D’ailleurs , les ennuis sécuritaires sont dus en partie à  cette curieuse  élection. On se demande  pourquoi une bonne partie des forces vives du pays avait opéré ce choix . C’est choquant surtout quand on constate que sur l’autre rive en Italie ,Matteo Renzi , un jeune de trente neuf ans , plein d »énergie et d’enthousiasme » était mis aux commandes d’un pays qui souffre seulemnt des retombées   de la  récession due à la crise  économique mondiale.  Mêmes Tony Blair ou Obama sont arrivés au pouvoir  pour  donner plus de dynamique à la politique de leur pays. Les tunisiens , au contraire ont opté  sinon pour la stagnation du moins pour le recul. Le prétexte est devenu un vieux cliché : l’essentiel était d’empêcher  les intégristes , qui avaient soutenu  Marzouki, d’accéder au pouvoir. ..De toute façon c’est un choix contestable et un alibi défaillant

La Libye la poudrière

En Libye  voisine , les reliefs d’une poudrière sont bien sculptés actuellement. Les intégristes se sont emparés du pays pour y semer   mort et désolation. La démocratie ou la démocratisation n’ont point droit de cité. Le pays est  tournée vers le passé mythique  aux couleurs de sang et de feu. Ce qui se passe en Libye  s’inscrit , bien entendu  , dans la volonté d’anéantir les peuples arabes  en vue de conquérir  de nouveaux espaces  vivants  indispensables aux   grandes puissances qui mènent une course effrénée vers la technologie de pointe et les marché où écouler leurs produits. Un vaste espace comme le monde arabe , il faut l’immobiliser  et le noyer dans ses folies   pour l’asservir. DAECH est  l’outil parfait de cette destruction massive des patrie et des peuples.

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L’Égypte ,le réflexe de l’armée

En Egypte,le jeu valait vraiment la chandelle. Vite, une partie des forces vives du pays avait eu le flair  et le réflexe pour tout arrêter…La démocratie en a apparemment  pâti  mais  la logique profonde y était sauvé. Si les Frères musulmans croyaient sincèrement à la démocratie, un siècle leur aurait suffisant pour la  cultiver  au sein de l’Islam. Autrement dit, au lieu d’incuber des terroristes et des assassins , cette force politique aurait dû réfléchir  a accommoder islam , démocratie et modernité au lieu de se concentrer sur un pouvoir  qui a tout le temps cherché à les vaincre  même violemment.  Ces Frères musulmans savent bien que les musulmans dès qu’ils  commencent à réfléchir , ils ne peuvent tomber d’accord avec eux. Il faut l’avouer ,la pomme de discorde  demeure dans le but stratégique de ces Frères : islamisation de l’Etat et de la société au lieu de la modernisation. Que ces deux choix se complètent ou s’excluent , personne d’entre eux ne les a explicitée.

Assad: mission accomplie!!

La Syrie  transformée en enfer par la volonté d’un petit dictateur qui croit  avoir  su profiter des rivalités géopolitiques des puissances mondiales pour préserver son pouvoir. Mais en fait, c’est un traitre  car quoi que ce soit ,il a  bien joué son rôle : anéantir son pays…Le fait de lui trouver des excuses  en évoquant les intégristes qui  l’affrontent n’a aucun sens .Il avait la possibilité de sauver ses meubles avant que les choses ne se fussent envenimée.

. Mais en fait, c’est un traitre  car quoi que ce soit ,il a  bien joué son rôle : anéantir son pays…

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03-06-2015

« Couvrez ce sein que je ne saur « Couvrez moi ce sein que je ne saurais voir /Par de paraeils objets , les âmes sont blessées,/Et cela fait venir de coupables pensées ». »

Ces militants  choyés!!

Le Maroc pullule de parvenus  militants  dont la majorité écrasante  s’ est  mobilisée durant les jours qui courent pour dénoncer Mawazine , le show de Jennifer Lopez et le film de Nabil Ayyouch.   C’est dire que la bataille est menée dans les parages de l’art et  concerne plus directement la femme.Ces  pseudo politicien ont eu le vent en poupe  et pourtant  leur appétit n’ a pas de limites .Ils se proclament de l’internationale islamiste et  pourtant  ils  se cantonnent au pouvoir , en profite énormément  avec l’intention malveillante de l’investir pour l’éternité

Pour ce qui  ce qui est du Film, je ne l’ai pas encore vu pour en dire quelque chose. Mais cela ne m’empêche  pas  de dénoncer les  dimensions sensationnelle   , exotique et scandaleuse  du choix même du thème. Une doc-fiction   qui transpose la réalité   à l’écran …Un détail de la misère parmi d’autres.  Mais si Ayyoych  avait  vraiment  voulu  produire un cinéma réaliste  , il aurait dû faire une petite lecture de notre réalité politique contemporaine …Elle est pleine de sensations  amères, de tristes  paradoxes

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 et surtout d’impostures énormes…

Aftati  qui a le pet   de travers

Commençons par la fin , par la dernière information  qui fait la une des journaux  aujourd’hui même…Un certain Aftati , militant pejediste , parlementaire  turbulent,  polémiste de pointe de son parti…Lors des dernières élections ,ils  est allé se plaindre des autorités du  Maroc auprès de l’ambassadeur fr

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ançais… Quand je  constate les échos de ses paroles et de  ses acrobaties ,j’ai la nausée. On vient de le démettre de ses fonctions et ses responsabilités au sein de son parti…J’ai lu dans les manchettes des journaux qu’il déclare avoir raison et que mawazine est un crime à l’égard du peuple…Le comble de la bêtise !!! Le peuple , lui il connait le peuple !!!Mais si ,n’a-t-il pas osé  discuter en public le  budget de la famille royale et maintenant Mawazine?  Un héros du PJD???HI ?hi, hi mais que gagne-t-il en  affichant sa complaisance et sa distinction??? Garder la crédibilité du PJD , de Benkirane qui  n’a pas cessé de prendre les mesures anti populaires , antidémocratique et anti nationaliste????Ils se partagent les tâches , une vieielle stratégie…Selon des informations ce » courageux » député a fait un escapade vers les frontières algériennes et a été surpris par une patrouille militaire ?Pour justifier sa présence dans cette zone  sensible , il a du prétendre  être en  mission  commandée par Benkirane  qui n’était même pas au courant.

Et ceux-ci , n’aimaient-ils pas assez leur patrie?

Puis je  me rappelle de tous ces militants qui ont passé des années et des années dans les geôles du régime durant les années de plomb !!!et je me dis si Aftati  et Cie militaient en faveur du peuple , que faisaient alors Abdallah ZAAZaa, Aderrahaman BenAmr

ou , Ahmed Benjelloun , Bensaid Ait Ydder , Abdellatif Laabi , Abdekader Chaoui , Driss Bouissef Rekab,  Nordine Khamali  Brahma, amine ,,Seddik Lahrach
Mohamed khotbi, Abdelfettah Fakahani et tous les autres…Ils  ont milité pour rien ou pour plier bagage et s’exiler , leur amour était « aveugle », stoïcien, violent…Ils ne servent plus à rien sauf à la méditation de cette patrie  ridiculisée, dénigré, pillée, manipulé…

Ni les fesses de Jennifer ni la grande gueule ne nous intéressent !!!

C’est qui cet Aftati  qui pavane, trotte, épate et excite l’opinion publique ?Comment peut-on

s’assurer de sa bonne foi ?Quels sont les sacrifices qu’il a fait pour ce peule ?

Ce sont pas les fesses de Jennifer Lopez qui font le mal du peuple , c’est la misère où il patauge à cause des  faiseurs d’illusions comme Aftati et Cie. Les autres , le peuple les connait et ils le connaissent bien !!!

Ne nous trompez pas , si l on vous a imposé Jennifer Lopez , eh bien soyez honnêtes  et démissionnez !!!  Ne touchez pas vos grands salaires, c’est du haram  comme vous le dîtes. Ce ne sont pas  les  anathèmes que vous jetez sur le corps nu de Gennifer qui  vont  vous permettre de vous racheter  aux des sinistrés ; même si  vous continuez à  user de la religion pour les manipuler:  Gennifer et sa danse  « provoquent les sentiments religieux et moraux de la société marocaine ».

 

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28-05-2015

La prostitution au Maroc est ses enjeux: déshonneur social et culpabilisation politique

La prostitution au Maroc est ses enjeux: déshonneur social et culpabilisation politique

prostituéeé

      mai 28, 2015 La prostitution au Maroc est ses enjeux: déshonneur social et culpabilisation politique2015-05-28T20:18:36+00:00     Uncategorized     No Comment

Maroc La prostitution : du déshonneur social à la culpabilisation politique .

La mai de la politique est bien là

Le Maroc n’avait pas besoin du film de Nabil Ayyouch pour révéler ses faces cachées. La prostitution n‘est pas un secret de polichinelle  sans   pour autant être saisie dans son contexte et ses véritables dimensions. C’est un produit légitime de la politique de paupérisation, de l’ « analphabétisation »  et surtout du mépris   généralisé mené par l’Etat marocain à l’égard du marocain dans le but d’endiguer le flot de ses légitimes rêves et de l’asservir d’une manière ou d’ une autre .  C’est incontestablement la pierre angulaire de la stratégie destructive de   la dignité   marocaine soigneusement esquissée et savamment exécutée jadis par le colonialisme puis par leurs héritiers locaux. De même, c’est une manne qui profite essentiellement aux professionnels du trafic humain car les prostituées seraient contraintes de vendre leurs charmes par la traite ou lors de passe strictement gérés …

L’imposture   de  l’Orient et l’hypocrisie de l’Occident

Cependant , en dépit des considérations politiques, la réalité d’un pays comme le Maroc , déchirés entre une occidentalisation tordue et une « orientalisation » perfide , est souvent médiatisée dans le but de porter atteinte au régime en place en l’occurrence la monarchie.. Une vérité exagérée au point de frôler les limites de l’exotisme et du folklore et surtout du racisme . L’Occident mobilise souvent ses médias pour dénicher le sensationnel derrière les portes des maisons closes ou à travers les plis d’une misère implacable. L’Orient tout en colportant ses impostures, les semant , les cultivant et finit par récolter l’ivraie et le bon grain au nom de d’une vile pseudo fraternité et d’une coreligion venimeuse . L’Occident critique notre libéralisme sauvage et minée de mauvaises fois et l’Orient   nous en achète ce qui est susceptible de conforter ses mythes puritains et assouvir ses instincts primitifs.

Epouser « islamiquement  » quatre , les expatrier chez lui et   devenir  leur  entremetteur

Nos « frères » arabes musulmans viennent chez nous , abusent de notre gentillesse, demandent les mains de nos filles , parfois ils épousent quatre conformément à la loi islamique puis ils les amènent chez eux pour les exploiter dans la prostitution déguisée ou déclarée. Qui est responsable dans ce cas là ? Ce ne sont pas toujours les riches du khalige qui commettent ces turpitudes , il y a aussi les jordaniens qui passent pour des maîtres dans le domaine. Ce qui a poussé le ministère de l’intérieur de la Jordanie à interdire le séjour des marocaines dans leur pays.

Un simple trafic humain!!!!!

Le ministère de l’extérieur des USA avait diffusé un rapport qui fait état   de la prostitution des   millions de marocaines dans plusieurs pays du monde. Le Maroc est considéré comme une source et un lieu de transit de toutes les formes du trafic humain .Le régime marocain est critiqué pour ne pas déployer des efforts suffisants   en vue de faire face à ce fléau. Le rapport explique que dans la plupart des cas , ces jeunes filles sont victimes de faux contrats de travail dans des hôtels , des salons de coiffuresou même chez des familles riches.Mais dès leur arrivée, elles se trouvent obligées de pratiquer la prostitution

Un pays ouvert aux quatre vents!!!

Et pourtant il faut le dire, la prostitution au Maroc n’est pas un phénomène de masse comme le présente ces occidentaux malhonnêtes et ces orientaux complexés. Marrakech n’est pas un bordel , c’est un haut lieu de tourisme mondial qui attirent non pas seulement des touristes mais suscite aussi la jalousie et la rancune .S’il y a des pédophiles , ce n’est pas parce que des familles sont prêtes à offrir leurs enfants mais c’est parce que le pays est grand ouvert aux quatre vents .Un pédophile ou un client de prostitués sont d’abord le produit de leurs sociétés. La perversion est une séquelle d’enfance , la fornication est l’expression d’un refoulement sexuel imposé par des sociétés aux structures bloquées.

Il faut agir pour prouver qu’on n’est pas complice!

Que peut-on faire pour venir à bout de ce phénomène ?Fermer nos frontières en imposant le visa ? Instaurer un Etat policier où chaque visiteur serait strictement surveillé lors de son séjours ?Lapider les prostituées et décapiter publiquement les pédophiles ?   Autant de solutions qui feraient le bonheur des certains mais qui auraient de répercussions négatives .

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